Alzheimer, Krugman, l’économie ouverte et Bruxelles

(Article écrit par Jean-Yves Huwart. Vous connaissez le principe: la discussion se poursuit chez l’auteur)

Je me faisais la réflexion cet après-midi: décidément, il ne fait pas bon être “ultra-libéral” (concept vague) en cette période. Après Ronald Reagan, décédé en 2004 de la maladie d’Alzheimer, Margareth Thatcher est lentement emportée aujourd’hui par le même mal neurodégénératif. Nous savons ce que diront les mauvaises langues.

Voici deux ans, décédait Milton Friedman, grand théoricien de la révolution reaganienne, pape de l’Ecole de Chicago et prix Nobel d’économie en 1976.  En 2008, c’est presque un anti-Milton Friedman qui reçoit le Nobel dans la discipline: le néo-keynésien Paul Krugman, grand expert de la mondialisation et columniste hors pair. Paul Krugman

C’est peu de dire que cela bascule aujourd’hui dans le monde. Ironie suprême, le Fonds monétaire international (FMI), en semi-chômage technique ces dernières années en raison du récent essor économique de l’Asie et, plus récent encore, de l’Amérique latine, a repris du service. Cette fois, pour aider les pays développés comme l’Islande, ou assister les sauvetage des banques européennes et américaines…

Ce qui ne change pas, par contre, c’est le détricotage de l’équipe BEL 20 et du tissu des grandes entreprises belges. Après la vente de nos fleurons à la France (surtout), il nous restait au moins quelques grandes banques. C’est donc terminé. Combien de temps nos deux grands groupes pharmaceutiques, Solvay et UCB, de taille moyenne à l’échelle internationale, pourront-ils demeurer seuls, isolés ? Le brasseur Inbev, après la reprise d’Anheuser-Bush, est désormais plus américain et brésilien, que belge.

Dans le contexte actuel de réflexion sur l’avenir de la Belgique, il serait bon d’intégrer ces nouveaux éléments, qui ne sont parfois que la confirmation d’une tendance à l’oeuvre depuis plusieurs années. Nous n’avons plus d’acteurs de poids. Mais nous avons une fourmilière de PME. Nous sommes l’une des économies les plus ouvertes du monde (les exportations représentent 87% du PIB).

Nous devons sans doute le devenir encore plus demain.  En misant (faut-il encore le dire) sur Bruxelles.Dans l’économie moderne, small is not beautiful. Comme dirait Seth Godin: Small is the new big!  Mais il est temps pour une nouvelle stratégie. Soyons confiants. Si, si !

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