Antoine Guyon on Twitter

RIP Frédéric Chevalier, fondateur de @thecampProvence.La communauté startup aix-marseille est en deuil.Pensées émues à ses proches & équipes

Retour sur 3 jours d’immersion dans ce Camp de base de l’innovation et de l’exploration du futur, fleuron de la French Tech.

La première fois que j’ai entendu parler de TheCamp, c’est ce jour de fin juillet 2017 où mon Newsfeed s’est littéralement fait assiéger de messages de condoléances à l’annonce du décès de celui qui avait imaginé, pensé et fait sorti de terre cet ovni architectural, ce projet visionnaire et follement ambitieux de campus de l’innovation, pour explorer les probables futurs et imaginer la ville de demain, sur les hauteurs de Marseille, à Aix-en-Provence.

Fred Chevalier faisait manifestement partie de ces entrepreneurs dont l’altruisme forçait l’admiration et le respect. Le genre de leader qui inspire et aspire organiquement dans son sillage tout un écosystème de bâtisseurs de possibles, de rêveurs pragmatiques et de fous furieux consciencieux.

Il déboursé 12 millions € de sa propre poche et réussi à fédérer de grands groupes industriels , des institutions publiques, des banques et mobilisé la French Tech pour faire émerger la majestueuse canopée blanche de TheCamp au-dessus de la garrigue provençale.

Sa disparition soudaine à quelques semaines seulement de l’inauguration officielle, après plus de 3 ans de travaux, aurait pu donner un coup d’arrêt au projet.

Mais c’est l’inverse qui s’est produit. Aujourd’hui, les équipes regroupées autour de ses cofondateurs et associés Lionel Minassian, François Creton, Guillaume Fichefeux, Denis Parisot et Walter Baets, portent haut et fort l’héritage de Fred Chevalier, dont la mémoire et l’énergie, loin de hanter les lieux, les inonde et les transfigure.

C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu jeudi dernier en débarquant de Belgique pour participer aux Engage Days organisées par Jérôme Cohen et son équipe, lui aussi compagnon de la première heure et “passeur” virtuose, de plein de bonnes choses, dont une sacrée dose d’optimise et de mise en action.

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J’ai été frappé par la cohérence des lieux et leur adéquation avec les ambitions explorées par les fondateurs, les animateurs, et les campeurs, résidents ou de passage. Tout y a été mis en perspective, les yeux rivés sur un horizon complexe mais minimaliste, verrouillé dans la certitude que le changement peut et doit s’accompagner, bienveillamment, en évitant absolument de le subir, en l’anticipant et en l’accélérant, pour le bien commun.

De la cantine bio et 100% végétarienne aux logements équipés de douches économes en eau, du béton lissé aux écrans à basse consommation, des panneaux solaires fleurissant autour du terrain de beach volley aux puits de lumières qui plongent au coeur des “pods” où sont installées les startups, le fablab ou le “camp de base”, cet auditoire à moitié enterré qui accueille les pitchs et fait s’élever les projets les plus disruptifs, tout dans TheCamp invite à l’alignement des intentions, des actes et des ambitions.

Ajoutez-y un soleil qui, en plein novembre, réveille et réchauffe les ardeurs des campeurs qui, couchés sans doute un peu tard, planchent et échangent à même la terrasse ou l’agora interminable qui prolonge la canopée vers le sud, et vous avez une petite idée de l’atmosphère dans laquelle vous êtes plongé quand vous avez la chance de venir y camper.

Inutile de vous dire qu’évidement, ce lieu , ce vocable de “Camp” que j’utilise également, résonne bigrement avec ce que, beaucoup plus modestement, j’essaye de porter ou d’accompagner comme changements, en hébergeant et en accélérant des projets d’étudiants, en développant des activités au sein d’environnements inspirants, comme le CreativeSpark à Mont-Saint-Guibert.

Inutile aussi de souligner que cette mise à l’échelle d’une région, d’une ambition économique assumée et d’un empowerment citoyen (politique ?) volontariste, n’est bien sûr pas fait pour me déplaire, bien au contraire. De quoi alimenter, et interroger, les conversations et les résolutions de nos capitaines à nous, en Wallonie et en Belgique, pour ce qu’il en reste…

Un mot encore, pour finir, à propos de ces Engage Days. Cela faisait longtemps que je n’avais pas participé à une conférence/festival où je ne connaissais strictement personne avant d’arriver. Et je ne regrette pas de m’être laissé tenter pour animer une session sur le journalisme entrepreneurial avec la sémillante Cécilia Gabizon, co-fondatrice avec Jo Weisz de StreetPress et de l’accélérateur MediaMaker

Appelez cela une sortie de zone de confort, ou simplement une opportunité de croiser le fer avec de nouvelles fortes têtes, des belles âmes et de touchantes introspections, parfois un chouia naïve mais toujours sincères, avec cette bluffante empathie qui vous propulse sur scène deux accords de guitare, trois vannes griffonnées et une valse endiablée.

J’ai été ravi de partager ces trois journées avec la centaine d’engageants Engagés qui ont occupés ce magnifique espace le temps d’une dizaine de barcamps, de conférences et de performances, replaçant l’humain, son intelligence, ses émotions, son éducation, ses (re)conversions, ses aspirations, mais aussi celles des institutions et de nos planétaires corporations au centre de leurs préoccupations.

Merci à tous et au plaisir que nos routes se recroisent, là bas ou ailleurs !

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