Denis Robert et l’Affaire Clearstream

Le journaliste Denis Robert, auteur entre autres du livre « Révélation$« , du documentaire « Les Dissimulateurs » et du film « l’Affaire Clearstream », revient sur son blog sur la demande de mise en examen (inculpation) dont il fait l’objet par le parquet de Paris pour « recel d’abus de confiance » dans le dossier dit « du corbeau », qui hante les couloirs de la République française

(…) Je ne suis pas d’un naturel inquiet surtout quand je sais d’où ça vient et ce que j’ai fait… Je me suis blindé… Pourtant, une étape supplémentaire dans la bêtise, la collusion entre pouvoir financier et politique et le cynisme vient d’être franchie… (…)

(…) Clearstream, et son armée de juristes et d’avocats, avaient cru bon de se constituer partie civile dans le dossier du corbeau et de chercher à nous coincer sur le thème « du vol et recel de vol de secret bancaire ». Ils se sont rendus compte, pour des raisons de prescription, que ce motif ne tenait pas… Ils se sont donc creusé la tête… Je dis « ils » car je mêle ici Clearstream et le parquet de Paris…Les avocats de la banque des banques ont forcément consulté les magistrats… Des intérêts communs sont vraisemblablement nés… Pour Clearstream, la question est toujours la même : comment coincer Denis Robert et son nouvel informateur l’informaticien Florian Bourges ? Pour le Parquet, courroie de transmission de la Chancellerie et de Matignon, la question pourrait être : comment inventer de nouveaux rideaux de fumées dans cette affaire ? (…)

(…) Je ne suis pas le marginal isolé qu’aimeraient beaucoup que je devienne les marionnettistes de l’affaire Clearstream.e trouve que le Parquet de Paris et son représentant Jean Claude Marin, legarde des Sceaux Pascal Clément et le Premier Ministre Dominique deVillepin, forcément associés dans cette atteinte grave à la liberté d’écrire et de penser, ont cette fois poussé le bouchon, très loin. Trop loin. Il faut se croire vraiment intouchable à vie, il faut être très cynique et très peu soucieux de justice et de démocratie, pour se lancer dans une pareille bataille. Rien de ce que ces trois tristes personnages viennent de monter dans ce petit trafic n’est honorable (…)

à lire aussi le résumé du Nouvels Obs sur les enjeux pour les acteurs de ce dossier et les 3 questions posées à Denis . Voir aussi l’article de Reporters Sans Frontières qui lui apporte son soutien, le podcast vidéo réalisé avec John Paul Lepers et la pétition à signer en faveur de Denis et de la Liberté d’Informer.

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links for 2006-11-03

Sondage Ex-Presse

Dans les commentaires du billet précédent sur la question presse gratuite/presse payante, Sioran lache: 

"Jamais je ne donnerais le moindre euro pour lire un article, même si
j’en donne deux de pourboire quand je me bois un verre à une terrasse
(suis un spécialiste)
Faut trouver autre chose…la presse papier c’est fini, time!!…Ca
fait des années que j’achète plus une quotidien et surtout plus de
mensuels spécialisés qui me coutaient la peau des fesses…Je trouve
tout sur le net

Et Paul d’ajouter:

"Je suis abonné au Vif L’express, j’achète Géo et National Géographic tous les mois mais actuellement, je ne donnerais pas un euro pour aller lire un article du Soir par exemple. A part en vacances, je n’achète pas de quotidien, pas le temps, pas envie,…

Entre les articles payants et la guerre avec Google, les journaux belges me semblent mal parti.

D’un point de vue purement pratique/écologique, les journaux "papier" seront de plus en plus un non-sens (Le prix de l’énergie n’ira pas en diminuant…). Un format adapté au web et un bon référencement c’est le minimum…

 
Perso, la dernière revue que j’ai acheté c’était il y a un gros mois, un nouveau truc sur les mac qui me parraissait bien mais qui ne l’était pas. J’ai aussi acheté un Trends-Tendances et deux Femmes d’Aujourd’hui (shame on me, je sais). Quand à la dernière fois que j’ai acheté un canard, ça devait être Le Pan, avant qu’il ne se décide à débarquer on-line 🙂 Pour les titres classiques, je suis servi au boulot mais je suis loin de les feuilleter tous au quotidien. Pour ce qui est de l’info qui me titille, j’ai récemment restreint ma liste de RSS First Class dans Netvibes à environ 150. Et plus ou moins 250 autres viennent aussi alimenter régulièrement mon informatïte aiguë 🙂

 
Et vous, vous achetez encore quoi comme "papiers" ? Genre, "Je sors vraiment de la tune de ma poche" …

Un vrai match de merde …

Le métier de journaliste sportif n’est pas toujours facile. Heureusement, avec un peu de spontanéité, les considérations les plus terre-à-terre peuvent parfois s’effacer et laisser place à la beauté du jeu … Ce n’est pas la première fois queGeorges me fait marrer dans ses commentaires, mais sur ce coup-là, il atteint sans problème le niveau 3ème dan (ceinture marron, off course)

Plus tard: oui, c’est con, mais moi ça me fait rire. Et que le premier qui n’a jamais souri en entendant ce nom me lance le premier étron  🙂

 

Gratuit vs Payant: quel avenir pour la presse en ligne ?

Deux très intéressants billets à lire chez Jeff Mignon et Benoît Raphaël à propos du débat gratuit/payant pour la presse en ligne. Avec des chiffres précis qui donnent une bonne idée du return consaté par les titres qui ont opté pour l’une ou l’autre statégie. Bien sûr, rien n’est joué, mais il est toujours bon de tordre le coup à certaines chimères, notamment celle qui veut que la mise en ligne gratuite mette automatiquement en danger la version print d’un quotidien.

Il n’existe à l’heure actuelle aucun chiffre attestant de la cannibalisation du papier par l’Internet, écrit ainsi Benoît, qui cite l’exemple de La Provence, qui n’a pas de site Internet, n’a pas non plus de concurrence en terme de news sur Internet, et qui perd beaucoup de lecteurs (…) Pour l’anecdote, le quotidien local américain « New York Post » qui publie son contenu gratuitement en ligne également, vient d’annoncer une progression de ses ventes de 5%.

Plusieurs exemples viennent également démontrer que sans volume, point de salut en terme de return publicitaire, et que ce volume ne peut s’obtenir qu’en supprimant le maximum de barrières entre le contenu et les lecteurs. L’Irish Times en a d’ailleurs fait la douloureuse expérience en passant au payant en 2001.

La situation est idéale : la marque presse la plus connue du pays, le nom de domaine le mieux référencé d’Irlande (trouvez mieux qu’ireland.com en Irlande !). Au départ, le site fournissait news et email gratuits. En 2001, ils ont réalisé une enquête auprès des internautes leur demandant s’ils étaient prêts à payer pour un service premium. 10% ont répondu oui. Mais quand le site est passé payant, seuls 3,5% ont accepté de payer ! Résultat : une chute de 76% du trafic. On est passé de 25 millions de pages vues en 2001 à 6 millions en 2002. En 2006, le trafic est remonté à 15,5 millions. Ce qui fait toujours une perte de près de 50% depuis 2001. L’abonnement entre pour 63% dans le CA du site, la pub 22%, les services 9% et la vente de contenu 3%. Aujourd’hui, le site atteint à peine le seuil de rentabilité. La seule marge de progression qu’envisage ireland.com aujourd’hui, c’est la pub : « Nous devons l’augmenter de 40% ». Oui, mais comment ?

Inversément, des journaux comme la Dépêche du Midi, Ouest France ou le Bien Public, qui ont opté pour une stratégie tout gratuit, voient leurs volumes en forte progression. Le quotidien régional autrichien Vorarlberg Nachrichten, gagne même de l’argent sur Internet. Son audience sur sa région est supérieure à celle de Google. Internet représenterait 10% de leur CA. Leurs prévisions seraient de passer à 20% en cinq ans.

La question c’est : est-ce que cette stratégie permet de dépasser, ou de prévoir de dépasser chiffre d’affaires qui aurait réalisé si on avait choisi l’option de la vente de contenu ? La réponse est oui. En terme d’audience : le Bien Public, par exemple, a enregistré une progression de +40% de ses pages vues en septembre 2006. Et + 20% de visiteurs uniques. Le prix du CPM (coût pour 1000 pages vues) sur la pub locale est autour de 20 euros (4 euros en moyenne), et il n’y a quasiment jamais de ristourne. Le CA et la fréquentation sur les petites annonces en ligne ont également progressé. Et en terme de chiffre d’affaires : le BP gagne de l’argent, son chiffre d’affaires est en progression constante. Et ses prévisions pour 2007 sont impressionnantes.

De son côté, Jeff constate que:

« Les sites avec le payant qui domine ont un trafic de très loin inférieur aux sites où le gratuit domine. El Pais a fait la dure expérience du passage au payant. Il est revenu au gratuit. Et, entre temps, a perdu sa place de leader sur le net au profit d’El Mundo. En France, le site du Parisien a, par exemple, perdu plus de 60 % de son audience depuis qu’il est passé au payant. Il ne génère que de très faibles revenus. Qui plus est, les ventes du Parisien seul ont reculé en 2005. »

D’une manière générale, Jeff souligne également que les investissements publicitaires en ligne sont en forte augmentation (+53 pc par rapport à 2005 en France. En Belgique l’Internet Advertising Bureau notait une progression de 35 pc entre 2004 et 2005, avec un montant global estimé à 55 millions).

Plus important encore, la part d’internet dans l’ensemble des investissements pub est en croissance de 2,3 % selon TNS Media Intelligence. Aux USA, les grands sites internets, type Google, MSN, Yahoo !, etc ont ramassé en 2005 27,8% du marché de la pub locale en ligne.

En Belgique, si on s’en réfère aux chiffres de l’IAB, les 55 millions investis en pub le web en 2005 représentaient 2,2 pc du gâteau publicitaire global (2,2 milliards d’euros), soit une proportion quasi identique à ce que TNS annonce. Ceci dit, il y a toujour sun sacré « gap » à franchir puisque internet représenterait déjà 20 pc de la consommation media en Europe. La part de marché d’internet étant, toujours selon l’IAB, de 5,9 pc en France et de 7,8 pc en Grande-Bretagne.

Personnellement, je serais assez intéressé de connaître les chiffres de consultation et le return publicitaire d’un journal comme le Soir, qui donne accès à ses archives sur une base payante (1 euro/article). Certains articles restent toutefois libres d’accès, mais je ne sais pas quelle stratégie sous-tend cette démarche. De même, si quelqu’un dispose de chiffres permettant de mesurer l’impact en terme de volume de la sortie des titres belges francophones de l’index de Google, je suis preneur.

Plus tard: Dans les commentaires, Paul dit ceci:

« Je suis abonné au vif l’express, j’achète Géo et National Géographic tous les mois mais actuellement, je ne donnerais pas un euro pour aller lire un article du Soir par exemple.
A part en vacance, je n’achète pas de quotidien, pas le temps, pas envie,…

Tiens, et vous, vous achetez encore quoi comme « papiers » ? (genre, « je sors de la tune de ma poche », pas « j’ai la gazette du boulot » hein !)

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links for 2006-11-01

  • Laurent (Embruns.net) taraduit la dernière sortie de Tim Berners-Lee (l’inventeur du Web) à propos de la nécessaire réécriture du code source de nos pages intenrent. Je n’y comprends pas grand chose, mais ça a l’air important 🙂
    (tags: internet code)
  • Une interview exclusive sur la télé du Guardian deTony Blair a été diffusée en même temps sur Internet et ouverte à la conversation. Le lendemain, une synthèse de l’événement (interview + commentaires) était publiée dans le journal.