Sabam vs Youtube: quels enjeux pour les artistes ?

Depuis 24h, plusieurs dizaines de clips musicaux réalisés par des amateurs et mettant en scène des artistes belges ont été supprimés de Youtube.

[audio:http://api.ning.com/files/ZAffpSgzDctjONO8vyS7F5iHBm2Yt3DqiucLJ3iRUo8VmWjPdKVXuG9Rb-TKI5Yu/sabamvsyoutube.mp3]
En cause, le non respect de la législation en vigueur en Belgique en matière de droits d’auteurs constaté par la Sabam, la société qui gère ces droits pour le compte des artistes (l’équivalent de la Sacem en France).
Cette dernière explique n’avoir jamais demandé la suppression des ces clips et refuse donc de porter le chapeau de l’échec des négociations.
http://www.ramsabam.be/img/witlogo.gif
Au vu des premières réactions, notamment via le site « RamSabam.be » et le groupe Facebook associé (2.434 membres à l’heure où j’écris ces lignes), il semblerait que l’action de la Sabam ne soit pas particulièrement comprise/soutenue par les internautes.
La Sabam a-t-elle eu raison de provoquer ce clash ? Le refus de Google de négocier sur ce point est-il justifié/justifiable ? La Sabam a-t-elle agi sur commande des majors ? Qu’en pensent les artistes ? Au-delà du manque à gagner immédiat, n’y a-t-il pas un risque « marketing » à fruster leurs fans en réclamant la suppression de leurs « oeuvres » non autorisées (comme ce fut le cas en janvier aux USA avec Warner) ? (update: lire à ce propos le billet de Steven Van Gaever « Sabam – reputation beyond repair ? » Quelles modifications faudrait-il apporter à la législation actuelle pour qu’elle « colle » mieux aux réalités de l’économie numérique ?.
Qu’en pensez-vous ?
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Une réponse à Sabam vs Youtube: quels enjeux pour les artistes ?

  1. Michael dit :

    Il n’y a pas de manque à gagner, puisque YouTube ne payait pas de droits jusqu’à présent. Et je parle en tant que quelqu’un dont les titres ont eu plusieurs milliers de visions. Donc, d’un côté au moins, la question est très simple.

    Il est évident que YouTube fait partie intégrante du paysage musical et qu’une solution sera trouvée. Mais il est à noter que YouTube a retiré les clips d’énormément de titres des majors du YouTube UK il y a quelque semaines déjà, et qu’il y a aussi des « discussions en cours » avec la Gema en allemagne.

    Donc, effectivement, la Sabam est traitée comme les autres sociétés d’auteurs et est coupable… d’avoir demandé ce qu’elle est mandatée de demander aux radios et télévisions déjà. Principe de négotiation chez YouTube: le forcing.

    La question des droits n’est pas banal, puisqu’en plus d’être une radio ou télévision à la demande, YouTube est aussi une source de musique gratuite. Depuis que j’ai acheté un lecteur mp3 et ai installé le logiciel, je peux télécharger les clips. Donc, on se trouve en face d’un grand site qui permet l’échange massive de musique sans rémunération. Ca rappelle quelque chose à quelqu’un? 😉

    Personellement, je trouve qu’il faudrait instaurer une licence globale, comme pour les télévisions. Mais ça mettra du temps à faire car il faudrait le faire au niveau européen.

  2. Ping : Is de reputatie van SABAM nog te herstellen? door Steven Van Gaever at Pekes en Ertjes

  3. jemery dit :

    L’enjeu c’est de savoir qui est le plus fort … qui a le pouvoir ?
    Pour moi, cela ne fait aucun doute que c’est google qui a le pouvoir sur la SABAM.
    Leur stratégie de suppression de clip prouve 2 choses, qu’ils peuvent les supprimer sans que les utilisateurs en tiennent compte à Youtube … et la seconde chose c’est que les gens restent même si certains artistes ne sont plus disponibles. Donc google est gagnant sur toute la ligne … Google de part son implantation et taux d’utilisation est en situation de force comparer à la sabam .
    La Sabam aux yeux des internautes est le méchant car elle a demandé la suppression des clips (du moins elle a demandé son dû …et le respect de droits d’auteur qui a entraîner la suppression )
    De plus, il y a une perte dans la visibilité des artistes lié à la SABAM.
    Cette histoire me rappelle les bras de fer entre grande distribution et les fabricants de soda …
    sur le paiement des marges arrières, et des placements de produits …
    A l’époque, Leclerc avait demander à coca cola de payer … ils avaient refusés donc Leclerc a retiré des rayons les boissons coca cola mais au bout d’un petit moment Leclerc les avaient remis en rayon à cause de la grogne des consommateurs qui voulait du coca cola … Ce fût le seul qui a fait céder Leclerc, Pepsi lui avait payé …
    bref c’est une questions de gros sous et cela se reglèrera par un chèques pour la Sabam et pendant ce temps le téléchargement illégale continuera …
    Seul moyen pour contrer google que toutes les société de droits négocie de façon unitaire avec lui… car youtube sans music … là y aura baisse d’audience et là google sera en position de faiblesse …

  4. Michael dit :

    Il rappelle aussi la gue-guerre entre MTV et les labels il y a une quinzaine d’années. Les seconds ont commencé à exiger des paiements pour leur clips, ne voyant pas trop d’un bon oeil que les coûts de production des programmes MTV étaient finalement sur leurs épaules. Même discours: « mais c’est de la promo – vous vous rendez compte, votre clip sur MTV? » Pour ne pas finir comme une chaîne de clips amateurs, MTV a accepté de payer les clips.

    Le parallèle avec Coca-Cola et Leclerc n’est pas le même, puisque YouTube ne vend pas de la musique – bien au contraire! Il pourrait même remplacer des ventes.

    Le fonctionnement du système des droits d’auteur était connu de tout le monde à l’avance. Pourquoi ne pas avoir construit un modèle économique qui en tient compte au moment de le créer? Est-ce que les auteurs doivent se plier à chaque start-up qui démarre et qui – curieusement – choisit d’offrir de la musique (donc, de la propriété d’autrui) gratuitement aux visiteurs?

    Ce n’est pas YouTube contre la Sabam, donc à travers elle les auteurs, c’est YouTube contre la Sabam ET la PRS (Royaume-Uni) ET la Gema. Je n’ai pas regardé, mais la Sacem ne doit être loin non plus. Peut-être que ce sera au niveau international que ça se passera.

    La logique « YouTube est plus grand donc la Sabam doit la boucler » ne nous mènera pas loin. Est-ce qu’il est plus important de se plier devant les exigences d’un grand groupe industriel ou de soutenir la création? Chacun répondra.

    Mais je repète: une solution sera trouvée. La musique et YouTube fonctionnent bien ensemble dans l’absolu. En attendant, si vous cherchez le clip d’un artiste belge ou d’un major brittanique, pourquoi ne pas le regarder sur leur site. Vous les trouverez facilement sur… Google!

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