Les conséquences du Nippelgate sur la télé publique US

The image “http://www.leblogmedias.com/photos/uncategorized/janet_1.jpg” cannot be displayed, because it contains errors.

Dimanche 1er février 2004, les chanteurs Janet Jackson et Justin Timberlake se fendent d’un tube évocateur – « Rock your body » – pendant la mi-temps de la finale du Superbowl (le championnat de football américain). Tout allait pour le mieux sous les meilleurs cieux médiatiques possible lorsque Justin arracha le bustier en cuir de sa partenaire de scène et découvrit un téton décoré d’une araignée en laiton. Le chœur des vertueux s’époumona alors, invoquant la protection de l’enfance et l’atteinte aux bonnes mœurs tandis que Justin et Janet plaidèrent la « défaillance vestimentaire » (sic)… Trop tard. Le scandale du « nipplegate » (littéralement « tétongate ») venait d’éclater. Le duo avait osé chatouiller la fibre puritaine d’une Amérique d’après-11 Septembre, convaincue comme jamais de sa vocation à restaurer l’ordre moral et planétaire (le Bien contre l’axe du Mal, tout ça…).

(…)

Pour laver le crime de lèse-téton, la Commission fédérale des communications (FCC) commença par infliger une amende de 550 000  dollars à vingt filiales de CBS qui avaient diffusé la mi-temps fatidique. La croisade contre l’obscénité passa en 2004 la barre du million de plaintes et des 8 millions de dollars d’amende (contre 440 000 dollars en 2003). Après une brève accalmie en 2005, l’élan de pudibonderie se chiffra à 275 000 plaintes et à 4 millions de dollars de contredanse pour le seul premier trimestre de l’année 2006. Submergée par les réclamations et assaillie par les chrétiens conservateurs, la FCC se tourna vers le législateur lequel approuva, à l’unanimité au Sénat et à une écrasante majorité à la Chambre des représentants, la nouvelle loi sur la décence en juin 2006.

(…)

Comme le faisait remarquer à l’AFP Timothy Jay, un professeur de psycho-linguistique du Massachusetts College of liberal arts : « Personne n’a jamais parlé de la publicité. Nous avons des spots publicitaires vulgaires pour des médicaments contre la diarrhée ou pour l’érection, avec des références scatologiques et sexuelles. Mais cela ne compte pas, car l’industrie a tellement de pouvoir… »


Extraits d’un billet rédigé par Benoît Hervieu pour le LeBlogMedias

Technorati Tags: , ,

Ce contenu a été publié dans Carnet de Bord, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire