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Les journalistes (politiques) doivent-ils faire leur coming out ?

La suspension d’antenne d’Alain Duhamel consécutive à sa déclaration d’intention en faveur de François Bayrou provoque moult débats chez nos voisins français. L’info date déjà de quelques jours mais j’aimerais avoir votre avis là-dessus. D’un coté, il y a cette nécessaire objectivité de façade qui met à l’épreuve les qualités intrinsèques du journaliste (au risque de l’hypocrisie la plus crasse), de l’autre cette inévitable proximité qui engendre un parti-pris, certes éclairé, mais latent de la part de ces « influenceurs » qui restent avant tout des êtres humains, faisant des choix et en principe les assumant …

Poussons la réflexion plus loin. L’opération d’étiquettage à laquelle se sont livrés les présidents de partis lors du Plan Magellan ertébéen ne démontre-elle pas à souhait que l’encartage politique des journalistes vise plus à rassurer les élus de leur emprise sur l’info que de lui assurer une quelconque « qualité » ? Je trouve personnellement que réduire un journaliste à une appartenance, ou supposée telle, idéologie politique est tout simplement une marque d’irrespect à l’intelligence de celui-ci. Mais …

Bon an mal an, un adroit « panachage » n’assure-t-il pas à l’Info un traitement plus équitable qu’une rédaction dont les membres se gardent bien de sortir du bois malgré d’évidents atomes crochus pour l’une ou l’autre formation/individus en coulisses ? La pire des conneries étant de croire en l’illusion d’une objectivité pur jus et indéfectible …

La transparence dont chaque journaliste pourrait donc faire preuve en disant « Je pense que » ne pourrait-elle pas être bénéfique à tout le monde ?

En premier lieu au public, qui saurait désormais sur quel pied danser en écoutant les analyses de X, ouvertement Réformatiste ou de Y, Socialisateur affirmé; ensuite aux journalistes eux-même, qui auraient enfin les coudées franches pour développer leur art et détricoter les discours et les enjeux (y compris, et peut-être même surtout, dans leur parti de prédilection !!!) et enfin aux politiques, qui pourraient à l’occasion se féliciter ouvertement d’avoir réussi à glâner quelques « bonnes notes » auprès de journalistes officiellement « contre eux » (puisque pas « avec »), preuve s’il en est de la pertinence de leurs arguments et de leurs actions (et, accessoirement, de ne plus se contenter de l’excuse « oui, mais ce fouille-merde est bleu/vert/rouge/orange, donc ça ne compte pas »)

Pour finir, ne serait-ce pas là un bon moyen de forcer une sortie de ce consensualisme mou dans lequel ils (les politiques) nous bercent entre deux élections (c-à-d à longueur d’année), de faire rejaillir des positions tranchées et honnêtement assumées (via des blogs perso ?!) au sein des rédactions et de permettre par la même occasion à la culture du débat de retrouver une réelle vitalité constructive auprès du grand public ?

Qu’en pensez-vous ?