« Il y a des jours comme ça … » #3

Il y a des jours comme ça où on découvre que la couleur de notre slip intéresse nos policiers et où on ne peut s’empêcher de douter du bon usage qu’ils en feront. (Via The Mole).  Des jours où se connecter sur le wifi du voisin peut vous amener en taule pour 1 an (via Pascal).

Des jours où on apprend que le « piratage » a globalement diminué en France et que Nokia continue à vouloir chatouiller iTunes sur son terrain. Des jours où l’éditeur de Guitar Hero rêve tout haut et n’hésite pas à dire que les maisons de disque ne le paient pas assez pour inclure leurs titres dans son jeu …

Il y a des jours comme ça où la rumeur d’un infarctus pour Steve Job fait chuter l’action Apple et où les espions du MI6 ne sont plus ce qu’ils étaient. Heureusement que Monique est de retour !

Sergei Brin est-il un grand malade ?

Le patron de Google Sergei Brin a récemment publié sur son blog un billet où il révélait que, grâce au séquençage de son génôme réalisé par la société 23andMe (dirigée par son épouse), il aurait découvert qu’il était atteint de la maladie de Parkinson.

En fait, comme le souligne Olivier Ertzscheid:

« D’un strict point de vue scientifique (si des généticiens me lisent, qu’ils n’hésitent pas à me corriger), les arguments avancés par Sergei dans son billet, et la manière dont ils le sont, peuvent effectivement l’amener à penser qu’il a peut-être plus de chances que quelqu’un d’autre d’être un jour atteint de la maladie de Parkinson, mais les mêmes arguments pourraient également l’amener à penser qu’il a plus de chances que quelqu’un d’autre de développer un ulcère du foie, un kyste à l’orteil gauche, un annuaire de recherche francophone ou une appendicite. (effectivement, ça se confirme …)

Car voilà bien tout le danger que représentent des sociétés comme 23andMe pour des clients lambda. Elles sont l’exact pendant technologique des voyantes et mediums du moyen-âge. En travaillant sur la peur, en instrumentalisant l’ignorance, en habillant « l’a peu près » des atours de la vérité scientifique, en présentant comme des faits scientifiques avérés des suppositions dont aucune n’est à ce jour prouvée, on crée, au pire, les conditions d’émergence de ladite pathologie, et au mieux, une jolie psychose maniaco-dépressive.

Et Olivier de poser à mon sens LA toute bonne question :

Le billet de Sergei Brin, sa position à la tête de l’une des plus grandes holdings de l’information et de la conaissance que le monde ait jamais connu, les relations maritales et financières unissant le même Sergei Brin aux sociétés actuellement leader sur le (super)marché du séquençage génomique personnalisé (Google détient des parts substantielles dans 23andMe mais également dans son concurrent direct, Navigenics), tout cela pose par ailleurs une question lancinante : voulons-nous d’un monde dans lequel les progrès et les principaux financements de la médecine devront parier sur le niveau d’hypocondrie de leurs grands dirigeants ou financiers ?

La recherche est-elle suffisament financée par les autorités publiques pour éviter d’être entièrement « livrée » au secteur privé ? (à moins que ça ne soit souhaitable ?) Comment faire pour que ces technologies soient accessibles à tous et surtout que l’usage qui est fait de nos données persos soit respectueux de nos droits ? Qu’en pensez-vous ?

Les employés de France Télévisions montent au créneau

La suppression de la publicité sur les télévisions du service public français sera bientôt une réalité (déjà après 20h dès le 5 janvier prochain) Certains s’en réjouissent, d’autres non. En fait, tout dépend de quel côté du portefeuille on se trouve mais idéologiquement les deux positions se tiennent. Et chaque camp utilise dès lors fort logiquement les armes dot il dispose pour se faire entendre (le lobbying d’un coté, la caricature de l’autre)

Dans ce cas-ci, des salariés de France Télévisions à travers une série de spots plutôt bien torchés.

Les autres vidéos:

Le Petit Prince, de Joann Sfar

petit_prince.jpgSans doute la bande dessinée la plus médiatisée de cette rentrée 2008, l’adaptation du “Petit Prince” de Saint-Exupéry par Joann Sfar sera l’occasion pour les amateurs de bande dessinée adultes et enfants de son (re)plonger dans ce conte classique, peut-être moins connu aujourd’hui que dans les années 70, mais qui sous le trait de Sfar pourrait bien connaître une nouvelle jeunesse.

En respectant scrupuleusement le texte et le récit, Sfar et les Editions Gallimard n’ont surtout pas voulu offrir au public une version adaptée, édulcorée d’une oeuvre pas facile, mais bel et bien redonner ses lettres de noblesses à un texte classique et unique. Pour cela il fallait faire appel à une forte personnalité, à un auteur autant confirmé à qui il incomberait d’incarner par le dessin, l’esprit du livre de Saint-Exupéry et surtout de donner une représentation graphique digne de ce nom au fameux petit Prince et à ses amis.

Dans l’ensemble le livre est réussi et bien à l’image de ce qu’on pouvait attendre de Sfar : réaliser une adaptation fidèle et suffisamment personnelle pour quelle mette ou presque tout le monde d’accord.
Bien à l’image de la collection Fétiche qui a pour vocation de présenter des adaptations de textes littéraires en bande dessinée, l’adaptation que propose Sfar met en avant, on l’a dit, un récit fidèle avec des dessins et des couleurs directs, très beaux, très accessibles. Reste à savoir si les parents, les enfants, les enseignants suivront.

Benoît Richard

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Le Petit Prince
Scénario & dessin : Joann Sfar (d’après l’oeuvre d’Antoine de Saint-Exupéry)
Editions : Gallimard, Coll. Fétiche
109 pages couleurs – 19€
Parution : 18 septembre 2008

Les références caricaturales, obsessionnelles et dangereusement minimisantes de Bart De Wever

(Article rédigé par Durum, du collectif de La Boulette. Comme d’hab’ dans ces cas-là, la discussion se poursuit chez l’auteur)

Il y a septante ans, le 29 septembre 1938 étaient signés les accords de Münich entre l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie scellant le sort de la Thécoslovaquie, les Sudètes, dans un premier temps, passant sous le giron du troisième Reich. La France et la Grande-Bretagne avaient fini par plier, acceptant cette fatalité au profit du maintien de la paix en Europe (l’histoire leur donnera rapidement tort). Elles disaient à cet égard avoir obtenu des garanties d’Hitler.Rentrant au pays, le premier ministre britannique Neville Chamberlain exhiba au siens « les textes de Münich ».
Septante ans plus tard, le 29 septembre 2008, dans le quotidien De Morgen, le président de la N-VA, Bart De Wever, vient de publier une carte blanche intitulée « Toute analogie avec des personnes ou des évenements actuels relève du pur hasard ». L’historien nationaliste y fait une comparaison nauséabonde entre le ministre-président Kris Peeters se félicitant d’avoir obtenu des garanties des francophones qu’ils s’engageront sur la voie d’une réforme de l’état, et le premier ministre Neville de retour de chez Hitler. Avec cette précision évoquant Neville: « lui encore, il avait un texte ».
Cette sortie de Bart De Wever intervient deux jours après d’autres propos tenus dans plusieurs journaux du samedi 27 septembre où il a comparé le gouvernement fédéral à celui de Vichy et Yves Leterme au Maréchal Pétain, telle une marionnette entre les mains des francophones.
On se souviendra qu’en 2007 M. De Wever s’était dit « conscient de la controverse qui divise les historiens sur l’histoire de l’Holocauste », en conclusion d’excuses après qu’il eut estimé « gratuite » la reconnaissance par le bourgmestre d’Anvers pour la participation des autorités de la Métropole à la mise en oeuvre du génocide juif.
On peut comprendre, entendre et reconnaître légitimes beaucoup de choses dans les revendications du mouvement flamand et de ses apendices nationalistes mais il apparaît de plus en plus clairement que Bart De Wever est bien l’incarnation de sa face la plus sombre, celle qui n’a jamais fait son examen de conscience par rapport à la collaboration et qui continue aujourd’hui à propager des idées de haine teintées de références historiques de plus en plus circonscrites à la mise en évidence du Völkisch. On imagine aisément la frustration de ce Max Aue de la politique, qui, entre diarrhées et vomissements, s’en va replonger dans ses livres d’histoire se rassérénant à la lecture de ces évocations. S’il devait exister, Bart De Wever serait un type (très) dangereux.

Durum