Journaliste et militant pour un internet libre

Par définition, le journaliste professionnel doit tendre à l’objectivité, détailler les faits et se poser au-dessus de la mêlée afin de fournir une analyse la plus impartiale possible. Difficile donc de nier l’incompatibilité fondamentale à se revendiquer journaliste et, dans le même temps, à militer activement pour une cause, quelle qu’elle soit.

Net Neutrality from Flickrs Robin Dude
"Net Neutrality" from Flickr's Robin Dude

Mais pourriez-vous un seul instant imaginer un journaliste qui soit fondamentalement opposé à la liberté d’expression ? Un rédacteur en chef d’une radio ou d’une télévision qui défendrait la censure exercée par une dictature ? Un patron d’un journal qui accepterait sans broncher une injonction judiciaire dictée par une junte militaire ?

Autrement dit, peut-on être journaliste sans être viscéralement attaché à la liberté de la presse ?

Difficile de répondre autre chose que « Non !  » …

Alors pourquoi en serait-il autrement pour le web ?

Peut-on décemment se revendiquer journaliste et ne pas militer implicitement pour un internet libre, ouvert, non filtré, respectueux des droits et libertés fondamentales des individus à l’utiliser pour s’exprimer ? Peut-on user de cette liberté de parole pour gagner sa croute et feindre d’ignorer que certains veulent la surveiller de manière systématique et restreindre l’usage des supports via lesquels elle s’exprime à leurs seuls affidés ?

Est-ce qu’assumer ouvertement cette part de subjectivité rend moins crédible ou moins fiable un journaliste dans son traitement de l’information, qu’elle soit technologique, économique, sportive, musicale, cinématographique, …  ?

Ce qui rend le journalisme si nécessaire à la bonne santé d’une démocratie, n’est-ce pas le fait que son exercice-même soit conditionné par la défense de certaines valeurs ?

Comme une sorte de militantisme naturel en faveur de la liberté pour tous d’ouvrir sa gueule sur le mode de son choix …

MAJ: 20H00

Pour ceux que la discussion intéresse, L’Association des Journalistes Européens (AJE) organise mercredi prochain (le 31 mars à 11H) une conférence-débat sur le thème « Liberté de la presse, liberté numérique : deux combats inséparables ? », avecJean-François Julliard, directeur de Reporters Sans Frontières et Jérémie Zimmermann cofondateur et porte-parole de la Quadrature du Net.

Adresse:  Centre d’accueil de la presse étrangère
Grand Palais – Cours la Reine – Perron Alexandre III –  75008 Paris
métro : Invalides / Champs-Elysées Clémenceau
Confirmer via le groupe Facebook de l’AJE.

A lire ailleurs, liens du 17 au 27 mars

Magazines and newspapers aren’t the only media eying big benefits upon the iPad’s arrival: TV is poised to use the device in new ways, including creating interactive, social apps designed to be used while watching live programming.
MTV Networks, for example, is developing a « co-browsing app meant to be used while watching live TV, » said one executive familiar with MTV’s iPad plans. « This means the iPad could be the appendage that makes interactive TV a reality. »

The Times and The Sunday Times will start charging for their websites from June, it was confirmed today.
News International, the newspapers’ parent company, announced that readers will be offered a day’s use for £1, or £2 for a week’s subscription. Readers who have a seven-day subscription to the print editions will not be charged extra for access to the websites. International pricing has been set at $2/€1.5 a day or $4/€3 for a week.

Startup incubator Y Combinator is hosting its semi-annual Demo Day today. Twice a year, the Mountain View, Calif.-based incubator parades its latest batch of companies onstage to present before potential investors.
This afternoon, 26 companies will pitch their business plans. Approximately half of them have not yet launched. We’ll be in Mountain View to cover the ones that catch our fancy.

With the help of reporting readers the political blog Talking Points Memo revealed the political pattern behind the sudden departures of United States attorneys in the Bush era, as readers accumulated evidence from around the country on who the axed prosecutors were.

Following the introduction of the Choice Screen in Europe, Opera Software is experiencing a dramatic uptake on downloads of its latest browser, Opera 10.50. After the Choice Screen launch in early March, on average, more than half of the European downloads of Opera’s latest browser come directly from the Choice Screen.

The 4chan site is a jumble of content, hosting anything from pictures of cute kittens to wildly disturbing images and language. As Gawker’s Nick Douglas described in 2008, areas of the Web site involve people hoping to “shock, entertain, and coax free porn from each other.” One of the largest Web forums in the United States, the site continues to influence mainstream culture. Here is an edited and condensed version of my chat with Mr. Poole

There’s another gadget to add to the ever-growing and busy list of Google Android-based devices. But this one is a bit bigger than a handheld.
About to make its official launch at the Beijing Auto Show next month, the Roewe 350 hosts a system that will keep drivers and passengers connected to the web while on the open road.

[WebTv] A quoi servent les laboratoires des médias ?

Merci à Robert Ménard et à toute l’équipe de de Médias2 de nous avoir invité à présenter le RTBF Labs dans cette web-émission consacrée aux laboratoires des médias

« Avec la multiplication des innovations numériques et la crise de la presse, le monde des médias cherche à la fois un nouveau modèle mais aussi à participer à cette révolution en cours. De plus en plus de médias associe à leurs fonctionnement un laboratoire, sorte d’antichambre du modèle média du 21ème siècle. Mais qu’est-ce qu’un laboratoire des médias? A quoi sert-il et comment fonctionne-t-il? Plus important encore, est-ce la solution pour le journalisme, confronté à ses multiples crises? »

En plateau avec Olivier Porcherot, Philippe Couve et Valérie Jeanne-Perrier

Vous pouvez encore lire le New York Times sur papier …

… mais aussi assister en vidéo à la réunion de rédaction.

Peu importe le support d’origine d’un média, avec le numérique tout le monde est en concurrence avec tout le monde. Cet acte de « transparence » de la part du New York Times en dit très long sur l’état d’esprit qui règne dans cette vénérable rédaction (jetez à ce propos un oeil aux expériences menées au sein de leurs Laboratoires, ils sont très très fort !)

Loin du gadget (regardez bien ce TimesCast, il est scénarisé, monté, sonorisé, fignolé comme un vrai sujet …), cette initiative montre à quel point le shift qui est en train de se dérouler n’est pas du tout d’ordre technologique, mais bien philosophique.

Le Timecast du NYT: plongée au sein de la rédaction
Timecast: Un petit bijou de Community Management

Si je ne doute pas un seul instant que des questions du genre « et mon droit à l’image ? Et mon surplus de travail ? » ont dû survenir lors de la préparation de cette capsule,  les moyens mis en oeuvre pour la réaliser n’ont certainement pas dépassé deux petites caméras, un laptop et quelques heures de travail pour un individu capable de s’en servir pour raconter une histoire. Un investissement, certes, mais amplement justifié et dont la rentabilité à long terme est à mon sens assurée.

Outre la reliance qu’il crée avec les utilisateurs (le feedback que la rédaction va pouvoir récolter par ce biais va être qualitativement très intéressant à analyser), l’objet lui-même est conçu comme faisant partie de l’offre du NYT (cfr. le pré-roll publicitaire)

A nouveau, ce n’est pas tant le support qui est important que la manière de l’utiliser pour adresser un message, et surtout l’intention qui guide cette action. La transparence a du bon, sauf quand elle n’est qu’un cache-sexe ou un faire-valoir…

A quel(s) Saint(s) se voueront les traders de Google ?

C’est Business Insider qui a repéré l’annonce publiée récemment par Google. Assis sur une montage de cash, le géant de Mountain View aurait en effet tort de ne pas chercher à faire fructifier ses dividendes sur le marché boursier (cela ferait déjà plus de 10 ans que Microsoft possède une salle de marché interne)

Si Google s’évertue à répeter que son métier n’est pas de produire de l’information, force est de constater qu’il compte bel et bien se servir des petaflops de données engrangées (avec la bénédiction béate de ses utilisateurs) pour atteindre de nouveaux objectifs commerciaux. L’information c’est le pouvoir, surtout quand il ne faut pas se faire chier à la produire …

Reste à voir si ces investissements seront à la hauteur de son mantra « Don’t be Evil » et que pas un kopek n’aboutira dans des fonds spéculatifs visant, par exemple, à mettre la Grèce à genoux ou à soutenir l’industrie des mines anti-personnelles …

Image: Steve Price’s Flickr

GB: Tous les services publics en ligne d’ici 4 ans

Selon le Times, le premier ministre Gordon Brown présentera demain/lundi un ambitieux plan visant la mise en ligne de tous les services publics britanniques d’ici les 4 prochaines années. EDIT:D’après le Guardian, Brown compare d’ailleurs la propagation de l’internet à large bande dans tous les foyers avec celle de l’électricité …

Tous les Britanniques disposeront à terme de leur propre page internet et accéderont via un identifiant unique à toute une série de services locaux et nationaux (réclamer un passeport, un document officiel, payer leurs impôts, réclamer une plaque d’immatriculation, etc) Poussé dans le dos par Tim Berners-Lee, l’un des papas du web,  Gordon Brown imagine même de permettre aux sujets de sa Majesté d’entrer par ce biais en contact avec les profs de leurs enfants ou de réclamer des conseil smédicaux via une sorte de Facebook adapté à ce genre d’opérations officielles.

La maison qui rend fou s'est informatisée - Déclencheur.com
La maison qui rend fou s’est informatisée – Déclencheur.com

“I don’t want to go to a government office to do a government thing. It should all be online (…) That saves time for people and it saves money for the Government — the processing of a piece of paper and mailing it back costs many times more than it costs to process something electronically. There will come a point where you don’t need all the physical offices any more.”- Sir Tim Berners-Lee

Evidemment, ce plan pose beaucoup de questions, notamment sur le respect de la vie privée des utilisateurs, mais aussi sur le nombre d’emplois dans la fonction publique qui seront supprimés par la mise en ligne de tous ces services. Pour les utilisateurs aussi, le changement risque d’être particulièrement conséquent. Un « digital gateway », sorte de guichet physique unique, sera installé dans les administrations afin de réaliser un « phasing out » progressif et permettre à tous les contribuables mal à l’aise avec la manipulation des outils informatiques de prendre des renseignements et effectuer leurs opérations en étant accompagnés.

Selon le cabinet PriceWaterhouse Coopers, le gouvernement économisera grâce à ce plan au minimum 900 millions de £ de frais de fonctionnement par an.

Qu’en est-il en Belgique ? Et en France ?

Où en sont vos administrations dans la mise en ligne de leurs documents ? Ces initiatives sont-elles purement locales ou décidées à l’échelon national ? N’hésitez pas à partager en commentaire vos bonnes et mauvaises expériences en la matière.