Les bons liens de la veille – 14 août 2009

Voici quelques articles dont la pertinence/l’intérêt m’ont marqué au cours des dernières 24H. Faites-en bon usage ! 🙂

  • Les banquiers n’ont peur ni de l’opinion, ni des politiques | @slatefr – Les grandes banques à peine sorties de leurs soi-disant marasme financier reprennent leur train de vie d’antan, mais cette fois-ci avec une nouvelle donne: les rémunérations de leurs cadres sont désormais déconnectés de leurs résultas financiers.
    (…)
    Contrairement à la crise de 1929, les Etats ont payé les erreurs des financiers de suite, sans contrepartie. C’est pourquoi, aujourd’hui les dirigeants de banques se considèrent désormais «irremplaçables», perdent pied avec la réalité, et se rémunèrent en conséquence avec le plus grand des cynismes. Responsables mais pas coupables, ils affichent désormais leur ambition en matière de rémunération. Ils n’ont plus rien à craindre, aucune épée de Damoclès, à peine quelques conseils proférés par les pouvoirs publiques à entendre et quelques articles irritants à lire. Alors pourquoi s’en priver ?
  • US digital music sales to eclipse CDs by 2010 – Ars Technica – Despite the popularity of digital music, from single-track purchases to subscriptions, physical media has continued to generate the most music revenue in (almost) every market in the world. According to data from the International Federation of the Phonographic Industry (IFPI), though, that will soon change: revenue from digital music sales worldwide are on track to equal that of physical sales as early as 2016, and by 2010 in the United States.
  • 10 vérités sur les « explosions » d’iPhone – @benjaminferran – Cela fait quatre jours que cela dure. Et la polémique sur les iPhone explosés, implosés ou tout simplement brisés, ne faiblit pas. Pourtant, depuis le début de cette histoire, plusieurs précisions essentielles ont été apportées, qui devraient permettre d’aborder cette histoire avec prudence et sérénité. En voici un récapitulatif en dix points.

Pourquoi la prochaine crise?

(Article écrit pars Charles Bricman. La discussion se poursuit chez lui)

D’abord donc, il y a eu la crise du crédit. Allumage aux Etats-Unis (les subprimes) et contagion en Europe et en Belgique (Fortis, Dexia…) Puis il y a eu le krach boursier, avec les fonds spéculatifs (hedge funds) forcés de déboucler leurs positions en catastrophe. Ce fut et c’est encore violent, voyez les bourses qui font du yoyo. Mais bon, c’est fini pour la finance? On se concentre sur l’économie? Il se peut bien que non. Pas encore. L’épicentre du séisme financier risque maintenant de se déplacer vers le monétaire et les marchés émergents, avec cette fois les banques et les monnaies européennes en première ligne, lisez ce qu’en disent Paul Krugman dans le New York Times et Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph (une traduction en français est disponible chez Contre-Info).

Au fond, c’est toujours la même histoire de créances douteuses et de sous-évaluation des risques. Et de dominos: avec un pétrole revenu à 60 USD par peur de la récession, la Russie dont c’est la principale richesse risque à nouveau de se trouver bien en peine de rembourser ses dettes; et les économies lourdement endettées d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique latine subissent en même temps une fuite des capitaux et un gonflement mécanique de leur dette en devises.

Le “hic”, pour l’Europe (et par suite pour ses banques et pour l’euro), c’est que c’est chez elle qu’est logé le plus gros paquet de la dette des pays émergents. Et que le choc, s’il a lieu, secouera sans doute la planète tout entière, mais à partir du Vieux Continent, et de ses banques, encore. Evans Pritchard rappelle ainsi que les banques d’Europe occidentale détiennent les trois quarts des 4.700 milliards (!) de prêts bancaires octroyés aux pays émergents lors du dernier boom du crédit. Brrr…

Fouillez donc dans la presse anglo-saxonne et dans les références citées ici pour les détails, vous ne les avez pas encore lus dans nos journaux. Pour ma part j’y vois une illustration intéressante des idées de Nassim Taleb, évoquées dans mon billet précédent.

(more…)

(Update) « Faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou » (Jacques Brel, 1966) *

UPDATE 14/10: J’ai en fait le thème de ma chronique sur la Première ce mardi matin. Voir aussi la fameuse vidéo de « La Chute » sous-titrée en version Fortis)

[audio:http://api.ning.com/files/gu*vjcwY6q2xSdx3cqyKc4UmPwgZFX7nYwYbrVdss*riZmO9d18tTYxMddJgRqhhpK-GlqoLZza0i8x91qRvT4b-s036q2k5/LPMAPNT_Nouvelles_Technologies_14102008_6113883.mp3]

Quel est le point commun entre cette vidéo réalisée par quelques un des d’jeunes qui jazzent en Silicon Vallley (ils bossent pour Google, Blip.tv, Facebook, Drop.io, …) et les gaillards qui ont organisé/assisté à Monaco la semaine dernière à de gargantuesques banquets (3.000 euros/le couvert) sur le compte des banques Fortis et Dexia ?

Un super mauvais timing.

Qui va les propulser bien malgré eux en tête du ranking des big mistake de l’année.

Je m’explique.

En temps normal, des geeks qui s’auto-filment en lipdipant une chanson hype au bord d’une piscine tout en buvant des coups, ça aurait juste fait se gausser la branlosphère techie et fait saliver un peu plus les wannabee entrepreneurs.

Sauf que là, Google a perdu la moitié de sa valeur boursière en moins d’un an, que les start-ups, fussent-elles californiennes, licencient prévisionnellement et que les gourous de la place annoncent un assèchement drastique des liquidités disponibles.

Faire les zouaves à Chypre sur le budget levé lors du dernier tour de table n’était donc sans doute pas le meilleur signal à donner aux investisseurs, qui s’ils pensaient encore sortir 1$ de leur poche cette année, ne le feront sans doute pas dans ces boîtes-là. Sans compter la méfiance qui rejaillira sur les autres jeunes sociétés du coin.

Les CEO et autres A-List bloggeurs n’ont qu’à bien se tenir, leur consommation data lors de leurs livecasts va être passée au crible, fini de rire. Michael Arrington (Techrunch) va encore plus loin: pour lui, l’ère bénie du bullshitage 2.0 est terminée. Retour sur terre imminent, gueule de bois assurée.

En temps normal, des jeunes cadres dynamiques multi-businesschoolisés qui explosent la Gold du boss au resto et qui planquent la note en frais de représentation, ça aurait juste fait une chouette photo dans le journal interne de la boîte et aiguisé un peu plus les dents des IngéCom qui se tapent des cailles aux Jeux d’Hiv’.

Sauf que là, la Gold est au nom du Premier Ministre et que son budget « sauvetage & rattrapage de conneries » commence à devenir très short. Sans compter sur le contribuable moyen qui tout doucement se met à douter de la solidité de ses bons d’Etat et des vertus de la concurrence libre et non faussée.

Faire les zouaves en Ferrari sur le Roch’d’or avec les fonds de tiroir de la branche 21 n’était donc sans doute pas le meilleur signal à envoyer à Marcel, dont les placements de bon père de famille viennent tout juste de terminer aux chiottes.

Les CEO et autres fondés de pouvoir n’ont qu’à bien se tenir. Leurs soirées « Cigares, Anal-Lise de risques et petits fours » vont être drastiquement revues à la baisse. Fini de rire, retour sur terre imminent, gueule de bois assurée.

* Rendons à César ce qui lui appartient. J’ai emprunté ce titre, issu de la chanson « Ces gens-là », grâce à une citation repérée sur France Info.

FriendsClear: La confiance comme sérum anti-crise

La première fois que j’ai eu l’occasion de discuter avec Jean-Christophe Capelli, c’était l’an dernier à l’occasion d’un Barcamp organisé ici à Bruxelles par Peter Forret. Jean-Christophe avait fait le déplacement depuis Paris pour nous expliquer ce qu’était la Tontine des bloggeurs, et, plus largement, le P2P Banking.

Si philosophiquement l’idée de pouvoir se prêter légalement de l’argent entre particuliers me semblait assez intéressante (le petit coté anarchiste de la chose n’étant pas pour me déplaire) j’avais toutefois un peu de mal à imaginer que ce genre d’activité pourrait un jour être suffisamment « mature » pour être mise en pratique à grande échelle.

Moins de 12 mois plus tard, et en pleine crise de confiance de marchés financiers, force est de constater que Jean-Christophe avait vu juste en creusant cette piste. Mieux. Il a tellement bien mené sa barque que depuis vendredi dernier, il est l’heureux co-fondateur de FriendsClear, un site entièrement dédié au « social banking », un mouvement qui, selon le Gartner Group concentrera, toutes plateformes confondues, 10% du marché mondial du secteur en 2010.

[audio:http://api.ning.com/files/2iasEXBuM7ckaM0Is4pdGST8ByOW7kBThhWnLufQTJW69INTfJXLeZx964JB6q4TNE2dTR5kScLnQj-4A45LcdHeEspRJob4/friendsclearUncut.mp3]

Voici le podcast « uncut » (7min.) de la discussion que nous avons mise en boîte ce mardi matin avec mon compère de Matin Première Pascal Claude. La version « masteurizée »  a été diffusée à l’antenne  ce mercredi (dans Matin Première, donc) dans le cadre d’une spéciale intitulée « Que reste-t-il de nos banques ?« 

(à lire aussi l’excellent article mis en ligne par Rue89 « Prêts : quand les bons amis font les bons comptes«