Les références caricaturales, obsessionnelles et dangereusement minimisantes de Bart De Wever

(Article rédigé par Durum, du collectif de La Boulette. Comme d’hab’ dans ces cas-là, la discussion se poursuit chez l’auteur)

Il y a septante ans, le 29 septembre 1938 étaient signés les accords de Münich entre l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie scellant le sort de la Thécoslovaquie, les Sudètes, dans un premier temps, passant sous le giron du troisième Reich. La France et la Grande-Bretagne avaient fini par plier, acceptant cette fatalité au profit du maintien de la paix en Europe (l’histoire leur donnera rapidement tort). Elles disaient à cet égard avoir obtenu des garanties d’Hitler.Rentrant au pays, le premier ministre britannique Neville Chamberlain exhiba au siens « les textes de Münich ».
Septante ans plus tard, le 29 septembre 2008, dans le quotidien De Morgen, le président de la N-VA, Bart De Wever, vient de publier une carte blanche intitulée « Toute analogie avec des personnes ou des évenements actuels relève du pur hasard ». L’historien nationaliste y fait une comparaison nauséabonde entre le ministre-président Kris Peeters se félicitant d’avoir obtenu des garanties des francophones qu’ils s’engageront sur la voie d’une réforme de l’état, et le premier ministre Neville de retour de chez Hitler. Avec cette précision évoquant Neville: « lui encore, il avait un texte ».
Cette sortie de Bart De Wever intervient deux jours après d’autres propos tenus dans plusieurs journaux du samedi 27 septembre où il a comparé le gouvernement fédéral à celui de Vichy et Yves Leterme au Maréchal Pétain, telle une marionnette entre les mains des francophones.
On se souviendra qu’en 2007 M. De Wever s’était dit « conscient de la controverse qui divise les historiens sur l’histoire de l’Holocauste », en conclusion d’excuses après qu’il eut estimé « gratuite » la reconnaissance par le bourgmestre d’Anvers pour la participation des autorités de la Métropole à la mise en oeuvre du génocide juif.
On peut comprendre, entendre et reconnaître légitimes beaucoup de choses dans les revendications du mouvement flamand et de ses apendices nationalistes mais il apparaît de plus en plus clairement que Bart De Wever est bien l’incarnation de sa face la plus sombre, celle qui n’a jamais fait son examen de conscience par rapport à la collaboration et qui continue aujourd’hui à propager des idées de haine teintées de références historiques de plus en plus circonscrites à la mise en évidence du Völkisch. On imagine aisément la frustration de ce Max Aue de la politique, qui, entre diarrhées et vomissements, s’en va replonger dans ses livres d’histoire se rassérénant à la lecture de ces évocations. S’il devait exister, Bart De Wever serait un type (très) dangereux.

Durum

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