Campagne de pub Le Soir, réaction de Tom Himpe (mortierbrigade)

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager le commentaire reçu hier par rapport à mon podcast consacré à la campagne de pub lancée par le journal Le Soir. Il est signé par Tom Himpe, Responsable Stratégie & Media chez mortierbirgade, l’agence qui a conçu la campagne. Je prends cela comme une belle marque de respect dans la mesure où l’objectif avoué de la campagne était d’inviter les gens à s’exprimer, à réagir et à prendre part à la discussion. C’est une définition qui convient à merveille aux blogs … Merci Tom.

Cher Damien,

J’ai écouté votre podcast sur la campagne du Soir avec beaucoup
d’intérêt, comme je suis un des responsables de cette campagne,
travaillant dans l’agence de publicité mortierbrigade, qui travaille
pour Le Soir.

Je voulais juste ajouter quelque chose sur la méthode ou la
technique qu’on a utilisé, en particulier le fait qu’on a lancé trois
sociétés assez extrèmes, sans révéler pendant deux jours qu’elles
étaient fictives. Le but de la campagne, c’était d’agrandir la réalité
comme elle se présente aujourd’hui, pas de la camoufler ou de la rendre
plus douce ou plus digestible. Plutôt que d’imposer directement la vue
du Soir sur cette actualité, on voulait confronter le public
francophone en directe, sans barrière avec quelques phénomènes qui
surgissent dans la société.

Avoué, c’est une douche froide, c’est dur, c’est une confrontation
directe. Mais ce qu’on ne voulait pas faire, c’est faire de la
publicité classique, car celle-ci est directement lu comme un outil
d’auto-promotion. Ce qu’on a par contre fait, c’est créer notre propre
actualité, en créant trois sociétés fictives, fondées directement sur
des faits réels. En fait, cette campagne est aussi bien une campagne
POUR Le Soir qu’une campagne PAR Le Soir. Plutôt qu’une campagne de
publicité classique, je le vois comme un projet redactionnel, exprimant
une vue sur la société. Ce qui explique aussi le grand effort que la
redaction du Soir fait pour vraiment traiter les différents sujets en
profondeur dans leur journal.

S’il y a des gens qui sont personellement perturbés par la campagne,
on s’excuse bien sûr, et en même temps, en leur invite dans le débat,
et à partager leurs opinions avec et dans Le Soir ou autre part. Car
c’est le changement de comportement, le débat qu’on veut créer. Un
journal de qualité ne peut pas rester dans son rôle passif. Le Soir
veut vraiment jouer ce rôle actif dans la société sur des thèmes qui
touchent les gens dans leur vie quotidienne.

Merci pour votre contribution,

Tom Himpe
Responsable Stratégie & Media chez mortierbrigade

Technorati Tags: , , ,

Rejoindre la conversation

Aucun commentaire

  1. Je suis content de lire cet article car, personnellement, j’ai assez mal pris cette pub.
    Je trouve ça trop facile comme procédé.
    (Pour ne pas dire trop trasch, trop vulgaire)
    Je ne dois pas être assez ouvert intellectuellement parlant.
    Comme le note « Climax » sur son blog
    http://climax.hautetfort.com/culture_citoyenne_et_subventionnee/
    venant de « la gazette le plus moralisatrice du royaume » c’est un peu fort…
    Enfin, ils auront réussi à faire parler d’eux, objectif atteint.

    Le point de vue du « créatif », Tom Himpe, m’aide à « m’ouvrir ». J’ai encore du chemin à faire…

  2. Utiliser des situations dramatiques dans le but de vendre, un journal ou n’importe quoi d’autre, c’est.. je sais pas pas en fait.. Pourquoi ne pas citer les vrais acteurs plutot que d’inventer une société fictive (comme ca on ne prend pas de risque peut-être)??
    Sans compter que, comme les gens sont de plus en plus « habitués » à être choqués par les médias, il devient très difficil de distinguer la fiction de la réalité et donc plus facile d’ignorer..
    De toute façon, il n’y a jamais eu d’éthique dans le monde de la pub ce n’est pas nouveau, encor un pas de plus..

  3. >lud: Je suis assez d’accord avec toi. Ce genre de campagne a tendance à faire « s’estomper la norme ». Le fait d’y être exposé réduit notre capacité d’indignation, qui sera de facto moins grande quand on sera confronté à un prochain message du même style.

  4. Je voudrais mettre une chose au clair, pour que l’on comprenne vraiment bien le but de cette campagne. Parce que malgré les réactions des gens qui s’indignent, toute la campagne a fonctionnée comme nous le souhaitions dans l’agence.
    Le but était de positionner le journal Le Soir, non plus comme un simple journal qui améne des faits divers, qui vous donne en vrac l’actualité, mais comme un journal d’opinions, un journal qui prend position. Et puis surtout qui écoute aussi les gens, qui aime les remous, les effets de pensées collectives, positives ou non. Le but est atteint. Ca fait du bien de sentir la Belgique vivre.
    En ce qui concerne les sujets, j’ai du mal à cerner les gens qui disent de facon outrée « Pourquoi inventer de tel organisations? ».
    Le seul point important à relever, c’est que nous sommes parti d’un événement: la vente d’un enfant sur internet.
    Le reste est venu assez facilement, pourquoi ne pas en créer un commerce, de même pour les ventes d’organes sur internet, sujet tabou, mais qui existe bel et bien. Bref, les sujets ne sont pas inventé, nous nous basions sur la triste réalité, en disant haut et fort, que pour une fois il serait bien qu’un journal donne son opinion sur un tel sujet qui ne fait jamais les gros titres.
    Voila j’éspére, non pas vous avoir convaincu du bien fondé de la campagne, mais j’éspére simplement avoir pu vous démontrer que le but premier de cette campagne n’était pas de choquer gratuitement les gens.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire