La fin du mythe du Web 2.0 ? Que Nenni !


Chronique diffusée ce lundi 4 mai dans Matin Première (RTBF)

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Diffusée la semaine dernière par la société Visible Measures, le contenu de cette liste a en effet suscité bon nombre de réactions. Comme le souligne Alain Eskenazi, sur Techcrunch, « ce classement ne nous apprend pas grand chose si ce n’est que le haut du classement est plutôt dominé par des vidéos professionnelles. Seuls 4 clips générés par les utilisateurs font partie du Top 20 ; contre 8 clip vidéos clips musique (destinés à la Télévision au départ), 4 bandes annonces de films, ou encore 2 extraits de shows TV (comme la vidéo de Susan Boyle, par exemple.) »

La fin du web 2.0 ?

Oui et non. En fait le web a changé en profondeur le rapport que la télévision entretenait avec elle-même. Dans deux excellents billets (1 et 2) dont je vous recommande chaudement la lecture, Guillaume Narvic estime que « la télévision découvre subitemment qu’internet n’est plus le lieu de tous les vices, comme des reportages complaisants ne cessaient pourtant de le marteler. D’abord, elle a réalisé que ce sont ses programmes que l’on plébiscite sur internet, que c’est son public qui se trouve aussi sur internet, et que le net peut être alors un très puissant outil pour rejouer le jeu du miroir, avec un lien plus direct encore avec le public que par les autres techniques utilisée. », constate-til

Les chiffres confirment

Le site Numerama nous rapporte en effet que « selon une étude de The Diffusion Group, les vidéos personnelles ou réalisées par les internautes devraient représenter en 2009 42 % des vidéos streamées sur Internet, mais générer seulement 4 % des recettes. Au contraire, 58 % des vidéos streamées seront des vidéos “professionnelles”, et celles-ci devraient générer 96 % des revenus. »

Dans la jungle du web, ce sont les télévisions traditionnelles qui sont en position de tirer les marrons du feu. Comme le dit encore G. Narvic, « Elles ont trouvé là un moyen d’apprivoiser internet et de l’exploiter à leur profit, qui coûte peu et rapporte beaucoup. »

Le web participatif, celui qui met les amateurs en position de force par rapport aux professionnels serait donc incapable de générer de l’argent, condamné à terme ?

Certes, comme l’écrit Fabrice Epelboin sur Owni.fr, « Ce rêve béta d’un monde dont l’information et la culture ne seraient créés et véhiculés que par les amateurs, est non seulement idiot, mais bel et bien enterré. Pour la première fois de l’histoire, la télévision, un vieux média, cette vénérable vielle dame a su utiliser le web social et montrer sa puissance que l’on croyait endormie. Le plus grand mega hit buzzométrique de l’histoire est le fait d’une chaine de télé. »

Faut-il pour autant être désespéré et jeter le bébé collaboratif avec l’eau du bain 2.0 ? Que nenni ! Les choses ont changé, durablement et en profondeur. Plus jamais une chaîne de télé ne se permettra désormais de snober le web et ses habitants. Car une grande partie de son public s’y trouve et lui renvoi l’image qu’elle aime tant avoir d’elle-même. Celle du media capable de toucher le plus grand nombre, qui fait et défait les réputations et porte aux nues ceux qui la font.

Le web a engendré une multitudes de nouvelles voix, le talent de créateurs et d’artistes en tout genre y éclos chaque jour. L’audience ne sera plus jamais une et indivisible et les publics cibles seront toujours plus nombreux. Croire que pousser des contenus dans des tuyaux à sens unique fonctionnera comme à l’époque de l’ORTF est un leurre, penser que les amateurs généreront des millions en dansant devant leur webcam dans leur salon aussi !

Comme le souligne encore Fabrice Epelboin, « Les vieux média peuvent désormais se saisir du web social, s’y renouveler, s’y réinventer, certains diront s’hybrider. Il y a fort à parier que bon nombre y arriveront. Bien sûr, il y aura beaucoup de morts, mais c’est toujours le cas quand une météorite frappe une planête naguère bien tranquille. »

Et Guillaume Narvic de conclure: « Quand la presse d’information constate amèrement que les sites des journaux en ligne américains ne comptent que pour 1,2% du temps passé en ligne des internautes (en anglais), la télévision s’est dit, grâce à Susan Boyle, que son cas était peut-être moins désespéré… La mariée n’est plus toute jeune mais elle sait encore plaire. Elle sait toujours y faire et ça marche encore… »

 

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Aucun commentaire

  1. Ce qui est toujours amusant c’est l’histoire du marteau, du clou et de l’enclume.

    Pourquoi toujours et encore ne considérer qu’un seul modèle de revenus CELUI DE LA PUBLICITE?

    Au royaume des aveugles les borgnes sont souvent SOURDS !!!

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