Fortis: Leterme I fait du « daytrading »

(Article écrit par Charles Bricman. Vous connaissez désormais la méthode: la discussion se poursuit chez l’auteur)

Gagner des sous avec Fortis, c’est (encore) possible… Mais il faut s’appeler Leterme ou Reynders et diriger un gouvernement pour y arriver. La démonstration est depuis quelques heures sur le site du Tijd: en quelques jours, le gouvernement a engrangé une coquette plus-value latente de 1,6 milliard en revendant pour 8,25 milliards (en actions BNP-Paribas) les trois quarts de la participation acquise, en deux fois, dans Fortis Banque Belgique pour 9,4 mds au total. Ce qui valorise donc celle-ci à 11 mds (8,25/0,75), d’où la plus-value théorique de 1,6 md (11 – 9,4).

Ce type de transaction étant par définition un jeu à somme nulle (ce que gagne l’un, l’autre le perd, et vice-versa), demandez-vous qui est cocu dans l’histoire. BNP-Paribas? Pas forcément, on verra à l’usage si ces 11 milliards étaient le juste prix. Mais plus sûrement le groupe Fortis, et donc ses actionnaires (dont vous?) qui ont cédé il y a huit jours à 9,4 toute une banque un peu bancale, qui a pu être revendue hier à 11… Une plus-value de 17% en quelques jours? Pas si mal…

En attendant, c’est vrai, Fortis conserve les deux tiers de la “Bad Bank” constituée avec ses actifs “toxiques”, valorisés à leur valeur de marché du jour, c’est-à-dire au ras des pâquerettes. Ce qui donne donc à une ancienne valeur de “bon père de famille” toujours logée dans bien des portefeuilles paisibles et véhicules d’épargne-pension, une petite coloration de fonds hautement spéculatif pour rogue traders expérimentés, voire de billet de loto. Ce à quoi Leterme faisait sans doute allusion quand il évoquait la perspective de dividendes pour les actionnaires du groupe…

On voit de drôles de choses, quand même, au jour d’aujourd’hui…

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