Podcast avec Benoît Demazy, blogueur et candidat aux élections communales d’octobre

Benoît Demazy, candidat PS aux prochaines élections communales à Floreffe, près de Namur, a ouvert son blog il y a quelques semaines. Après Alain Destexhe, il s’agit à ma connaissance du deuxième homme politique belge francophone à jouer le jeu de la transparence et de l’interactivité directe avec les internautes.

Son blog, hébergé chez Skynet (je sais que ça fera plaisir à Denis), n’est pas uniquement destiné à soutenir sa campagne mais se veut aussi un espace de discussion plus large sur l’actualité de sa commune et de la région namuroise. Par ailleurs, Benoît est également aux commandes du blog "A gauche toute", sur lequel il livre "un regard volontairement subjectif de l’actu politique"

Dans le podcast qui suit, il explique le pourquoi de sa démarche, ses attentes et surtout dans quel état d’esprit il envisage cette initiative bloguesque. Manifestement, Benoît n’est pas un néophyte sur le web ni en matière de communication politique puisqu’il fut également en charge de la communication d’autres élus PS lors de précédentes élections. Je lui ai donc demandé comment les casseroles que son parti trainait derrière lui étaient ressenties  lorsque l’on est un candidat rouge à l’échellon régional.

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Une réponse à Podcast avec Benoît Demazy, blogueur et candidat aux élections communales d’octobre

  1. Une fois de plus, je me demande à quoi sert ce genre de choses. Sur ce « blog de campagne », les débats par commentaires interposés sont exactement les mêmes échanges stériles et partisans que ceux qui fleurissent tous les jours à la télé, à la radio ou dans les journaux. Passionnant. Un peu plus de bruit médiatique pour rien. Aaaah, encore de la belle matière pour une chronique dans Inside…

  2. « Une fois de plus, je me demande à quoi sert ce genre de choses. »… mais cette réflexion est valable pour tous les sites, pas uniquement ceux de campagne. Internet regorge de sites Internet sans lesquels nous vivions bien avant leur mise en ligne, sont-ils inutiles pour autant?

    Pour ma part, je ne souhaite pas d’échanges stériles ou partisans mais profiter d’un espace de parole non-intrusif (je n’oblige personne à me lire), où chacun peut réagir.

    Une simple visite sur mon blog permettra de voir que je n’ai pas, loin s’en faut, que des socialistes dans mes commentateurs, que je réponds à tous, que des discussions sereines peuvent ainsi se créeer… et si elles n’aboutissent pas (cfr échanges avec Alex), ce n’est pas de ma faute mais parce que la personne qui m’agresse quitte dès que j’argumente.

    Mais pour cela, il faut venir me voir. La critique est facile, la visite l’est tout autant ;-).

    Benoît DEMAZY

  3. > »Une fois de plus, je me demande à quoi sert ce genre de choses. »… mais cette réflexion est valable pour tous les sites, pas uniquement ceux de campagne.

    Entièrement d’accord. Même en politique, il y a une « information overload ». Le Net ne fait que s’ajouter au bruit de fond médiatique.

    >Internet regorge de sites Internet sans lesquels nous vivions bien avant leur mise en ligne, sont-ils inutiles pour autant?

    A quelques exceptions près, oui malheureusement. Comme vous le dites, on peut parfaitement survivre sans les visiter.

    >Pour ma part, je ne souhaite pas d’échanges stériles ou partisans

    Le post et les commentaires afférents sur l’entreprise Brahy est le genre de choses déjà lues, vues et entendues un milliard de fois ailleurs. Qu’apportez-vous de réellement neuf ?

    >Mais pour cela, il faut venir me voir. La critique est facile, la visite l’est tout autant ;-).

    Tout comme ouvrir un blog où l’on cause dans le vide. Si vous parliez par exemple de ce que vous voulez faire concrètement pour votre commune, ce serait déjà un peu plus productif qu’actuellement, vous ne trouvez pas ?

  4. Nous sommes à la limite du procès d’intention ;-).

    Bon, passons les premiers points puisque nous sommes finalement d’accord…

    Par rapport à Brahy, si la thématique n’est pas nouvelle, le cas concret l’est bien: j’habite Floreffe, je me sens particulièrement sensible à l’emploi des ouvriers et à la gestion de Christian Brahy (un précédent post sur un autre blog, agauchetoute, critiquait son refus de voir une délégation syndicale). Je n’ai pas la prétention que je vais changer quoi que ce soit en exposant mon point de vue mais l’indifférence n’est pas une solution non plus. Mon blog n’a pas été ouvert pour parler de Brahy mais une fois ouvert, je ne peux éviter d’en parler.

    Enfin, last but not least, par rapport à ce que j’envisage pour « ma » commune… mon blog est ouvert depuis fin janvier. J’ai encore une longue route devant mois pour exposer mes idées et mes projets! Attendre que mon blog soit davantage connu par les Floreffois, attendre que nous soyons plus proches des élections pour ne pas que mon « message » soit oublié, cela ne me paraît pas relever d’une mauvaise planification. Laissez-moi le temps de trouver la vitesse de croisière, de faire évoluer mon blog. Les maladies de jeunesse doivent se faire…

    Benoît DEMAZY

    P.S.: Il aurait été bien plus simple de faire un site html statique, sans interaction, sans évolution. Je ne me mettais pas en « danger » et la pratique étant plus courante, on ne m’aurait pas reprocher d’explorer un territoire neuf (à Namur en tout cas). Mais vu que ma démarche est spontanée et non le résultat d’une étude marketing poussée, je fais des erreurs 😉

  5. Dans un pays où les politiciens sont plus habitués à la langue de bois et les médias même spécialisés peu enclins à les remuer au delà de la surface des affaires, proposer des discussions publiques accessibles à tous me semble plutôt positif.

    Chacun est libre de venir lire les informations, des les commenter … même si cela tourne parfois en discussions de sourds.

    Quand à la question du rapport signal/bruit, il n’y a jamais eu autant de contenu de qualité accessible en ligne que maintenant malgré la grande marée.

    Il faut lire le blog Chris Anderson, qui est éditeur en chef de Wired, qui aborde ce sujet de façon plutôt brillante avec le concept de la longue traînée : http://www.thelongtail.com/the_long_tail/

    Même Tim Berner-Lee (le père de l’Internet) s’est exprimé à ce sujet dans une interview à la BBC dont j’ai relaté qq extraits ici
    http://www.shoob.com/fr/blog/archives/industrie_web/tim_berners-lee_considere_le_blogging_plus_proche_de_son_idee_originale_du_web.html

    La blogosphère propose une ouverture, une liberté d’initiatives à ceux qui veulent s’exprimer. Venir rouspéter ou râler contre ce phénomène ne l’empêchera pas.

    Ou alors il faut poser la question du pouvoir des intermédiaires. Il est impossible de tout savoir, tout connaître. Accéder aux bons filtres est une question stratégique. Les médias broadcast (de 1 vers beaucoup) ont/auront toujours un rôle à jouer … mais dans certains cas il est cours de transformation plutôt radicale. Et certains ont du mal à l’idée d’accepter un changement. Ceux qui s’adapteront y garderont toujours un rôle influent. Les autres disparaîtront. Comme les blogs sans intérêt d’ailleurs.

    De l’autre coté certaines personnes, des professionnels d’un secteur, des passionnés, … en connaissent beaucoup plus sur certains sujets que les entreprises qui font les produits ou que des professionnels de la communication censés maîtriser un sujet. Si ces personnes utilisent les blogs, elles peuvent se voir conférer une forme d’autorité sur leur domaine. Un exemple sur les tendances du web 2.0 avec le site de référnence qu’est TechCrunch.com. Il est l’initiative d’un VC (un investisseur privé) qui a eu envie de partager sa passion pour les créations d’entreprises à la sauce web 2.0.

    Et désormais ce sont les communautés en ligne qui s’auto-régulent et décident les « filtres » qu’elles suivent ou qu’elles abandonnent. Personne ni aucune entreprise ne peut contrôler les communautés en ligne, pour le.

    Maintenant pour revenir sur la question blogging politique, on parle souvent de fracture entre le grand public et les politiques … alors pouvoir obtenir un fil direct ou presque direct vers celui ou celle qui est censé nous représenter, je trouve cela plutôt intéressant.

    De toute façon, nous ne sommes qu’au début du phénomène : les outils collaboratifs (wikis, forums, …) vont permettre d’ouvrir de nouvelles expériences où le partage et les discussions entre politiques et citoyens iront encore plus loin.

    Les cabinets ministériels, les structures des partis sont remplit de gens dont les missions sont de trouver des idées, de préparer des suggestions, …. et j’en connais qui parfois rament pour avancer sur leurs dossiers.

    Un contact plus direct avec les communautés qui partagent vos idées (et qui y sont radicalement opposées) ne peut qu’apporter du sang frais.

    Ce que j’aimerai ce que Benoît aille commenter le blog de Alain et vice-et-versa … en attendant que leurs blogs se concentrent sur leurs pré-occupations électorales (communales).

    J’attends avec impatience les premiers podcasts politiques belges.

    Le rêve serait d’avoir beaucoup plus de listes qui se mettent à blogguer et utiliser des wikis. En veille d’élections cela permettrait à tout un chacun de se faire une meilleure opinion sur les candidats et leur programme. Ce qu’ils disent, comment ils argumentent, … autre chose que les sourires lisses des affiches et des interviews télévisées.

    L’aventure française du référendum sur la constitution européenne a été un excellent exemple de ce que la blogosphère et les sites collaboratifs pouvaient apporter au débat … et d’ailleur le camp du NON s’est brillament illustré.

    Le débat est sans fin … mais il est ouvert :o)

  6. promethee dit :

    Sans préjuger de l’un ou l’autre blog politique, ce que les gens attendent, c’est un développement de fond, des arguments et de la synthèse. L’élu ou le candidat qui se contente d’ouvrir un blog pour se présenter et énumérer des poncifs n’intéressera personne sauf un cercle (pour ne pas dire « une poignée ») d’irréductibles et d’appréciés.

    Si les candidats aux communales/législatives dans mon coin se mettent à bloguer, j’ose espérer qu’ils parleront de leurs objectifs ou de leurs aspirations claires et précises, plutôt que de se limiter à égratigner finaudement ou platement leurs adversaires, et d’énumérer ce qui ne va pas sans apporter de solutions.

    Enfin et non des moindres, qu’ils laissent la rubrique des commentaires ouverte et ne se contente pas d’une langue de bois classique.

    Les très nombreux observateurs avertis de la blogosphère se contentent assez peu des courants d’air et des gadgets d’une campagne…Ce qui explique pourquoi la grosse majorité des blogs belges à aspiration politique, ne sont que des espaces désertiques de débat ou de fréquentation…

  7. promethee dit :

    (suite…)

    Ce n’est pas pour pousser loin le débat mais certains candidats/élus devraient aussi faire attention à leur plateforme d’hébergement car, sans citer le nom d’un grand opérateur jadis monopoliste ou d’une grande radio français jadis consacrée au rock, cela relève parfois de la kermesse au boudin avec des compteurs clignotants, des couleurs clownesques, des animations flash puériles et, sacrosaint hérétisme, un petit fichier midi en boucle. On a déjà envie de zapper après deux secondes…

  8. damien dit :

    >François et Prom’, vous touchez du doigt les fondamenteaux, des principes qui semblent presque naturels quand on a perçu la richesse que les blogs peuvent apporter aux débats, quels qu’ils soient. Cela ne semble pas encore être une évidence pour tout le monde, loin de là.

    >Olivier: d’après ce que j’ai compris, tu penses que le blog de Benoît n’apporte qu' »un peu plus de bruit médiatique pour rien ».
    Que tu le considères comme faisant partie de la sphère médiatique n’est pas fait pour me déplaire, mais, par contre, que tu le qualifies de « bruit » me semble un tantinet excessif. Benoît donne son avis sur ce qu’il veut et propose de tailler une bavette avec les gus qui attérissent sur son site. Il se propose donc de créer une discussion. A ceux qui participent ensuite à cette discussion de la juger utile ou non. Après tout, c’est leur problème, non ?

    A l’inverse, les sites qui ne se contentent que de pomper allègrement des infos venues d’ailleurs ou qui n’ont que pour but de soigner l’égo de leurs rédacteurs, ceux-là effectivement, on peut très bien « survivre sans les visiter », comme tu le dis, ni les commenter. A ce niveau-là, je suis d’accord avec toi, il y a en a un paquet

    >Benoît: merci de participer à cette discussion post-podcast. J’attends avec impatience de voir ton jeune blog s’épanouir et, qui sait, porter ses fruits.

  9. J’ai lu avec attention les commentaires… et je suis ravi de voir que les avis sont nuancés. Loin de moi l’idée de dire que le premier commentaire ne l’était pas mais nous avons ici différents commentateurs, tous avertis, qui ne partagent pas à 100% leurs analyses. Cela me rassure car c’est bien là ma conception de la discussion « blogienne ».

    Faisons-nous pour autant avancer le monde? Je n’ai pas cette prétention avec mon blog.

    Quelques commentaires:
    1. La plateforme « Skynetblogs »: oui, elle est moins évoluée que d’autres, françaises notamment. Mais la majorité des bloggeurs cherche un outil très facile d’utilisation, une adresse en « .be » sans devoir en plus prendre une adresse de redirection. Certains sont moches à cause de la surabondance des gifs clignotants? A qui la faute? L’utilisateur… « On fait son lit comme on se couche » (ou est-ce l’inverse?)… L’hébergeur se contente d’offrir un service dont chacun fait ce qui lui plait. Avec plus ou moins de bon goût mais la vie est ainsi faite. Toute le monde ne roule pas en voiture grise, sobre et design: il y a plus sur les routes de vieilles Toyota rouge avec des autocollants des vacances en Espagne à côté du chien qui tire la queue. Faut-il jeter la pierre à Toyota?

    2. Espace désertique? Mon blog attire jusqu’ici 5 commentateurs peut-être 10. S’il n’évolue pas, je pourrais considérer cela comme un échec. Mais j’aurai au moins essayé d’offrir une plate-forme permanente de discussion aux Floreffois. Je ne pense pas que tout sera perdu dans l’aventure…

  10. promethee dit :

    Deux remarques….

    Concernant la plateforme d’hébergement, il est un fait que l’utilisateur préférera bien souvent la facilité d’un point de vue ergonomique et c’est tout à fait normal vu certaines difficultés de l’appropriation technologique. Il ne s’agit nullement de faire un procès à l’un ou l’autre site mais de se demander si, pour un blog à caractère politique comme celui d’un élu/candidat en campagne, il ne vaudrait pas mieux privilégier la sobriété et la clarté du design, en sus d’un contenu pointu et mis à jour, plutôt que les couleurs criardes et les gadgets.

    On peut très bien avoir un carnet intéressant sur la base des produits commerciaux mais gratuits, le « .Be » n’est pas la panacée comme le contenant ne fait pas le contenu.

    Seconde précision, il n’est pas fait référence à un blog particulier et encore moins à celui de Benoît Demazy, nous ne sommes pas à l’heure des procès soviétiques ni n’en avons le droit, le propos se veut beaucoup plus général et propre à une tendance que l’on peut observer en Belgique francophone.

  11. Je l’avais bien compris ainsi.

    Sauf qu’il est possible de faire un blog politique sur une plate-forme comme Skynetblogs sans tomber dans le criard. Enfin, je pense… que c’est mon cas 😉

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