SMSI en Tunisie: Une presse « sousse-mise »

Au-delà des enjeux, notamment en ce qui concerne le contrôle d’Internet, qui sont au coeur du Sommet mondial de la société de l’information , je suis effaré qu’un tel sommet, pourtant placé sous l’égide de l’Onu, puisse se dérouler  en Tunisie, un pays où la liberté d’expression consiste à chanter les louanges du pouvoir, ou à se taire.

Comment peut-on prétendre trouver un consensus à propos des contenus présents sur le web alors que la presse traditionnelle se voit empêchée de réaliser des reportages de manière libre et indépendante ?

Un journaliste de Libération s’est fait poignardé, une équipe de la RTBF s’est fait agressée et s’est vu confisquer son matériel. Une autre équipe, de TV5, placée « sous étroite surveillance » a préféré renoncer et rentrer en France. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters Sans Frontières, s’est quant à lui fait tout simplement interdire l’accès au territoire tunisien…

Les sites d’ONG de droits de l’homme, comme Amnesty international, la Fédération internationale des droits de l’homme, Human Rights Watch, la Fédération internationale des journalistes ou le réseau IFEX sont par ailleurs rendus inaccessibles aux internautes tunisiens.

L’administration du président Ben Ali, au pouvoir depuis 18 ans, parle de soi-disant agressions et s’offusque dans des communiqués dégoulinants de mauvaise foi où elle jure qu’elle « accueille dans les meilleures conditions des centaines de journalistes venus du monde entier pour couvrir le SMSI. Ceux-ci accomplissent leur mission en toute liberté, contrairement à ce que certains cherchent à faire croire à l’opinion publique »

Evidemment, quand il s’agit de parquer des charters de touristes en Last Minute dans des no mans land situés à des centaines de bornes de Tunis, l’accueil est bien différent … La Tunisie n’a pas le monopole en la matière, loin de là, mais je n’ai jamais eu autant l’impression d’être un « vulgaire touriste » que lors de cette pitoyable semaine passée dans ce pays en 2003.

Technorati Tags: , , ,

Ce contenu a été publié dans Carnet de Bord, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à SMSI en Tunisie: Une presse « sousse-mise »

  1. Ping : Shoob Corporate Blogging (FR)

  2. Promethee dit :

    Organiser le SMSI à Tunis, c’est comme tenir le sommet de l’égalité des genres à Téhéran…

Laisser un commentaire