La colère des  » gilets jaunes  » amplifiée par la Russie ?

Chronique diffusée le 11 décembre, sur La Première (RTBF)

 » Nous ne nous sommes pas immiscés et ne nous ingérerons pas dans les affaires intérieures d’un pays tiers, dont la France « , a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Or selon l’agence Bloomberg, la colère des  » gilets jaunes  » serait amplifiée par la Russie, principalement via Twitter. 

Avant-Première – 11/12/2018

Damien Van Achter revient sur la colère des gilets jaunes qui serait amplifiée en Russie, notamment via Twitter. (du 11/12/2018)

La colère des  » gilets jaunes  » amplifiée par la Russie ?

 » Nous ne nous sommes pas immiscés et ne nous ingérerons pas dans les affaires intérieures d’un pays tiers, dont la France « , a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Or selon l’agence Bloomberg, la colère des  » gilets jaunes « …

Des fakenews pour alimenter la colère 

Selon le journal britannique  » The Times « , qui cite la société de cybersécurité New Knowledge,des centaines de comptes liés à la Russie alimenteraient l’indignation en ligne, dans un mouvement qui n’est pas sans rappeler les accusations portées à l’encontre de la Russie lors du Brexit ou de l’élection de Donald Trump

Une partie importante de ces tweets proviendraient en effet de médias financés par l’Etat russe comme le site Sputnik, le réseau de télévision Russia Today ou encore Ruptly, une agence de presse vidéo, appartenant à RT.

Environ 200 comptes Twitter très actifs ont ainsi été repérés par cette société, avec 1.600 tweets et re-tweets par jour qui ont été diffusés depuis le début des événements, avec des photos et des vidéos de personnes grièvement blessées par la police. Une bonne partie de ces images date d’événements n’ayant rien à voir avec les manifestations qui se déroulent en France, ce qui prouve, selon société New Knowledge, la volonté délibérée de ces comptes de provoquer les internautes et donc de susciter une indignation téléguidée contre le gouvernement français,

Remettre en question la démocratie

Sputnik et RT auraient ainsi rapporté  » qu’une grande partie de la police française ne supportait plus le président Macron et s’était mise du côté des manifestants« , reprenant ainsi des informations provenant de syndicats très minoritaires.  

Pour Bloomberg, l’objectif serait de véhiculer l’idée d’un déclin des démocraties occidentales et de susciter la méfiance envers leurs gouvernements.

#Gilets Jaunes #pro-kremlins 

Un autre indice de cette « ingérence » supposée, ce sont ces 600 comptes Twitter « pro-Kremlin » qui utilisent désormais le hashtag « Gilets jaunes, au point de le propulser en trending topics

Ces comptes qui d’habitude ne tweetent jamais à propos de la France, mais plutôt sur les USA ou la Grande-Bretagne. Une preuve supplémentaire qu’il y a un intérêt fort de la part de la Russie à amplifier le conflit, estime « l’Alliance for Securing Democracy », une ONG  qui appartient au German Marshall Fund of the United States, une institution apolitique qui fournit de nombreuses analyses sur les relations internationales.

Mais tout ceci est surtout une preuve, que tous les mouvements sociaux et toutes les opportunités semblent désormais bonne pour les lobbys de tous bord pour tenter d’influencer la course d’événements qui auraient de toute manière eu un impact sur la politique d’un pays, mais qui à l’heure des réseaux sociaux prend une ampleur toute particulière, débordant hors de leurs frontières naturelles et laissant libre cours à toutes ces nouvelles formes d’activisme, pour le pire, en attendant pourquoi pas le meilleur…

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