Yahoo vend de la musique en MP3, sans DRM mais à 1,99 $

« Les DRM n’apportent aucune valeur ajoutée à l’artiste, aux maisons de disques ni aux consommateurs, les seules à en profiter sont les sociétés technologiques qui ont intérêt à verrouiller le consommateur sur une plate-forme particulière », écrit Ian Rogers sur le blog officiel de Yahoo Music en annoncant la mise en vente de chanson, en l’occurence « A Public Affair« , le dernier single de Jessica Simpson, non protégées par un système de Digital Rigth Management (DRM).

https://i2.wp.com/images.askmen.com/galleries/singer/jessica-simpson/pictures/jessica-simpson-picture-1.jpg?w=164
(Allez, on fait coucou à Jessica. Pour ceux qui,  juste par hasard, auraient préféré une photo de Ian Rogers, cliquez ici .)

En clair, pour 1,99$, Yahoo expérimente le téléchargement légal d’une chanson lisible sur n’importe quel support MP3 (iPod y compris) et personnalisable (on peut introduire son nom dans la chanson) . eMusic avait déjà franchi le pas de la copie sans DRM, mais son répertoire est jusqu’ici essentiellement composé de producteurs indépendants (les prix pratiqués par eMusic sont quand même nettement plus avantageux, de l’ordre de $9.99  par mois pour 40 téléchargements)

 « Les DRM ont un coût », ajoute Rogers. « Cela coûte très cher à mettre en place pour une société comme Yahoo. Nous préférerions de loin que nos ingénieurs construisent de meilleures fonctionnalités de personnalisation ou communautaire (…) au lieu de systèmes complexes, qui, de toute façon, ne vous empêchent pas de faire sauter la DRM et de graver des CD. »

Cela fait un bout de temps que bon nombre d’observateurs réclamaient cette mise à disposition de contenus dépourvus de dispositif anti-copie, au grand dam des majors du disque qui craignent comme la peste la perte de contrôle de leur distribution (notamment via le P2P). Même s’il s’agit plus d’un acte isolé et symbolique, (1,99$, c’est quand même le double que sur iTunes) mais on peut raisonablement espérer que l’attitude de Yahoo fera des eMules  😉

UPDATE 24/07: Tristant Nitot en parle aussi, avec en toile de fond le lancement de Zune, le concurrent de l’iPod, par Microsoft. A lire aussi l’analyse d’Om Malik quant au devenir des anciens partenaires de Microsfot dans se secteur

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Ne l’appelez plus jamais « Audience »

Voici la traduction d’un texte de Jay Rosen, professeur de Journalisme et éditeur de Press Think, un blog qui devrait, s’il ne s’y trouve pas encore, avoir une place de choix dans vos agrégateurs. Ce texte, intitulé « The people formerly known as the audience« , s’adresse aux patrons des médias traditionnels qui s’obstineraient à ne pas voir les changements à l’oeuvre dans l’économie des médias, et peut-être surtout dans la manière dont « ceux que l’on appelait jadis l’audience » souhaitent désormais les consommer. A savourer.
Un tout grand merci au Blogmedias pour cette traduction très fidèle au texte original.
Le peuple connu sous le nom d’audience souhaiterait vous informer, vous les médias, de son existence, ainsi que de la passation de pouvoir qui accompagne ce changement de support médiatique.

Pensez aux passagers de votre bateau qui possèdent désormais leur propre embarcation. Ces lecteurs écrivains, ces spectateurs qui se saisissent d’une caméra. Ces auditeurs autrefois atomisés qui, au prix d’un modeste effort, se connectent les uns aux autres et obtiennent ainsi un moyen de parler au monde entier.

Nous comprenons que, confrontés à de telles déclarations, les médias crient sur les toits, au nom de la raison : « Si tout le monde parle, alors qui restera-t-il pour écouter ? Pourriez-vous nous le dire ? »

Le peuple jadis connu sous le nom d’audience ne croit pas que ce problème – trop d’orateurs – en soit vraiment un. Et maintenant, pour ceux de votre entourage qui se demanderaient encore qui nous sommes, voici à quoi pourrait ressembler une définition formelle :

Le peuple jadis connu sous le nom d’audience est constitué de ceux qui étaient situés à l’extrémité réceptive de ce système médiatique unilatéral – dans son schéma de diffusion – aux coûts d’entrée élevés et où quelques firmes se faisaient concurrence pour crier plus fort que les autres. Et ce tandis que le reste de la population écoutait, isolés les uns des autres.

– Autrefois, vous aviez les imprimeries. Il y a désormais ce support modeste, les blogs, qui nous a donné des imprimeries à tous. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a appelé les blogs “des petites machines à Premier amendement” (“little First Amendment machines”) : ils étendent la liberté de la presse à plus d’acteurs.

– Autrefois, vous aviez les stations de radio qui diffusaient sur vos fréquences à vous. Il y a désormais cette brillante invention, le podcasting, qui nous a donné la radio. Et nous lui avons déjà trouvé bien plus d’usages que vous.

– Autrefois, le tournage, le montage et la distribution de vidéos vous appartenaient, vous les grands médias. Vous seuls pouviez atteindre une audience créée à votre image. Désormais, la vidéo est entre nos mains, et l’audience de jadis arrive très bien à constituer sa propre audience.

– Autrefois, vous étiez les éditeurs (exclusifs) de l’information et choisissiez ce qui devait figurer en Une. Désormais, nous aussi pouvons éditer l’information et nos choix déterminent ce qu’il y aura sur nos Unes à nous.

– Un système médiatique fortement centralisé avait connecté les gens aux hautes sphères politiques et sociales, mais sans que cette relation soit réciproque. Désormais, le flux horizontal, de citoyen à citoyen, est aussi important que ce flux vertical.

“L’ancienne audience” est le nom que Dan Gillmor nous a trouvé (il fait partie de ceux qui nous ont découvert et qui nous défendent), une référence aux propriétaires et aux utilisateurs des outils qui étaient exclusivement utilisés par les médias pour attirer et captiver l’attention.

Jeff Jarvis, un ancien dirigeant du monde des médias, est à l’origine d’une loi sur nous. « Donnez au peuple le contrôle des médias et ils en feront usage. Son corollaire : ne donnez pas au peuple le contrôle des médias et vous le perdrez. Dès que les citoyens peuvent exercer quelque contrôle que ce soit, ils le font. »

Écoutez, vous, les médias. Nous avons toujours plaisir à écouter la radio en conduisant, à s’asseoir passivement dans l’obscurité d’une salle de cinéma locale, à regarder la télé de nos yeux vitreux immobiles au fin fond de nos lits, ou encore à lire à voix basse comme nous l’avons toujours fait.

Certes, lorsque nous allons au cinéma, les chances de nous approprier l’écran pour y passer nos propres productions sont minimes. Mais, nous n’avons rien contre le vieux système unilatéral – du haut vers le bas – de consommation médiatique. Nous n’allons pas nous priver des plaisirs que nous procurent les grands médias. Nous continuerons donc à en consommer et vous continuerez à faire de belles petites affaires.

Mais nous ne dépendrons plus de vous. Tom Curley, président de l’Associated Press, a expliqué ceci à ses hommes : « Les clients décident de la manière dont ils consomment l’information – de son application, de son support, à quel moment et à quel endroit ils le consomment. »

Nous avons déjà les médias quand cela nous chante, nous les voulons désormais sans publicités et nous voulons qu’ils soient bien mieux qu’aujourd’hui. Nous publions et diffusons désormais par nous-mêmes, quand nous en avons besoin ou quand ça nous amusent.

Mark Thompson, directeur de la BBC, a même un terme pour nous désigner : l’audience active (« qui ne se contente pas de regarder mais qui souhaite prendre part, débattre, créer, communiquer et partager »).

Un autre de vos gros bonnets, Rupert Murdoch, a dit ceci à propos de nous aux journalistes américains : « Ils veulent prendre le contrôle des médias plutôt que d’être contrôlés par eux ».

Dave Winer, un des pionniers du blogging, avait dit en 1994 :  » ne fois que les utilisateurs en auront pris le contrôle, jamais ils ne le rendront ».

Sur Internet, nous avons tendance à former des communautés autour de nos espaces favoris. Tom Glocer, qui est à la tête de Reuters, l’a bien reconnu : « Si vous voulez attirer une communauté, vous devez leur offrir quelque chose d’original et de qualité qui fasse en sorte qu’ils puissent y réagir et l’incorporer à leur créations. »

Nous pensons que vous avez à peu près saisi l’idée, vous les médias. Si ce n’est grâce à nous, peut-être par la description de ces changements par vos congénères.

Le peuple jadis connu sous le nom d’audience voudrait toucher un mot à ceux qui travaillent dans les médias et qui, obnubilés par leur vision commerciale, ont pris l’habitude de nous appeler les « globes oculaires ». Illustration : « Il y a toujours un nouveau défi à relever pour les globes oculaires de nos clients » (John Fithian, président de l’Association des propriétaires de salles de cinéma des Etats-Unis).

Ou encore: « Nous avons déjà en poche les globes oculaires postés devant les écrans de télé. Nous voulons nous assurer que nous aurons aussi ceux qui sont devant les écrans d’ordinateurs. » (Ann Kirschner, vice-présidente pour la programmation et le développement médiatique de la Ligue nationale de football).

Fithian, Kirschner et compagnie devraient savoir que de telles illusions (“avoir en poche les globes oculaires”) relèvent du fantasme. Ce n’est que le résultat d’un système médiatique qui a donné à ses détenteurs un sentiment exagéré de pouvoir et de maîtrise sur les autres. Les nouveaux médias sont en train de changer la donne, et cela nous fait sourire.

Vous n’avez pas les globes oculaires en poche. Pas plus que vous ne possédez les médias, qui sont désormais divisés entre “pros” et “amateurs”. Vous ne contrôlez pas la production sur ces nouveaux supports, qui d’ailleurs ne sont plus du tout unilatéraux. Un nouvel équilibre des pouvoirs s’est instauré entre vous et nous.

Le peuple jadis considéré comme l’audience est tout simplement le public que l’on a rendu plus réel, moins fictif, plus capable, moins prévisible. Vous devrez vous en réjouir, vous les médias. Mais que vous le vouliez ou pas, sachez que nous existons.

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Chronique PureBlog: samedi 22 juillet

Voici le podcast de l’émission Pureblog de ce samedi. Ma ch’tite chronique se trouve à 340 dans le Dewplayer ci-dessous. Vous pouvez cliquer dans la barre pour avancer ou reculez . Bonne écoute

Ecoutez

Les sujets abordés, et quelques liens:

–>>  LaFraise vendue à Spreadshirt: un cas d’école du business 2.0. Les p’tits belges de Manteela feront-ils aussi bien ?  ;))

–>>  Netscape propose aux "gros" blogueurs de Digg, Del.icio.us, Myspace 1.000$ par mois pour publier 150 billets.

–>> Youtube passe le cap des 100 millions de vidéos vues par jour. Dans le même temps, les networks américains enregistrent leurs plus mauvaises audiences depuis 1 an.

–>> La Sacem française réclame 75 euros à une école pour une chanson d’Hugues Aufray (qui va finalement payer l’amende)

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Liban: A lire, à tester, à méditer

Les évènements au Liban suscitent beaucoup de réactions tant dans les médias traditionnels que sur internet. Pierre Andre rappelle sur son blog qu’il n’y a rien de mieux que de s’informer à la source si l’on veut éviter (tant que faire se peut) les biais dus aux kilomètres et aux différentes sensibiltés. Il souligne également les vertus du net en la matière en reprenant des extraits de deux articles du journal libanais « L’Orient-Le Jour » parus ce 20 juillet. A lire.

Non, il n’y a aucune malédiction qui poursuit ce pays ! Il y a simplement une plaie béante que nous refusons de voir, de traiter, de guérir (…) Comme Saddam naguère, comme les Assad père et fils, comme le Kadhafi d’une vie antérieure, comme le fou furieux du 11 septembre, le prédateur de Téhéran se fiche de Jérusalem et de la Palestine comme de sa première chaussette. S’il veut des dragées atomiques, c’est pour les pointer sur ses « frères », pas sur ses « cousins » !

Dans la même veine, CyberJournalist.net renvoie les internautes en quête d’infos très ciblées sur l’actu internationale vers le site LexisNexis. Beaucoup de catégories, des dépêches d’agence, des alertes sur des mots-clés, les Une de milliers de journaux et des retranscriptions de programmes télé (ex: Fox News). A tester. (sans oublier Global Voices)

Enfin, Jean-Marc Manach, dans Le Monde, explique que les Salam Pax, du nom du (seul ?) bogueur irakien au moment de l’invasion américaine, sont à présent des milliers au Liban et en Israël. Et qu’ils se parlent. « Avec le Web, la guerre se personnifie », souligne un libanais sur son blog, où viennent régulièrement commenter des israéliens.

Pour Lisa Goldman, une journaliste canado-israélienne, et blogueuse, qui vit à Tel-Aviv, c’est la première fois que « des citoyens de pays ennemis sont ainsi engagés dans une conversation permanente alors que les missiles pleuvent ». Et les exemples abondent. Ainsi, la première personne à réagir à son billet consacré à la manifestation anti-guerre de dimanche dernier fut une Libanaise qui dénonce l’état de siège, la destruction de son pays et la mort de civils, mais ajoute : « Avec des gens comme vous, le dialogue continuera, nous n’avons pas le choix. »Non content d’engendrer ce type de dialogue civilisé entre citoyens de pays en guerre, l’Internet crée également des situations autrement plus troublantes, où des militaires, et ceux qui les soutiennent, sont tenus informés des conséquences de leurs agissements par ceux-là mêmes qu’ils bombardent.(…) Se prenant à rêver que la prochaine génération de politiciens et leaders économiques libanais et israéliens puisse bénéficier de telles relations intimes, elle conclut qu’« il n’est pas facile de tuer quelqu’un que l’on connaît en tant qu’être humain, et pas seulement comme ‘ex-ennemi' »

A méditer.
Voici une liste de blogs qui parlent « depuis là-bas » (tjs via Le Monde):

Jblogosphere et Webster du côté israélien, OpenLebanon ou encore le Lebanese Blogger Forum du côté libanais, The Truth Laid Bear ayant pour sa part recensé les blogueurs des deux côtés de la frontière, ainsi que les Palestiniens.

Une Google Maps a également été réalisée sur les frappes qui ont touché le Liban (elle fonctionne aussi dans Google Earth

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A quand une presse locale pratique, communautaire et conversationnelle ?

Dans cet article consacré aux stratégies internet de la presse quotidienne régionale, Libération constate que le pari effectué par les dirigeants de la PQR est de faire payer l’accès au contenu micro-local.

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Bruno Hocquart de Turtot, directeur général du syndicat régional de la PQR (SPQR): « Sur Internet, la stratégie consiste à donner gratuitement les informations générales et régionales, mais de faire payer le micro-local ». Et Christian Philibert, directeur général d’Ouest France : « De toute façon, la gratuité, ce n’est pas notre culture ».

« Dommage, la gratuité, c’est pourtant la culture des nouvelles générations »,  (…) « Tout le monde sait que si les régionaux parient sur l’actu locale payante, ce n’est pas pour gagner de l’argent (l’accès payant ne rapporte presque rien, les volumes sont très bas), mais pour protéger l’édition papier. Ce n’est donc pas un pari, mais un blocage culturel et générationnel », estime pour sa part Benoït Raphaël sur son blog « Demain tous journalistes!« 

Je souscris tellement à son analyse (d’autant plus vu l’absence totale de la presse régionale belge francophone sur le net) que je vous la soumets en entier. (L’emphase est de moi)

« Le débat gratuit/ payant tel qu’il se présente aujourd’hui dans la presse française grand public n’est plus un débat, mais un conflit culturel. Il est d’ailleurs, sur le fond, sans intérêt. La question n’est pas de savoir si l’on doit mettre le contenu du journal papier gratuitement ou non en ligne. Mais de se demander : quel contenu devons-nous apporter aux internautes pour leur offrir le meilleur service ? Et quel modèle économique mettons-nous en place autour de ce concept ? Rien de plus. Et si l’on suit ce raisonnement, on se rend vite compte que le contenu hyper local en ligne n’est pas forcément le même que celui que l’on trouve dans le journal. De la locale sur le Net, oui, mais quelle locale ? Voilà la question.

Cette hyper-locale en ligne (que l’on pourrait renommer en « Internet de proximité ») doit d’abord être utile et pratique (infos services, annuaires et agendas interactifs), communautaire (journalisme citoyen, blogs, photos personnelles…) et conversationnelle (des commentaires et du débat partout). Franchement, ce n’est pas vraiment ce contenu-là que l’on trouve aujourd’hui dans les pages locales des journaux. Non ? »

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LaFraise prend sa retraite, à 35 ans

Patrice Cassard, le seul et unique fondateur/employé de LaFraise, l’une des plus belles sociétés françaises issues du sérail 2.0, annonce sur son blog son départ à la retraite, à 35 ans.
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En 3 ans, il a en effet réussi à monter et à faire vivre sa petite entreprise de création de tee-shirt et à lui faire réaliser un chiffre d’affaires de 1 million d’euros. Comment ? Grâce à une interaction sans faille avec la communauté qui a grandi autour de son concept (discuter, proposer des visuels, bloguer, voter pour ceux qui vous bottent le plus, discuter, être rémunéré si votre visuel est sélectionné, bloguer, imprimer des tee-shirt de qualité, dsicuter, réduire les frais d’expédition, bloguer). Zéro balle de pub, il s’est même permis de refuser une offre de TF1 (pour la Starac). Bref, une toute belle réussite. La taille et surtout et la ferveur de la communauté LaFraise était le pilier central de ce business, il faudra voir comment celle-ci va réagir à ce rachat. Visiblement, d’après les premiers commentaires, pas trop mal.

On ne ne connaît pas le montant du rachat de LaFraise, réalisé par les allemands de SpreadShirt., mais d’après Techcrunch, il s’agirait d’un gros paquet de cash issu d’une récente augmentation de capital. Un cas d’école pour tout « startupeur »

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