La politique indique le cadre général dans lequel une société ou une population est gérée par son (ses) dirigeant(s)

Plus large que ça comme définition, tu meurs.

Mais elle a au moins le mérite d’établir comme principe qu’il existe deux types d’individus, ceux qui dirigent et ceux qui sont dirigés. La démocratie représentative dans laquelle nous vivons étant sans doute l’un des systèmes politiques parmi les « moins pires » possible, force est tout de même de constater qu’il n’est pas parfait, et lui aussi soumis aux forces disruptives de l’ADN-même du numérique.

Sans poser de jugement de valeur, on peut aussi constater que, l’être humain étant ce qu’il est, ceux qui utilisent aujourd’hui ces forces le font bien plus souvent à des fins personnelles que collectives. L’élection de Trump, en particulier, et l’exploitation intensive des algorithmes de ciblage de la population à des fins de marketing, et pas que politique, en général, en sont les meilleurs exemples. Et ça ne fait que commencer.

Heureusement, une foule d’initiatives visant à réconcilier les citoyens avec « la politique » ont déjà vu le jour. Le mouvement des CivicTech, qui n’est pas exempt non plus de défaut, a vu l’éclosion de début de solutions, souvent propres à un pays ou à un territoire en particulier, mais pour la plupart d’entre-elles, guidées par des intentions concourrant à cette idéal de « bien commun ». Je n’en citerai que deux, MaVoix et DemocracyOS, parmi tant d’autres, car elles me semblent particulièrement exemplaires de ce que la conjugaison des talents humains et des capacités de la technologie peuvent apporter comme renouveau démocratique.

A souligner également, le documentaire de 90 minutes « La démocratie n’est pas un rendez-vous » actuellement en cours de réalisation par l’équipe de DataGueule, et qui s’attachera précisément à « réinterroger ce système, le décortiquer et dégager des pistes pour le refaire marcher ensemble« .  (ndlr: Nous vous en reparlons très vite, car nous avons participé à son financement et l’avant-première belge sera co-organisée par Hors Zone et le lab.davan.ac au printemps prochain.)

Et chez nous, en Belgique, comment ça se passe ?

Depuis presque deux Siècles, la Belgique constitue un merveilleux laboratoire politique. Tout ou presque y a été testé, avec plus ou moins de succès, et on peut affirmer sans crainte de trop se tromper, que « ceux qui nous dirigent » n’ont jamais rechigné à modifier « le cadre » autant de fois qu’ils le jugeaient nécessaire. De révisions de la constitution en découpages/recollages territoriaux, en passant par la centralisation/décentralisaiton à marche forcée des institutions, le fameux « compromis à la belge » définit sans doute la forme ultime de la démonstration que « faire et défaire, c’est toujours faire quelque chose ».

Je n’ai qu’une compréhension très partielle des mécanismes qui encadrent l’exercice du pouvoir, qu’il soit fédéral, régional ou local. Je m’y intéresse, mais j’ai très vite compris aussi que sans être « dedans », il était vain de penser pouvoir en embrasser toute la complexité. Et, très sincèrement, je ne le souhaite pas vraiment. (Again, la nature humaine étant ce qu’elle, je n’ai qu’une confiance très limitée en la capacité de l’humain de ne jamais céder au coté obscur de la force)

 

Quels usages du numérique, pour le « bien commun » ?

C’est donc avec une dose de naïveté totalement assumée, alors que les citoyens belges s’apprêtent à (ré)élire cette année leurs représentants au plus près de leur lieu de vie, au quotidien, à l’échelle locale, que je m’intéresse aux initiatives et aux bonnes idées qui ont déjà été mises en pratique dans des communes wallonnes, par des hommes et des femmes politiques, pour favoriser et accélérer l’usage du numérique au service de leurs administrés.

Quelles sont celles qui fonctionnent particulièrement bien ? Pourquoi et comment ont-elles été mises en place ? Pourraient-elles être reproduites, ailleurs ? Et quelles propositions sont aujourd’hui sur la table, dans les programmes des candidats, qui pourraient faire l’objet d’une discussion, voir d’une implémentation, sans forcément attendre les élections ? Comment des citoyens se sont-ils réapproprié leur capacité à s’organiser et à décidé pour eux-mêmes, leur commune, leur quartier, leur rue, grâce au numérique ?

Vous en connaissez certainement, il en existe des dizaines, mais quelles sont les plus intéressantes, pertinentes et prometteuses ?

Et puis il y a plus d’idées et de capacité à creuser l’info dans plusieurs têtes que dans une !

 

Je vous propose donc de m’aider à les découvrir, à partir à leur rencontre, physiquement, à bord de ma petite newsroom mobile, et à prendre le temps de discuter avec les porteurs.euses de ces initiatives, à entendre les propositions de ceux et celles qui se présenteront devant leurs électeurs avec des ambitions « numériques friendly », à alimenter le débat et à construire un peu de sens autour de nos conversations.

« Pour manger une baleine, découpe-là en carpaccio« .

Les élections communales se dérouleront le 14 octobre 2018. Ca nous laisse donc un peu de temps pour s’organiser, mais pas trop.

Dans un premier temps, je vous suggère d’utiliser le formulaire ci-dessous pour commencer à nous « faire remonter » un maximum d’initiatives intéressantes dont vous avez connaissance, près de chez vous. Donnez-nous une brève description, un ou deux liens et le code postal de la commune où une des ces initiatives a été lancée. Indiquez-nous également les coordonnées d’une personne de contact impliquée dans ce projet, si vous en disposez.

N’hésitez pas non plus à nous faire part d’initiatives qui n’ont pas fonctionné, avec là aussi quelques détails, des liens et quelqu’un à contacter éventuellement au sein de la commune.

Dans un second temps, après avoir identifié et regroupé les projets les plus porteurs, nous irons nous-mêmes sur le terrain pour réaliser des interviews, des capsules, des podcasts, des lives, et tous les contenus susceptibles d’aider à la compréhension et la réplication des ces projets dans d’autres communes, sur d’autres territoires. Avec un peu de chance, puisqu’il y aura de plus en plus de projets à découvrir et à documenter, nous proposerons à d’autres, journalistes ou citoyens, qui auront manifesté leur envie de participer à cette expérience, d’aller eux aussi à la rencontre de ces porteurs de projets, et de les documenter avec nous

Enfin, toute cette expérience, car s’en est bien une, fera elle-même l’objet d’une documentation, d’un storytelling particulier, afin de vous tenir informés de l’évolution de celle-ci, des embûches et des petits et grand succès qu’elle rencontrera. C’est en tout cas la promesse que j’ai envie de vous faire en vous proposant d’y participer avec moi.

Je ne suis pas payé (voir le post-scriptum plus bas) et je n’ai pas grand chose à gagner en lançant cette bouteille à la mer. Si ce n’est peut-être d’aller confronter ma propre perception du potentiel (de l’utopie ?) que le numérique représente à la réalité du terrain. Je suis en tout cas convaincu que nous ferons de belles rencontres, que nous apprendrons un paquet de choses, et que nous y prendrons beaucoup de plaisir.

Hearken

Cette expérience est le fruit d’un partenariat avec Hearken, une startup fondée par des anciennes journalistes, et passée par l’accélérateur media Matter, qui permet de co-construire des enquêtes et des reportages en se basant sur les questions et les « inputs » que les internautes font remonter au sein d’une rédaction.

En l’occurrence, nous travaillerons en toute transparence, puisque notre rédaction à nous est par défaut « ouverte et dans les nuages« . Nous y sommes déjà plus de 900, et vous êtes bien sûr libre de nous rejoindre quand vous le souhaitez.

C’est par ce biais, ainsi que via une newsletter dédiée, que nous vous tiendrons au courant de l’évolution de cette expérience, que nous partagerons des liens et des infos liées à cette thématique « Citoyenneté & Numérique » et que nous publierons les articles et reportages produits sur le terrain.

Techniquement, nous nous sommes aussi assurés avec Hearken (cfr. notre Politique de Confidentialité) que la mise en base de données des informations que vous nous ferez remonter, ainsi que vos données personnelles, est construite en adéquation avec la directive européenne GDPR, qui entrera en vigueur en mai prochain. Elles ne seront  donc ni rendues accessibles ni vendues à aucun tiers, et vous aurez à tout moment la possibilité de les modifier et/ou de les supprimer.

Seul le lab.davan.ac prendra la responsabilité de vous contacter par la suite, si vous l’y avez autorisé via le formulaire.

<post-scriptum>

Cela fait un bail que je m’intéresse aux outils, aux technologies et aux applications qui changent la manière dont nous produisons et consommons de « l’information« . Il est difficile aujourd’hui de nier que ce sont tous les pans de notre vie en société qui se retrouvent impactés par le numérique, plus ou moins profondément, mais à coup sûr durablement.

Se pencher sur ces disruptions avec un oeil critique, mais à priori bienveillant, permet de comprendre, un peu, et de saisir certaines opportunités, beaucoup, afin que tous ces « hacks » des systèmes existants puissent in fine être mis au service du plus grand nombre. J’aime à penser que le journalisme dont je me chauffe est empreint de cette recherche de solutions, fussent-elles bancales et absolument perfectibles, mais ouvrant des perspectives et donnant l’envie d’entreprendre.

Je sais aussi que des gens bien plus malins que moi oeuvrent à cette dynamique et que la documentation, à ma petite échelle, de ces débuts de solutions, leur partage et leur itération participe à cet effort commun d’amélioration de notre « vie en société ». Et qu’elles me permettent aussi d’assumer ma propre subjectivité en agissant pro-activement, sans demander la permission ou à chercher à « vendre » quoi que ce soit, si ce n’est ma propre indépendance et ma force de travail.

On m’a déjà souvent d’ailleurs posé la question, « pour qui roules-tu ? »,  sous-entendu « pour quel parti votes-tu ? » Tant il est malaisant, semble-t-il, pour ces gens de ne pas pouvoir vous coller une étiquette dans le dos, vous mettre dans une boite et se rassurer en sachant enfin dans quel camp vous ranger, considérant sans doute que la résolution des problèmes « de société » requiert forcément la conjugaison de forces et de talents mutuellement excluants. Rien n’est moins vrai, mais l’exercice du pouvoir nécessite visiblement de compter, et entretenir, ses affidés.

« Si tu n’es pas avec nous, alors tu es contre nous »

En tant que citoyen, je revendique mon droit à faire des choix éclairés et à utiliser les leviers à ma disposition pour encourager les changements que j’estime justes et nécessaires. En tant que professionnel, j’ai la chance de pouvoir gagner ma vie en montant ou en accompagnant des projets qui visent dans le même sens. Le point de vue duquel je me place lorsque je m’exprime est connu et « full disclosé », depuis plus de 15 ans, libre évidemment ensuite à chacun de me faire confiance, ou pas.

C’est dire combien j’exècre cette escroquerie intellectuelle qui consiste à dire qu’il faut absolument avoir une carte de parti pour faire de la politique, tout comme celle qui consiste à dire qu’il faut absolument une carte de presse pour faire du journalisme, ou un doctorat pour partager ses connaissances.

Donc, non, je ne « roule » pour personne. Ou plutôt si, pour et avec le plus de gens possible, à commencer par moi-même, pourvu que nos intentions et nos valeurs s’alignent, et vice-versa.

That’s it.

</post-scriptum>

 
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