AG Fortis: MoJo Rules !

Plus de 11h de couverture live, deux records de fréquentation battus à plat de couture, quelques leçons de pragmatisme et un sacré panard à exploiter la puissance de l’outil informatique/if pour créer des contenus qui donnent du sens… Aujourd’hui j’ai enfin passé la seconde, et ça fait un bien fou ! (Pour la petite histoire, certaines vidéos ont même été tournées uniquement avec mon iPhone, et diffusées en direct via Qik … je ne vous dis pas la tête de certains caméramans 🙂

(Update) « Faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou » (Jacques Brel, 1966) *

UPDATE 14/10: J’ai en fait le thème de ma chronique sur la Première ce mardi matin. Voir aussi la fameuse vidéo de « La Chute » sous-titrée en version Fortis)

[audio:http://api.ning.com/files/gu*vjcwY6q2xSdx3cqyKc4UmPwgZFX7nYwYbrVdss*riZmO9d18tTYxMddJgRqhhpK-GlqoLZza0i8x91qRvT4b-s036q2k5/LPMAPNT_Nouvelles_Technologies_14102008_6113883.mp3]

Quel est le point commun entre cette vidéo réalisée par quelques un des d’jeunes qui jazzent en Silicon Vallley (ils bossent pour Google, Blip.tv, Facebook, Drop.io, …) et les gaillards qui ont organisé/assisté à Monaco la semaine dernière à de gargantuesques banquets (3.000 euros/le couvert) sur le compte des banques Fortis et Dexia ?

Un super mauvais timing.

Qui va les propulser bien malgré eux en tête du ranking des big mistake de l’année.

Je m’explique.

En temps normal, des geeks qui s’auto-filment en lipdipant une chanson hype au bord d’une piscine tout en buvant des coups, ça aurait juste fait se gausser la branlosphère techie et fait saliver un peu plus les wannabee entrepreneurs.

Sauf que là, Google a perdu la moitié de sa valeur boursière en moins d’un an, que les start-ups, fussent-elles californiennes, licencient prévisionnellement et que les gourous de la place annoncent un assèchement drastique des liquidités disponibles.

Faire les zouaves à Chypre sur le budget levé lors du dernier tour de table n’était donc sans doute pas le meilleur signal à donner aux investisseurs, qui s’ils pensaient encore sortir 1$ de leur poche cette année, ne le feront sans doute pas dans ces boîtes-là. Sans compter la méfiance qui rejaillira sur les autres jeunes sociétés du coin.

Les CEO et autres A-List bloggeurs n’ont qu’à bien se tenir, leur consommation data lors de leurs livecasts va être passée au crible, fini de rire. Michael Arrington (Techrunch) va encore plus loin: pour lui, l’ère bénie du bullshitage 2.0 est terminée. Retour sur terre imminent, gueule de bois assurée.

En temps normal, des jeunes cadres dynamiques multi-businesschoolisés qui explosent la Gold du boss au resto et qui planquent la note en frais de représentation, ça aurait juste fait une chouette photo dans le journal interne de la boîte et aiguisé un peu plus les dents des IngéCom qui se tapent des cailles aux Jeux d’Hiv’.

Sauf que là, la Gold est au nom du Premier Ministre et que son budget « sauvetage & rattrapage de conneries » commence à devenir très short. Sans compter sur le contribuable moyen qui tout doucement se met à douter de la solidité de ses bons d’Etat et des vertus de la concurrence libre et non faussée.

Faire les zouaves en Ferrari sur le Roch’d’or avec les fonds de tiroir de la branche 21 n’était donc sans doute pas le meilleur signal à envoyer à Marcel, dont les placements de bon père de famille viennent tout juste de terminer aux chiottes.

Les CEO et autres fondés de pouvoir n’ont qu’à bien se tenir. Leurs soirées « Cigares, Anal-Lise de risques et petits fours » vont être drastiquement revues à la baisse. Fini de rire, retour sur terre imminent, gueule de bois assurée.

* Rendons à César ce qui lui appartient. J’ai emprunté ce titre, issu de la chanson « Ces gens-là », grâce à une citation repérée sur France Info.

Fortis: Leterme I fait du « daytrading »

(Article écrit par Charles Bricman. Vous connaissez désormais la méthode: la discussion se poursuit chez l’auteur)

Gagner des sous avec Fortis, c’est (encore) possible… Mais il faut s’appeler Leterme ou Reynders et diriger un gouvernement pour y arriver. La démonstration est depuis quelques heures sur le site du Tijd: en quelques jours, le gouvernement a engrangé une coquette plus-value latente de 1,6 milliard en revendant pour 8,25 milliards (en actions BNP-Paribas) les trois quarts de la participation acquise, en deux fois, dans Fortis Banque Belgique pour 9,4 mds au total. Ce qui valorise donc celle-ci à 11 mds (8,25/0,75), d’où la plus-value théorique de 1,6 md (11 – 9,4).

Ce type de transaction étant par définition un jeu à somme nulle (ce que gagne l’un, l’autre le perd, et vice-versa), demandez-vous qui est cocu dans l’histoire. BNP-Paribas? Pas forcément, on verra à l’usage si ces 11 milliards étaient le juste prix. Mais plus sûrement le groupe Fortis, et donc ses actionnaires (dont vous?) qui ont cédé il y a huit jours à 9,4 toute une banque un peu bancale, qui a pu être revendue hier à 11… Une plus-value de 17% en quelques jours? Pas si mal…

En attendant, c’est vrai, Fortis conserve les deux tiers de la “Bad Bank” constituée avec ses actifs “toxiques”, valorisés à leur valeur de marché du jour, c’est-à-dire au ras des pâquerettes. Ce qui donne donc à une ancienne valeur de “bon père de famille” toujours logée dans bien des portefeuilles paisibles et véhicules d’épargne-pension, une petite coloration de fonds hautement spéculatif pour rogue traders expérimentés, voire de billet de loto. Ce à quoi Leterme faisait sans doute allusion quand il évoquait la perspective de dividendes pour les actionnaires du groupe…

On voit de drôles de choses, quand même, au jour d’aujourd’hui…

Bonne gouvernance ? Ben voyons …

M’sieur le Compte s’est planté dans ses calculs autorégulants et c’est bobone qui va devoir solder ses bons de caisses pour relancer le cash-flow …

(pix: El Rios, via TchacTchac)

Pas sûr d’avoir tout bien compris (ce que je ne prétends d’ailleurs pas) mais c’est en tout cas le sale goût que les derniers épisodes en date me laissent en bouche (et puis surtout ça fait flipper ma  petite maman, chose que je n’accepte décidément pas .. sauf quand c’est moi qui la provoque 🙂

Je n’ai pas le courage d’être plus sérieux ce soir alors pour les précisions à toutes fins utiles, allez  faire un tour chez Chaos Thierry , Charles Bricman et Jean Claude Benard. Moi je vais dormir.