Ni dieu, ni maître

(Billet écrit par La Boulette. La discussion se poursuit chez eux)
A 25 ans du 2OOOème anniversaire de la mort du Christ, il nous apparaît que le troisième millénaire emporte sur son passage toutes nos certitudes, balayant du même coup toutes les icônes en vogue.
A l’heure où la crise financière a renvoyé aux calendes grecques Adam Smith et sa clique de doigts (d’honneur) invisibles, où soeur Emmanuelle ne semble pas vouloir nous revenir en soeur Emmanuelle II, malgré un médiatique dernier doigt invisible; à l’heure où le Dalaï-Lama semble implorer soeur Emmanuelle d’un coup de pouce pour soulager ses douleurs abdominales, à l’heure où personne ne s’annonce comme le digne successeur de Zinedine Zidane, cette Jeanne d’Arc du ballon rond; où Justine Henin a remisé sa raquette pour profiter de son pactole monégasquement éludé et continuer à dispenser ses bonnes oeuvres, où l’idole des jeunes (MR) DJ Reynders a vu son remix fiscal scratché par les bourses (ah les bourses, soeur Emmanuelle!!), où Maurice Lippens a les boules de golf (ah les boules, chère Emmanuelle!!!), où la crise financière a noyé le-débat-climatique-renvoyant-au-second-plan-l’éternelle-‘aura-t-on-de-la-poudreuse-à-Noël?’, où Tomeke Tomeke Boonen a lui sombré dans la poudreuse bien avant Noël, où ce pas très sexy pédé de Jörg Haider se crashe à 140 en dépassant une dernière fois à l’extrême droite, où PPDA devient une victime après avoir été le roi de l’intox journalistique sa carrière durant, où la StarAc en est à ses derniers balbutiements, non, non, non, on ne voit pas, décidément, après les disparitions de Jean-Paul II (rien à voir avec Votron), de l’abbé Pierre et sa p’tite copine la mère Thérèse, qui, en ce 21ème siècle, dont Malraux avait dit qu’il serait religieux ou ne serait pas, qui pourrait revendiquer un statut d’icône.
Car paradoxe, si le retour du religieux est malheureusement bien au rendez-vous en ce troisième millénaire, il semble en panne de dieux. Notre monde globalisé renvoie dos à dos ces caricatures de bas relief que sont sa sainteté présumée Ingrid Betancourt, God-Bless-You-Barack-Obama (ah Gode Bless You, Emmanuelle!), le camarade évangéliste Hugo Chavez, le champion derrière derny mollah Omar voire… les tristes ressuscités de Guns N’Roses (et attention, on nous annonce un retour commercial des Smiths!). Et ne parlons pas des fabuleux Trust qui viennent de réussir le hold-up parfait en spoliant leurs fans de 35 euros à l’AB avec la collaboration de ce trust antisocial qu’est Live Nation. Ceux-là ont dû croiser sur leur route Nicolas Sarkozy, l’iconoclaste président bling-bling devenu chantre du verbiage d’Epinal enrobé de sauce social-démocrate.
Non, franchement et décidément non, il n’y a plus d’icône. Et c’est très certainement une bonne chose.
Goodbye, Emmanuelle. On était à deux doigts de vous regretter.

Durum

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