Google vs éditeurs belges: 3615 Code Qui N’en Veut

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a donc refusé vendredi de suspendre les astreintes auxquelles Google avait été condamné le 5 septembre. Il faut dire qu’à 1,5 million d’euros par jour, la facture commencait à s’alourdir drôlement. Avec ce renvoi dans les cordes (au moins jusqu’au 24 novembre, date d’une audience qui s’annonce bouillante), Google a été obligé d’obtempérer et d’afficher le jugement complet sur ses pages .be, leur donnant une petite touche de Gala après une série de schoot des nibards de Steph’de Monac en vacances à Saint Barth’.

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(pix by Denis)

Que faut-il penser de tout cela ? Et bien, ma foi, pas grand chose si ce n’est que la logique des éditeurs semblent avoir fait mouche auprès du tribunal. Sur le fond, on attendra l’audience de fin novembre pour tirer de plus amples conclusions.

Il reste quand même plusieurs interrogations qui me laissent un drôle de goût en bouche.

1) Virés de l’index à coups de pompes judiciaires, comment les quotidiens belges espèrent-ils un jour y retourner ? Si on a bien compris que le but n’était pas d’en être exclus ad vitam mais bien de bénéficier d’une légitime rétribution, seule l’exclusion est à ce jour actée et je ne sais pas qui est chargé chez Copiepresse d’aller proposer un deal à Google, mais à sa place, je m’armerais d’une bonne dose de patience. Maintenant que Google vous a bien dans le nez, faudra pas râler si il vous fait poireauter devant le Googlplex pendant une plombe avant de vous dire que les agendas sont surbookés et qu’il  faut repasser hummm … d’ici 5 ou dix ans.

Beaucoup de choses peuvent encore se passer d’ici le 24 novembre mais, en attendant, les chiffres de fréquentation de nos journaux vont se casser la gueule (une fois le buzz de rigueur retombé), c’est presque mathématique et déjà semble-t-il déjà une réalité en ce qui concerne la Libre.

La question générale là-derrière est: Y’-a-til une porte de sortie honorable pour les deux parties ? perso, je n’en vois pas.

De nouveau, je ne remets pas en cause le fondement même des revendications des éditeurs (« travailler » l’info coûte cher et rémunérer « justement » les journalistes est loin d’être une constante)

2) Que va-t-il advenir des flux RSS de ces journaux ? Comme le souligne François, les agrégateurs comme Netvibes, Wikio, Scoopeo vont-ils subir le même traitement que Google ? La logique est pourtant identique: reprise de titres et chapô sans accord des éditeurs. Alors ? Et vos flux parsemés d’AFP plombés avec vos adsenses ? Où est votre sacro-sainte valeur ajoutée, celle qui vous fait croire que 1 euro l’article est une « rétribution légitime pour un travail de qualité » ?

3) Manifestement, l’action de Copiepresse a donné des ailes aux autres médias francophones qui ont conclu leurs 5 jours d’assises à Bucarest avec une déclaration hier de leur président Hervé Bourges visant à « créer une alternative à la logique Google ».

Selon ce dernier « la méthode d’indexation » de Google, conduit  en fait à une « grégarisation croissante », les internautes  s’informant sur un nombre de plus en plus réduit de médias et de  sujets, cela au détriment des pays du sud, « sauf sur les rares  sujets sur lesquels un grand nombre de médias internationaux  s’expriment et c’est alors rarement à leur avantage ».

Plus démago que ça tu meurs (j’ai pas compris la référence aux pays du sud. Et Global Voices, et toutes les initiatives du genre ?), sans compter que « les internautes  s’informant sur un nombre de plus en plus réduit de médias et de  sujets » est une ineptie sans nom. C’est juste l’inverse qui se produit. On multiplie les sources et les sujets d’intérêts, les marchés de niche se créent en pagaille, les publications verticales  touchent un public très homogène et la pub générée commence à engendrer des turn over rapides (cfr WeblogsInc ou le Social Media Group). Les internautes cherchent et trouvent ce qui les intéressent. Google les y aide. Ce n’est plus à vous de juger ce qui est « bon » ou de « qualité ». A vous maintenant de vous bouger le cul pour tenter de rattrapper tous ceux qui travaillent plus vite, plus collégialement, plus multimédiatiquement, plus sportivement et bien souvent plus passionnément que vous.

Désolé M. Bourges, mais je crois que vous vous mettez le trojan dans le core duo jusqu’à la carte mère.

4) Bon, soulignons quand même la naissance du blog de la rédaction du Soir en ligne, jusqu’ici essentiellement dédié à cette affaire d’ailleurs. Ca serait d’ailleurs très bien si les différentes opinions au sein de votre rédaction pouvaient s’exprimer sur ce blog. Qu’avez-vous à y perdre ?
Et tant que vous y êtes, posez donc la question à votre public de ce qu’il pense de vos articles à 1 euro  …

Pour le plaisir, je ne peux m’empêcher de reprendre la réflexion de Denis chez François:

A ce prix là je demanderais bien à Rossel et IPM de payer mes commentaires sur leurs blogs, ou pour le moins de faire état de leur politique en ces matières… car avec la logique de copiepresse, Rossel se fait de la thune avec mes comm’ et ça , ça vaut des liards ces jours-ci ;)

On devrait se fédérer et assigner ces voleurs !

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Un commentaire sur “Google vs éditeurs belges: 3615 Code Qui N’en Veut

  1. A propos des flux RSS, il y a une petite différence qui a son importance: le site publie un flux, ce qui correspond à un consentement implicite. Autre chose, il a été aussi reproché à Google News d’agencer à sa sauce les vignettes en rapport aux articles. Ainsi, on pouvait retrouver une image venant du Monde sur un contenu venant de la presse belge.

    Mais c’est vrai qu’ils devront se poser la question: « quid si Netvibes (et consort) affichait de la pub sur sa page ? ». Encore un nouveau procès presse belge vs agrégateur en ligne ?

  2. Est-ce que tout ce que fait Google est d’office nickel chrome ? C ‘est un peu ce que je pense en lisant les dizaines de posts consacrés à ce sujet qui vire au passionnel. La plupart des posts manquent de sens critique. Un peu comme si tout le monde se mettait à ramper devant le géant américain que l’on oserait contrarier. Il me semble que cela fausse le débat. Cela fait d’ailleurs un bon bout de temps que nous n’avions plus lu autant de bêtises sur un sujet que manifestement très peu connaissent. Entre les « google se venge » et les « c’est parce que cela ne passe pas par la Home Page », il y a de la marge dans l’ignorance. Et dire que sur le fond nous sommes tous d’accord. La question du RSS va se poser bientôt. Si l’on suit la logique de Copiepresse, les agrégateurs n’ont aucun soucis à se faire tant qu’il n’y a pas de pub sur leur application. Dans le cas contraire, je sens que l’on va nous demander d’enlever nos flux. Ce serait un comble. On est pas sorti de l’auberge.
    En tout cas chapeau à Damien qui offre une bonne synthèse objective des débats.

  3. @ Somebaudy & Katsoura & Renaud: la pub semble bel et bien être le point d’achoppememt. Même si Tariq (netvibes) jure mordicus qu’il ne mettra jamais de pub, ceux qui achèteront Netvibes en marque blanche le feront peut-être eux. Quant aux autres agrégateurs 2.0, la pub est clairement la voie royale pour générer un peu de cash. A part le rachat, c’est même la seule solution pour ne pas griller toute la tune des business angels. Wikio arrivera sans doute bientôt dans cette situation, et là …
    Le truc qui est vraiment gag, c’est que toute cette hsitoire profite finalement aux bloggueurs et aux autres « gagne-petits ». Depuis vendredi, Google me drive un trafic de fou sur la requête « la DH » …

  4. Je ne savais pas que défendre la diversité cuturelle, la pluralité des opinions et le droit à l’information face à la lente uniformisation des idées que nous promet Google, c’est faire preuve de démagogie. Ou alors, mes collègues dans le monde académique sont pour la plupart des démagos populistes en puissance.

  5. @olivier: « en puissance »? certainement ! Ce n’est pas à la Faculté de défendre quoi que ce soit, son job est d’observer et de fournir des clés pour que chacun puisse exercer son libre arbitre en connaissance de causes. Bourges (qui ne représente pas l’académie) ne défend rien d’autre que son précarré et ses privilèges

    Quant à « la lente uniformisation des idées que nous promet Google », là, excuse-moi, mais je rigole bien bas. Google indexe et rend accessible (comme les autres moteurs de recherche). Ce ne sont pas eux qui uniformisent dangereusement les idées, mais les producteurs de contenu qui se contentent de copy/paster les agences de presse ou de couiner dans le micro pour faire chialer à bon compte les ménagères

  6. Ce n’est un secret pour personne qu’il y a un déséquilibre profond dans les flux d’informations entre le nord et le sud de la planète. Google, avec son système de PageRank, ne fait que refléter cette césure. Cela tombe sous le sens : plus tu produis de contenu, plus tu as de chance qu’il soit populaire auprès des autres internautes, plus il sera visible dans la hiérarchie de Google (d’autant que la plupart des pays du sud n’ont même pas les moyens humains, technologiques et financiers de produire ledit contenu). Pour ma petite satisfaction, c’est un constat que je posais déjà avec Christian Vanden Berghen dans un article pour le Vif en 2003, bien avant que les intellectuels européens ne se réveillent enfin.

    « Bourges (qui ne représente pas l’académie) ne défend rien d’autre que son précarré et ses privilèges » : tu ne rends pas compte que ton discours anti-establishment permanent commence à tourner en rond?

  7. @Olivier,

    « plus tu produis de contenu, plus tu as de chance qu’il soit populaire auprès des autres internautes, plus il sera visible dans la hiérarchie de Google »

    Est-ce de la faute de Google si la presse du Sud n’est pas suffisamment présente en ligne, pour acquérir une place plus déterminante dans le choix des sources d’information proposées ? Je comprends le fond de ton propos en termes de diversité mais je trouve que tu te montres passablement réductionniste sur un problème aux causes structurelles largement plus étendues et complexes que l’indexation de Google (état de la démocratie, développement de la presse, déficit orchestré de l’illétrisme, accès au NTIC, etc.). Que je sache, quasiment toute la presse africaine « en ligne » est indexée et accessible sur Google. Seulement, pour la majorité des gens qui ne la lisent pas ou qui se contrefoutent de savoir ce qui se passe à Bamako ou à Kinshasa, la probabilité de tomber sur un lien pointant vers Jeune Afrique, Afribone,l’Essor, le Soft online, etc. sera moins grande ou hors de connaissance.

    Cette accessibilité à la presse existe depuis plusieurs années, c’est moins un problème de diversité ou d’uniformisation de l’information que d’un schéma Nord-Sud plus général: la presse occidentale se développe de manière inversément proportionnelle à celle dans les pays pauvres. Forcément, il n’y pas de parité des sources.

    Je reconnais que la futilité des arguments passionnels dans le débat mais l’introduction d’un voile tiers-mondiste dans la thématique, n’est pas des plus pertinents à mon sens.

    Pour connaître un sacré bout de la Francophonie institutionnelle, il me fait aussi rire de lire les propos de Hervé Bourges qui s’inscrivent dans la continuité des grandes messes de l’OIF. Il y a quelques années, les mêmes plaidaient pour la réduction de la fracture numérique….il y a plus de téléphones dans la seule ville de New York que sur le continent africain….Alors déjà quand on peine à imprimer le journal à l’encre, il faut savoir de quoi on parle avant de dire tout et n’importe quoi en matière de développement, de NTIC et de menaces farfelues de la part de Google!

  8. J’ai un peu plus de temps maintenant…

    Bourges défend son steak, c’est évident! Au sein de la Francophonie, comment tenir un discours contraire face à une majorité d’Etats-membres qui se situent dans le bas de classement du PNUD ? Pour autant, je ne dis pas qu’il a tort sur le fond mais je le trouve passablement démagogique lorsqu’il s’agit de pointer du doigt Google, alors que si la presse des pays pauvres n’est pas assez importante, c’est bien la faute de nombreux siégants à l’OIF comme les représentants politiques de la Tunisie ou encore du Vietnam qui, comme tout le monde le sait, adorent les journalistes et la presse libre. Alors si on ajoute au débat l’élément de pauvreté et d’accès à Internet, on se rend vite compte que se trouver un coupable est facile, identifier les vraies causes est plus gênant…surtout dans les réunion de Bucarest, comme ces derniers temps!

    Google n’est pas un ange ni un chevalier blanc, pour autant, lui attribuer toutes les fautes du monde commence à devenir franchement ridicule.

  9. Prométhée : bien sûr, le débat est bien plus vaste comme tu le soulignes à juste titre. Mais beaucoup de gens sur la Toile regardent le différend Google/éditeurs francophones belges à travers le seul prisme technologique. Or, un système comme Google recèle des enjeux qui dépassent largement les bits, les bytes et la génération de trafic. Aucune technologie n’est totalement neutre; elle porte toujours une certaine vision du monde qui a motivé sa création. Cette affaire en fournit à nouveau une belle illustration.

  10. Google, Coca Cola et Saucisses Zwan de chez Herta, même combat: investir de l’argent et faire un petit paquet de bénéfices en retour. Je ne nie pas pour autant le fait qu’une situation de monopole ne puisse entraîner des implications, voire des dérives au niveau de la vie sociétale et économique, et que donc forcément on puisse poser des questions légitimes qui nous touchent tous ou certains milieux.

    Cela étant, je ne saisis pas bien en quoi la technologie derrière le moteur de recherche aurait un agenda caché et/ou des buts partisans (cf. « technologie non neutre » / « vision du monde »). Les intérêts de cette société californienne sont entrés en collision avec ceux de nos médias par une situation obtenue a posteriori, une réussite inespérée d’un modèle sur la toile, un pari sur des investissements. Je doute très fort que les compères Larry et Sergueï soient dès l’origine des émules des râtons Cortex et Minus, avec un projet déterminé autre que se faire de l’argent.

    S’il y a litige, la justice fera son boulot. Les habituelles accusations dès qu’une société américaine sort du lot, cela devient mono-réactionnaire à la longue. Il y a eu l’époque Microsoft, voilà maintenant Google…

    Pour ce qui est du débat sur les blogs ou dans les colonnes de certains journaux, que dire si ce n’est que cela dépend du choix des lectures…

  11. « Or, un système comme Google recèle des enjeux qui dépassent largement les bits, les bytes et la génération de trafic. »

    Remplacez Google par Altavista et transportez vous 10 ans en arrière, on retrouvera les mêmes mise en garde.

    Le business d’un moteur de recherche ça reste tout de même fragile, quelques erreurs, une innovation chez les concurrents et on est zappé prestemment du marché.

    Personne n’oblige à passer par Google, sur le thème de la technologie, la neutralité (la confidentialité n’en parlons déjà plus..) des tuyau est bien plus préoccupante pour l’avenir.

  12. Thanx Prom’ d’avoir pris le temps de détailler ces quelques belles et bonnes raisons de ne âs manichéer à 200 à l’heure. L’aspect Nord-Sud mérite assurément de revenir dans une prochaine discussion.

    « Les habituelles accusations dès qu’une société américaine sort du lot, cela devient mono-réactionnaire à la longue. Il y a eu l’époque Microsoft, voilà maintenant Google… »

    …pile-poil

  13. @Vian: tout à fait d’accord avec toi: « Remplacez Google par Altavista et transportez vous 10 ans en arrière, on retrouvera les mêmes mise en garde ». Le tout est de ne pas rester calé 10 ans en arrière 🙂

  14. ah ouais ça pète dans le commentaire…. avais pas vu.

    Je comprends les arguments des uns et des autres, même si je l’avoue j’ai un faible pour ceux de Damien, que pour le coup je partage.

    C’est bizarre cette histoire quand même. Donc en gros si je comprends bien, dans un futur proche, les maisons de disque ou de film vont se retourner contre Le Soir et La libre, parce que ces deux journaux, dans le cadre de leur entreprise commerciale, utilisent les films et musiques comme support de leur activité pécuniaire. En gros, c’est parce que le film ou le disque ou l’artiste existe, que le journaliste qui s’en fait le vecteur peut gagner sa pige et le journal créer le contenu qui fait que les lecteurs achètent le journal. Donc, si je poursuis la logique de Copiepresse, chaque article publié sur un artiste, une expo ou un film créant une plus value pour le journal qui l’exploite et un facteur d’achat non négligeable, les maisons de disques et majors du film peuvent se permettre de demander rétribution pour leur apport à l’entreprise commerciale du journal.

    vous souriez, vous parlez de droit à l’information, de blague. Je bosse en France pour un sous traitant « contenu » de l’opérateur Vodafone. Il y a quelques mois, quand je demandais le droit d’aller interviewer un artiste pour l’actualité de la homepage… les maisons de disque me disaient: « sachant qu’SFR fait payer un abonnement pour l’accès à ces contenus vidéo, il est donc normal que nous soyions rétribués pour vous ouvrir l’accès à ces artistes ». Changez SFR par le Soir et ma proposition du paragraphe précédent devient intéressante et beaucoup moins drôle.

    Allons, mettons y un coup de rebellion à deux francs et une phrase choc: « Il faut donc rétribuer Oussama Ben Laden, en proportion du nombre de journaux qui ont été achetés des suites de son attentat », puisqu’il a été démontré que le tirage des journaux en faisant état a été décuplé les jours qui suivirent mais aussi dans les années qui suivirent, au fil des mémoriaux.

    Par ailleurs, l’idée de faire rétribuer les commentaires laissés sur le blog du soir m’a interpellé sur un truc qui pourrait s’appliquer selon la logique Copiepresse. Le journaliste, auteur des papiers archivés en consultation à 1€ sont-ils payés au prorata des revenus complémentaires générés par l’utilisation en ligne des papiers pour lesquels ils ont pigé? non parce que si le prix de la pige n’a pas été modifié par le passage au numérique et aux revenus complémentaires générés… il y a des patrons de presse qui grugent façon google. Mais peut-être le prix de la pige a-t-il augmenté du fait de cette pratique numérique et c’est moi qui suis à la ramasse.

    Par ailleurs, je vais de ce pas demander à l’état où je paie mes impôts une rétribution pour ma contribution à la santé du PIB, parce que bon c’est quand même grâce à ma consommation que l’état peut évoquer des pourcentages de croissance. Je vais également demander à Delhaize de me retribuer chaque fois que je viens faire mes courses chez eux, parce que bon quand même j’aurais pu aller chez Carrefour, et que ma loyauté ça se paie. Je vais également demander à l’agent qui m’a mis 98€ devant la gare du nord une rétribution parce que c’est grâce à mon infraction (oui je le confesse j’ai stationné 4 minutes, le temps d’aller chercher mes grands parents au Thalys) qu’il a pu atteindre son quotat quotidien et terminer plus tôt sa journée de travail lucratif. Je vais d’ailleurs aussi demander à France Telecom de me rétribuer une partie de mon abonnement internet, parce que quand même c’est grâce à ma sédentarité qu’ils continuent à vivre, alors que je pourrais aller me connecter sur la borne wi-fi du macdo de la Gare de lyon à l’arrivée de mon RER (quoi que ma station toute pourrie au macdo et le vieil écran même pâs plat, ca pourrait être un happening rigolo, pour lequel je pourrais demander rétribution au macdo)….

    Je souhaite donc au soir et aux autres comme ce fut le cas avec les maisons de disque et SFR de voir que la non syndication sur un média de masse tel google entraîne une marginalisation et une défection du lectorat. Ca leur fera peut-être revenir comme les maisons de disque et SFR en arrière consécutivement et se rendre compte qu’il vaut mieux trouer une manière de faire sa promo numérique de manière cohérente, comme on fait aujourd’hui sa promo mobile en France.

    Pourquoi pas un Yalta malin qui permettrait à Google de mettre la main sur des archives à 1 jour qui seraient, « pourquoi pas » ,un RSS/ googlisé spécifique dans lequel on trouverait un lien vers une page spécifique du journal avec un article réécrit ou allégé selon les spécificités liées à la lecture rapide sur le net, et on ne payerait l’accès qu’aux articles complets, parce que 1€ quand même c’est du vol (et ouais c’est de l’anti establishement pas primaire), mais on peut imaginer le payer si l’article apporte une plus value par rapport aux infos dispensées par 20 minutes, les blogs, ou si ce yalta existait, les fils rssgoogle des quotidiens belges.

  15. Et je ne suis pas un pro google à tous crin non plus.
    J’ai tilté parmi les premiers quand la major de la recherche en ligne à annoncer filtrer les recherches des internautes chinois… au non du même droit à la liberté et à l’information qui me fait aujourd’hui être subjugué par la folie des groupes de presses et leur droit à la rétention d’information.

    Ainsi donc le journalisme ce n’est plus informer, c’est vendre du papier, des bits? A ce titre je me dis que Damien sans googleads (ca c’est pour qu’il oublie pas de pas se faire de thune sur son MEDIA) c’est mieux qu’un magazine style CB news et ses pages de pubs

  16. Prométhée, comme tu le dis toi-même, Google fait de l’argent comme Coke. Le problème, c’est que cette commercialisation touche à quelque chose qui n’est pas négociabble : la culture, l’information, notre vision du monde en général. Je pense que les éditeurs francophones font fause route et ne comprennent pas la révolution en cours. Mais je peux comprendre ce type de réaction épidermique face à l’arrogance de cette boîte. Et non, je ne suis pas un vilain réactionnaire anti-Google que j’utilise tous les jours comme vous. Mais il n’y a aucune façon « définitive » de classer l’information. Celle de Google est une parmi de nombreuses autres existantes et elle dénote une conception bien particulière de la démocratie. Le tout est de le savoir et de ne pas prendre Google comme la source d’information ultime et universelle.

    Damien, je t’assure que les académiques ont le droit et même le devoir de donner leur opinion et de défendre un point de vue. Si, si. Et ce n’est pas du populisme. C’est même une des meilleures façons de lutter contre.

  17. Autant j’ai l’impression que l’on s’écarte de manière très importante du sujet initial du débat, autant je ne puis résister à t’exprimer mon opinion…

    S’agissant de la production culturelle, celle-ci est par définition négociable et commercialisable comme tout autre bien, avec certaines nuances selon les sensibilités des sociétés ou culture. En Europe, nous avons fait le choix, par exemple, de ne pas « commercialiser » l’enseignement ou d’appliquer des quotas de production locale sur nos antennes télévisées, aux Etats-Unis, ce n’est pas le cas ou quasiment. C’est un sujet aussi vaste et polémique sur la scène du commerce international (cf. OMC/Unesco) que je ne vois pas bien le lien intrinsèque avec Google.

    Concernant ce dernier point et eu égard à tes interventions précédentes, je regrette que tu te contentes seulement de lancer des accusations sur la firme californienne sans élaborer ton point de vue. A nouveau, je ne vois pas en quoi Mountain View diluerait l’information et la culture, comme je vois encore moins comment ce médium serait la source d’information ultime et universelle ?

    Sur le premier point, je me suis déjà expliqué déjà supra, sur la base de la presse du tiers-monde et de la diffusion culturelle du Sud. Concernant la seconde interrogation, n’es-tu pas en train de noyer le poisson en cumulant les faux-procès ? Est-il vraiment sérieux de prétendre que quiconque considère Google comme le médium ultime de l’information ?

    Il ne faut pas confondre un moteur de recherche avec une encyclopédie, une base de données de site internet avec un dictionnaire, une agrégation avec un lexique! Toi qui parlait de tes « amis académiciens », je suis surpris de lire ce genre de propos, tant c’est un peu considérer les gens pour des demeurés qui se contentent de dire « c’est vrai, je l’ai sur Internet! ».

    Pour finir, s’agissement des allusions au classement et à la démocratie, à nouveau, j’ai le sentiment que tes mots sont téléguidés par des présupposés mais tu n’apportes aucun élément factuel ou une hypothèse sérieuse pour conforter ton jugement. Quel serait donc la « conception bien particulière de la démocratie » dont tu fais allusion ? Du tiers-mondisme, nous passons à la conspiration ? Ce n’est pas vraiment sérieux…

    PS: lorsque tu fais référence aux académiciens et à leurs opinions, il m’étonne que tu présentes les faits à l’instar d’un bloc monolythique. De la même manière, ce n’est pas parce que le professeur A (ou sa cour d’assistants) a une opinion sur un sujet qu’il est lui même la Bible, un professeur B a très souvent une opinion différente et c’est à la communauté scientique de trancher à terme. La science, ce n’est pas le populisme, certes, mais ce n’est pas non plus l’approximation des truismes!

  18. Et si on se retrouvait un soir, entre bloggueurs, pour causer de tout ca. La SAJ est « faite pour ». On a des locaux et un frigo. Il n’y a qu’à choisir une date.
    Al
    (pas une soirée tupperware et sans « obligation d’achat » évidemment)

  19. @ Denis : Si, si… les journalistes du Soir touchent un % du Ch d’affaires réalisé par Le Soir grâce aux licences que nous avons accordées au Soir. Tant que ce CA n’atteint pas certain niveau un « forfait » est versé à la SAJ et rétrocédé aux auteurs journalistes. On est pour l’instant dans ce système forfaitaire… faute de chiffre d’affaires significatif.
    Si Google avait payé son dû à Rossel… peut être ce plancher serait-il enfin dépassé ? Pour l’heure les journalistes du Soir recoivent quelques centaines € par an. Ils sont parmis les mieux traités dans le pays. D’autres n’ont pas eu la chance de pouvoir choisir de se faire défendre par une société de gestion. Ils ont du abandonner leurs droits à leur éditeur contre rien ou contre des cacahuettes. Pour ces éditeurs, évidemment, Google sera la poule aux oeufs d’or.

  20. Tout d’abord, merci à Alain Guillaume de rappeler ou d’apprendre aux internautes que les journalistes ont bataillé, avec des succès hélas divers, pour obtenir la juste rétribution de la réplication de leur travail dans un média différent (site web, chaîne radio ou TV, magazine, etc.). Ensuite, il convient de ne pas oublier que, si la liberté de la presse ouvre à quiconque, le droit de s’exprimer dans les médias, cela ne fait pas de ce quiconque un « journaliste professionnel ». Il ne s’agit nullement d’un hasard si les plumitifs d’une époque héroïque se sont coalisés pour obtenir la reconnaissance légale de leur spécificité professionnelle, assortie d’ailleurs d’une stricte déontologie, que l’on souhaiterait voir davantage respectée par des éditeurs s’identifiant à des marchands de papier.
    La presse écrite subit, ce n’est pas un scoop, une érosion continue de son lectorat; l’information télévisée est aujourd’hui en butte au même écueil; les « new’s magazines » accusent des turbulences compensées par une popularisation-caniveau des sujets abordés (voyez la dérive du monopolistique « Vif »). Bref, c’est tout le monde de l’information professionnelle qui se voit profondément remis en question par ses destinataires. Les agences de presse n’y sont pas en cause. Souvent, elles trouvent leur origine dans la nécessité économique de pallier les coûts exorbitants d’un réseau étranger. Notez d’ailleurs qu’un pays tel le riche Luxembourg ne dispose d’aucune agence tandis que ses multiples publications (six quotidiens, quatre à cinq new’s hebdos dignes de ce nom, etc.) bénéficient d’une générosissime aide à la presse: les gouvernements successifs jugent justement que le débat démocratique exige un pluralisme d’expression et se gardent bien d’intervenir auprès des rédactions même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous…
    Et, voici que Google repointe son nez. Très bizarrement, le moteur fait l’impasse sur la presse luxembourgeoise, à de très rares exceptions près. Les quotidiens ont le plus souvent droit à un assourdissant silence. A l’inverse, une feuille de chou hebdomadaire est abondamment relayée: son « fiel » d’éditeur est non grata en Belgique, tant son casier judiciaire pénal (il ne s’agit certes pas de délits de presse: escroqueries, menaces, coups et blessures, vols, chèques en bois, tout le code y passe sinon l’homicide) y est chargé. Qualifier cette feuille de torchon serait d’ailleurs injurieux pour les ménagères qui n’en voudraient point pour récurer un WC. L’autre exception luxembourgeoise est un mensuel prétendument économico-financier, dirigé par des Belges. N’y cherchez aucune analyse, ni d’ailleurs aucun article original: malgré son nom naguère prestigieux, il recense les communiqués des institutions (para)financières et réserve le solde aux publireportages. Adressé à plus de 95% gratuitement – moins de 5% de couillons acquittent cher et vilain un abonnement -, le titre tire l’ensemble de ses ressources de la publicité et de la vanité de contributeurs gracieux.
    Joli modèle que celui de Google: d’un pays à la presse vivace, doté du plus haut ou deuxième pouvoir d’achat du monde, à la population souvent trilingue et largement diplômée, il fournit une image totalement faussée, rabaissée aux pseudos-scandales et à la communication institutionnelle. Autrement dit, le moteur se comporte comme un Fox New’s de bas étage. Voilà qui devrait nous donner à réfléchir. Car le modèle Nord-Sud dénoncé par d’aucuns se trouve à l’identique appliqué en Europe. Sans aucune justification économique, pas plus que d’absence ou de présence sur la Toile.
    Je n’y vois aucun complot de la part des Californiens. Tout simplement leur totale soumission à la brutale rentabilité (pourquoi sinon censurer les ‘nets chinois et autres?), leur vision purement américaine et mercantile, et leur parfaite ignorance d’un monde où leur succès leur confère désormais une responsabilité. Leur rappeler qu’ils s’apparentent, pour de très nombreux internautes, à un service public. Leur apprendre que le droit d’auteur est garant, dans un modèle capitaliste, du progrès de demain. Voilà la contribution de Copiepresse, de l’AJP comme des confrères étrangers qui, aujourd’hui, relaient le combat bruxellois. Après tout, s’il se conformait à la logique de Google, la juridiction pourrait lui enjoindre de rendre publics ses précieux algorithmes et chacun, libre de les améliorer, se concocterait son propre moteur de recherche.

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