La société de l’Information au Parlement Européen

Drapeaueurope2_mLe parlement européen a inauguré son nouveau site internet et a profité de cette occasion pour tenir trois débats sur la société de l’information. Ils étaient streamés en live, mais je n’ai pas pu assister au 1er, qui était consacré aux blogs (grumpf !). Pour un résumé de celui-ci, je vous laisse ce lien.

La 2ème conférence était intitulée "Les nouvelles communautés politiques sur le web – un défi au monde politique ?" Voici ce que j’en ai retenu. J’espère ne pas trahir la pensée des intervenants, sinon, qu’ils me le fassent savoir et je corrigerai volontiers.

La 3ème conférence, dédiée à l’e-gouvernement, est toujours en cours.

Si vous avez des notes à ce propos, n’hésitez pas à me les envoyer.

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Le modérateur, Martin Gill (BBC World), revient tout d’abord sur la
"génération Napster" qui constitue actuellement la majorité des utilisateurs du net et qui souhaite
"consommer" l’information différemment. "Les citoyens se rendent compte
qu’ils n’ont plus besoin des médias traditionnels s’ils veulent des
informations. Que du contraire, ils ont maintenant aussi accès à des infos présentées sous un autre angle que celui habituellement proposé par les mainstream (ex:Indymedia)".

En effectuant des recherches sur le net, l’internaute se constitue de
facto une communauté sans pour autant en avoir réellement conscience,
c’est une communauté de fait et la manière dont laquelle il surfe est
signifiante de la communauté à laquelle il appartient.

Le chercheur Guilhem Fouetillou intervient alors et parle du réferendum sur la
constitution en France.

Lui et son équipe ont analysé 2,5 millions de
pages et 250 sites qui parlaient de la
campagne. Il y en avait 161 pour le non et le nombre de liens vers
des sites également en faveur du non était plus élevé chez les nonistes
que le nombre de liens vers des sites pour le oui pour les ouistes. Il pointe surtout du doigt le fait que des sites
comme Rezo.net et Acrimed ont permis "un rééquilibrage de forces
entre media mainstream et indépendants". Il prend aussi l’exemple du
site d’Etienne Chouard qui, "grâce à ses explications fouillées et
minutieuses", avait généré 30.000 visites par jour.

Il explique ce
phénomène par la volonté des internautes d’accéder à une info précise
"afin, généralement, de conforter leurs opinions et, accessoirement,
d’entendre d’autres points de vue et de s’y confronter".

La richesse du débat a également été nourrie par les forums de journaux
comme Libération et Le Monde." Les medias mainstream ont ouvert certaines
zones où les débats ont été riches mais où seuls les internautes se sont
réellement impliqués."

Pour lui, les institutions et les politiques devront développer un outil "d’observation
des territoires
numériques" afin d’explorer le potentiel qu’a le web de faire émerger
de nouvelles tendances, de nouveaux courants de pensée. "En
cartographiant le web et en interprétant les résultats
sociologiquement, les institutions et les politiques pourront non
seulement se rendre compte de ce qui intéresse les internautes et fait
débat mais aussi de trouver comment y participer"

Internet est par ailleurs en train "d’instaurer les mécanismes de la
confiance entre ses utilisateurs". Il prend ainsi l’exemple de Wikipédia
et raconte comment des chercheurs ont modifié des parties infimes de
formules mathématiques (changer un + en -) pour voir si ces articles
resteraient en ligne. "Au pire une question d’heures, au mieux une
question de minutes" avant que les fautes ne soient corrigées par un
membre de la communauté, qui dispose d’un système d’alerte sur les
articles qui l’intéresse/qu’il a écrits. "Il en est de même pour les
blogs: celui qui balance de fausses infos se décrédibilise et
l’envergure de sa participation sera pour ainsi dire nulle."


Martin Gill,
Directeur du New
Media au sein de
l’organisation "Comic Relief"; a participé aux campagnes "Make Poverty
History" et "live8" sur le web

Il parle aussi de la confiance comme un élement moteur des informations
véhiculées par la coalition d’ONG réunies autour de la campagne
"Make Poverty History". "Les gens ont envie de se faire leur propre
opinion et en possèdent désormais les moyens". En multipliant les
sources d’info, ils se dotent d’un panorama plus large que celui que
les media mainstream leur place devant les yeux".


Il explique également comment ils ont réussi à recruter une nouvelle
communauté en ligne, à communiquer avec elle facilement et simplement
grâce aux interactions que les outils du web permettent. Le but était
de pouvoir rassembler le maximum de personnes pour montrer aux membres
du G7 et du G8 qu’une partie significative de la population souhaitait
un changement. Ils ont réussi à fédérer quelque 500 ONG et à faire
converger 225.000 manifestants vers Edimbourg lors du sommet des chefs
d’Etat du 2 juillet.

Il estime à 650.000 le nombre de personnes au sein
de cette communauté qui ont partagé des informations autour de ces
événements. Il souligne enfin le rôle qu’a joué le bracelet/bandeau
blanc, signe d’appartenance à cette communauté, qui permettait en coup
d’oeil de se reconnaître dans la vie réelle comme sur le web. Cette
communauté est appellé à perdurer dans le temps grâce à cette présence
sur le net et "à la facilité d’entretien des relations entre ses
membres". Prochain épisode en décembre à l’OMC.

Anne Zimmermann:  Universitaire, elle a contribué à plusieurs projets
de recherche sur la communication politique sur l’Internet


Selon elle, les structures en ligne ont tendance à se faire le reflet
des médias
traditionels. "Les acteurs les plus puissants dans le réel seront les
plus puissants dans le virtuel" dit-elle en substance, partant du
constat que les media mainstream sont les plus grands fournisseurs
d’info sur le net.
 "Généralement,
quand on recherche des infos sur le net sur un sujet, c’est parce que
les media traditionnels ont suscité un intérêt particulier pour
celui-ci et les échanges que l’on peut avoir à ce propos vont souvent
dans le sens d’une confirmation de son point de vue initial."

"Le net va pas révolutionner la communication ni changer les rapport
de force pour les fournisseurs d’infos. Internet ne fait que renforcer les structures du monde réel"
, dit-elle. Les mass média vont demeurer les vecteurs de l’info parce qu’ils savent
attirer l’attention du grand public, "ce qui n’est pas sans répercussion
pour le débat politique", ajoute-t-elle.




Marielle de Sarnez Membre du Parlement européen et rapporteur sur un
Internet plus sécure

"Si le net n’avait pas existé, l’ampleur du non au réferendum français n’aurait sans doute
pas été si grand. Il est vrai que le cimat ambiant en France lors du
réferendum était excécrable et que les politiques avaient tendance à
dire que la cause de tous les maux de leurs concitoyens étaient à
imputer à l’Europe. Au final, les deux vainqueurs sont Attac et
Internet. Ce que j’en retiens, c’est que contrairement à ce que
beaucoup ont dit, le réferendum a suscité un véritable intérêt et que
les citoyens qui s’y sont intéressés ont trouvé sur le net de quoi
combler leurs manques d’informations et d’explications.

"Les medias
mainstream n’ont pas cette capacité à rendre compte des détails et à
prendre du recul, ce que le net permet. Il se profile également comme
un outil de résistance à la pensée unique. D’autant que les politiques
et les citoyens disposent de plus en plus du même background en terme
d’éducation et que l’intelligence présumée des uns et des autres n’est
plus une excuse pour ne pas engager le débat"

Elle explique également l’importance d’une protection des enfants sur le net. Selon elle,
"26
millions de pages porno et 500.000 sites pédophiles existent
actuellement sur le net. Un enfant qui chat dispose de 30sec de liberté
avant de se voir aborder par un pédophile ( dont le nombre a augmenter
de 70 pc). L’autorégulation ne suffit plus, nous devons légiférer".

Elle propose des campagnes d’information du public, des formations pour
les enseignants et les parents. Elle souhaite aussi que les industriels
mettent sur le marché des logiels
simples et peu coûteux. Le . kids doit s’nscrire comme un filtrage
permanent à la source, "ce qui peut être le meilleur comme le pire car
s’il y a des failles, les abuseurs s’y engouffreront"

Tags: parlementeuropéen blog politique  

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Une réponse à La société de l’Information au Parlement Européen

  1. Ping : Shoob Corporate Blogging (FR)

  2. Ping : pointblog.com

  3. Didier Bretin dit :

    Bonjour,

    Aurais-tu par hasard enregistré la conférence qqpart ? Ou alors elle est peut-être disponible sur le site de l’UE mais je ne l’ai pas trouvé ….

  4. dab' dit :

    hello,
    J’ai essayé de l’enregistrer mais ça coinçait. Même l’audio seul bloquait. désolé…

  5. Ping : Le Blog de netpolitique

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