Dan Gillmor constate l’échec de Bayosphere, son expérience de journalisme citoyen

« Nous sommes rendus compte qu’il était fort peu probable que nous puissions à court terme conclure une entente de diffusion plus large de notre contenu qui justifierait une levée de capital qui irait au delà de la simple mise de fonds initiale. Nous avons cessé de dépenser l’argent de nos investisseurs pour soutenir Bayosphere, et l’avons fait à nos frais, en y consacrant notre temps. »
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Voilà les conclusions que Dan Gillmor, l’auteur de We The Media, tire de Bayosphere, l’expérience de journalisme citoyen qu’il a mené sur la baie de San Francisco. Le principe de ce site collaboratif était de permettre aux habitants de cette région d’amener des informations et de les commenter. Basée sur les principes de son livre, cette expérience a donc échoué, Gillmor estimant que « Nous avions des idées d’activités commerciales qui auraient pu attirer du financement, mais elles n’étaient pas principalement axées sur la promotion du journalisme citoyen, ce qui était d’abord et avant tout mon intention. »

Selon Jean-Pierre Cloutier, outre l’absence d’un modèle économique viable, d’autres facteurs ont joué dans l’échec de Bayosphere. Par exemple, les journalistes citoyens ont besoin d’encadrement, de
motivation et d’orientation, et doivent comprendre clairement ce qu’on attend d’eux, une tâche à laquelle Gillmor avoue avoir échoué. Gillmor estime aussi que les outils de publication sont très importants, mais qu’ils ne sont en aucun cas un substitut à une solide cohésion de l’équipe de collaborateurs. Il n’aurait pas réussi, dit-il humblement, à inspirer cette cohésion

Le concept de journalisme citoyen décrit par Dan Gillmor dans son bouquin est résumé par J-P Cloutier comme ceci:

L’évolution de la presse au vingtième siècle a fait en sorte que les grands médias ont agi comme des prédicateurs, que l’information était livrée du haut de la chaire médiatique, et que le public était libre ou non de gober les propos. Ce public avait peu de recours véritables s’il
voulait être entendu : écrire une lettre, envoyer une télécopie, laisser un message sur un répondeur, annuler son abonnement, ne plus syntoniser une émission? Pour Gillmor, ce système a engendré un sentiment d’autosatisfaction et d’arrogance chez les journalistes, et
s’il a relativement bien fonctionné (du point de vue des médias) pendant des années, il n’est plus viable à long terme. Le journalisme de demain, la diffusion de l’information, s’éloignera du modèle «sermon» et sera davantage une conversation entre producteurs et
consommateurs d’information.

Dan Gillmor entend désormais se consacrer au Center for Citizen Media (CCM), un organisme voué à la promotion du concept de journalisme citoyen. Le CCM, encore en voie de structuration, est affilié au Berkeley’s Graduate School of Journalism de l’université de Californie et au Berkman Center for Internet & Society de la faculté de droit de Harvard, et compte sur l’étroite collaboration de noms bien connus en communication (dont Dave Winer, David Weinberger, Doc Searls, Halley Suitt, Jay Rosen, JD Lasica, Jeff Jarvis, Joi Ito, Simon Waldman).

« Cette transformation dans nos modes de communiquer, de collaborer et de s’informer de ce qui se passe autour de nous ne fait que s’amorcer. Je laisse à d’autre la tâche de prédire l’avenir, mais j’ai confiance que collectivement nous trouverons des solutions. » D.G.

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