ORM: Pascal Belpaire (Vers l’Avenir)

Suite des vidéos prises ce mardi lors de la journée d’étude de l’ORM sur le traitement médiatique de la crise politique.

Pascal Belpaire est rédac chef aux Editions de l’Avenir. Dans le podcast qui suit, il nous parle de la remontée d’infos depuis le site actu24 vers le support papier (« ‘établir des passerelles »), du web vers la page « forum » du journal et des réactions plus « construites » des internautes. Il exprime également la difficulté pour sa rédaction de gérer les commentaires anonymes « Quel est le sens de reprendre les propos de Fricadelle, Tinneke ou Belgium1Point ?« 

Il revient également sur une opération « buzzifiante » en réponse à une Une du Nieuwsblad et sur la facilité à générer des réactions sur le web. La corrolaire de ce buzz facile est une pauvreté globale de la teneur des commentaires. Ceci expliquant sans doute cela …

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Accord entre Copiepresse et Google !

Copiepresse et Google ont conclu un accord ont annoncé les deux sociétés dans un communiqué commun. Le contenu des sites des journaux belges francophones et germanophones va être réindexé !! Je pars à la chasse aux infos. Stay Tuned !

MAJ: Voici l’entretien téléphonique que je viens d’avoir avec Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse.

[audio:http://www.bloggingthenews.info/Podcast/Copiepresse.mp3]

Ecoutez/Téléchargez le podcast au format .mp3

On y apprend notamment que:

– les sites des journaux belges francophones et germanophones sont bel et bien réindexés dans Goggle (mais pas Google News),
– qu’une période de négociation s’ouvre à présent pour trouver des accords de partenariats à long terme,
– que Google a abandonné son cache (!!!),
– que les astreintes fixées par le tribunal de Bruxelles font partie de la négociation et ne seront donc pas payées dans l’immédiat par Google,
– que le retour des articles dans Google News ne fait à cette heure-ci pas partie des objectifs de Copiepresse
– que les deux parties souhaitent arriver à un accord plus global d’ici la fin de l’année.

MAJ: Comme le souligne Pascal dans les commentaires, Google ne s’est pas le moins du monde séparé de son cache. Ce sont les  journaux qui ont juste accepté d’utiliser le tag « noarchive » … la différence est de taille, surtout quand Mme Boribon nous « vend » ça comme LE mérite de cet accord. Ca ne manque pas de piquant quand on reprend l’argumentaire de Copiepresse développé jusqu’ici et qui, en gros, disait « il n’est pas normal que nous devions nous protéger du vol de Google en taguant nos articles ».

Bref, un an de procédure, un paquet de tune en avocats et des sites web de journaux en perte de vitesse … ça fait cher le conseil en balise html … Reste que maintenant la discussion avec le Grand Référenceur est ouverte, (ce qui n’était visiblement pas le cas auparavant), l’avenir nous dira si les auteurs et leurs droits en ressortiront in fine gagnants  …

Ils en parlent:

La LIbre Belgique (merci pour le lien 🙂

Le Soir (« si Google doit casser sa tirelire pour rémunérer chaque quotidien ou chaque blog en ligne dont il utilise le contenu, même son impressionnant trésor de guerre n’y suffira pas ».) ??!!
CNet
The Wall Street Journal
Ars Technica
The Register
SearchEngineLand

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Journalisme précaire ? La faute à personne ! (si, Google)

Hier avait lieu à Liège le 1er congrès international de l’AJP consacré à la précarité dans laquelle vivent les journalistes pigistes en Belgique. Je n’ai pas noté les chiffres exacts mais je suppose que la Taupe Vespérale, aka Ricardo Gutierrez qui a donc fait son coming out hier et qui n’a pas arrêté de prendre des notes, nous donnera des détails. En gros, les journalistes indépendants sont payés une misère, quand il le sont. Et ça, ca n’est pas normal.

D’une manière générale, je dois bien avouer que les différents panels n’ont pas été hyper instructifs. Les pontes de nos groupes de presse répétant qu’ils étaient « un business en crise », que « de gros investissements avaient été faits » pour contrer (?!) la montée en puissance du web, et qu’il ne faut donc pas s’attendre à des améliorations salariales dans les années qui viennent « vu l’équilibre précaire » auquel ils doivent faire face.  Il y eu certes quelques nuances et détails intéressants selon les rédactions, mais globalement tous avouent que les temps sont durs et reconnaissent qu »‘il va falloir se bouger pour s’adapter » à l’ère multimédia.

Ils vendent leurs canards comme des savonnettes ou du dentifrice, alors forcément, si les ventes baissent, ben faut vendre plus …. avec des coûts de production identiques, off course. Et ca coince…. alors on fait un procès à Google-le-vilain-voleur…

Clairement, le web est vu comme une sacrée tuile qui leur tombe sur le coin de la rotative, impayable (dixit Jean-Jacques Jespers) et, évidemment, déontologiquement journalisticide. Inutile de vous dire que j’ai failli bouffer la banquette à plusieurs reprises vu le paquet de conneries entendues au cours de la journée.

En fait,ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’ on a beaucoup parlé du marché de l’emploi mais pas du tout du marché tout court. En gros, il s’agit surtout de « bosser pour une rédac », pas de « bosser pour un public ».

Plutôt que de tortiller du cul pour savoir si l’Ihecs à une meilleure formation que l’Ecole de Journalisme de Louvain, si les stages de l’ULB sont plus funky que ceux de l’ULg, pourquoi diable n’ont-ils pas abordé les géniaux bouleversements qui s’opèrent dans le chef de ceux qui nous lisent/écoutent/regardent/ et qui ont désormais l’occasion de nous renvoyer non seulement du feedback, mais aussi de participer au processus même de l’info ? Le vrai putain de changement il est là ! c’est pas le web qui fout le bordel, c’est ce que les gens en font … et ça , les pt’its gars, va falloir se le rentrer dans la tête.

Non. Te moeilijk meneer, te gevaarlijk ! Si on écoute la foule, on ne ferait que du Gilbert Dupont. Il est de notre devoir (tadam) de lui proposer un autre regard (avec le dvd de Shrek en bonus) … Nous les journalistes, Nous sommes détenteurs du 4ème pouvoir. L’info, c’est Nous qui la sélectionnons et qui la transmettons selon Nos codes. Nous connaissons Nos audiences et Nous savons ce qui est bon pour elles. Les internautes ne véhiculent que des rumeurs et sont indignes de jouir des mêmes privilèges que Nous (parce que Nous sommes bien sûr totalement intègres face aux pouvoirs politiques et économiques, off course) Nous sommes les élites (un vrai journaliste est universitaire) et le web n’est qu’un pillage organisé par Google de nos excellentes productions. … argl

Djeess, je caricature un peu mais  en gros si le business se casse la gueule, ce n’est de la faute de personne. Je n’ai pas assisté au dernier panel avec les représentants des politiques mais je doute qu’ils aient entonné un autre refrain (ce n’est de toutes manières jamais de leur faute, eux 🙂 J’aurais peut-être dû rester, juste question de savoir si un bloggeur pouvait prétendre à une aide publique à la presse 🙂

Heureusement, comme à chaque fois dans ces « congrès » (c’est pareil dans les conférences 2.0), le networking à la pause café parvient souvent à rattraper le coup. J’ai ainsi été ravi de discuter avec Marc Chamut, le président de l’AJP, Béatrice Delvaux et Daniel Van Wylick, Marc Simon … ainsi qu’un pigiste français qui était sidéré de voir le traitement financier réservé à ses collègues belges. En France, le titre de pigiste est reconnu (et les stages sont rémunérés ! viens-z’y voir en Belgique.. ) Je retiendrai aussi l’intervention de Christiane Dupont, journaliste québécoise qui a roulé sa bosse de free-lance et dont je vais m’empresser de commander le bouquin « les nouveaux journalistes. Le guide: Entre précarité et indépendance ».

Je m’en voudrais de terminer ce billet sans remercier l’AJP d’avoir organisé ce congrès. Il a eu le mérite d’exister de remettre certaines pendules à l’heure. Puisse-t-il permettre aux pigistes, aux indépendants et aux journalistes en général de mieux gagner leur vie en se mettant au service de leurs publics. On a beauoup parlé du maintien de la qualité de la production, c’est évidemment crucial pour une démocratie que de pouvoir compter sur des troubles fêtes et des empêcheurs de tourner en rond pour rester saine. Mais cela a un prix (et pas forcément sonnant et trébuchant, une petite dose d’humilité de temps en temps, ça ne coûte pas cher)

Bref, on s’était dit qu’on se ferait bien un petit débriefing podcasté plus détaillé avec Ricardo et Mehmet mis le temps a manqué. Messieurs, si ça vous tente toujours on se boit un kawa un de ces quatre … et si certains d’entre-vous veulent venir nous expliquer ce qu’ils en pensent, don’t hesistate, drop us a line.

Pour suivre le congrès, qui se prolonge ce vendredi avec des interventions de représentants français, anglais, canadiens, checkez le blog de l’ajp

Copiepresse vs Google: So what ?

La justice belge a donc confirmé le jugement intervenu l’an passé condamnant Google à retirer toutes références à des articles dont Copiepresse, représentant les éditeurs francophones et germanophones, détient les droits. Le jugement rendu ce mardi n’apporte sur le fond aucune réponse, si ce n’est qu’au regard de la loi sur les droits d’auteurs et droits voisins, Google est en infraction et sera contraint de verser une indemnisation, à condition que la justice civile en décide ainsi.

Dans le premier jugement, l’astreinte avait été fixée à 1 millions d’euros par jour de retard, soit à l’heure actuelle plus de 130 millions, compte tenu du fait que Copiepresse a fait acter la présence continue d’articles non seulement dans Google news mais aussi  dans le cache du moteur de recherche. Une somme rondelette (?!) qui n’a toutefois pas trouvé confirmation dans le jugement de ce mardi vu que la juge Aurélie Magerman l’a désormais plafonnée à 25.000 euros/jour, soit près de 3 millions d’euros. In fine, il s’agit-là de la seule véritable info à retenir de cette journée, le fait que Google ait d’ores et déjà décidé d’aller en appel de ce jugement coulant pour sa part de source.

Que pensez de tout cela ?

Depuis le début de l’affaire, que j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près à l’époque des deux premiers jugements, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la finalité de cette action en justice à ses conséquences. Inutile de vous dire que je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais j’ai pu discuter à plusieurs reprises avec quelques acteurs de cette saga (excepté chez Google, même en étant dûment accrédité). A l’occasion d’un PodCafé spécial, nous avions eu aussi l’occasion d’échanger allègrement nos points de vue avec Alain Guillaume, alors président de la SAJ, partie à la cause.

Tout d’abord, je ne peux que constater que ce procès n’aura servi qu’à une seule chose dans l’esprit de Copiepresse et de ses défenseurs: amener Google à négocier. C’est parce que le moteur niait superbement les courriers envoyés à son intention que Copiepresse a engagé son action. « Ils ont bien trouvé un deal avec Associated Press, pourquoi pas avec nous ? », était en substance ce qu’on me donnait comme justification. Non sans raison, il est vrai, mais à la différence, de taille, qu’AP est la plus grosse agence de presse au monde, et qu’elle est américaine. Tout ce barouf, donc, pour entendre in fine ce mardi Philippe Nothomb, le vice président de Copiepresse, réitérer son appel à la négociation. Négociation à laquelle Google a pourtant déjà participé, en coulisses, et jusque très tard la veille du 24 novembre dernier, date à laquelle le dossier a été plaidé devant la justice, Google ayant obtenu d’être rejugé suite à son absence lors du premier jugement en août.

Négociations il y a donc eu, et accords aussi puisque la Sofam et la Scam, deux autres sociétés de droits d’auteur parties à la cause se sont désistées au dernier moment, un chèque sous le bras. Aucune somme précise n’a été avancée, pas plus que le contenu des dits accords, mais au regard des 3 millions évoqués aujourd’hui, ces deux deals semblent avoir été « corrects », compte tenu également qu’une sorte de « mise à l’épreuve » y aurait été incluse. (A nouveau, ne prenez pas ces infos pour du pain béni, les sources en la matière sont rarissimes)

Bref, Google a bien mis de l’argent sur la table pour faire cesser l’action contre elle. Pourquoi n’y a-t-il pas eu accord avec toutes les parties ? Manifestement parce que Google à toujours refusé mordicus d’insérer les termes « droits d’auteur » dans les conventions. S’arc-boutant sur la législation, les avocats ont donc plaidé, avec le résultat que l’on connaît: « Google ne fait pas exception à la loi en vigueur, telle que la juge l’a interpretée », pourrait-on résumer. En ce qui concerne l’utilisation du cache, je pense en effet que Google  se plante vu qu’un éditeur doit pouvoir avoir le droit de vendre ses articles au prix qu’il le souhaite (fut-ce 1 euro/pièce) sans se faire « doubler » par une copie gratuite sauvegardée sur un serveur qui ne lui appartient pas. Je suis par contre beaucoup moins enclin à considérer le « simple » référencement comme du vol, mais bon … comme dirait Jean-Luc , Ca se discute.

Ok. So what now ?

Cette décision peut-elle faire jurisprudence, tenant compte du fait que la loi est sensiblement la même ailleurs en Europe ? Sans doute. Encore faut-il que d’autres éditeurs emboitent le pas (on annonce des actions en Autriche et en Italie) A mon sens, seule une action massive, concertée et réellement solidaire aurait une chance d’obliger Google a revoir drastiquement sa politique. Or, Google aura toujours le choix de « retourner » l’un ou l’autre acteur en se mettant à table sélectivement, comme ce fut le cas avec la Scam et la Sofam. Même en cas de solidarité jusqu’au boutiste, Google pourrait abandonner son cache sans que cela ne lui fasse ni chaud ni froid. La problématique de la rémunération des droits passés et à venir n’avancerait pas pour autant d’un iota

Concrètement, en quoi les éditeurs francophones/germanophones et la SAJ pourraient sortir gagnants de ce bras de fer ? Très sincèrement, et je ne pense pas être le seul dans ce cas,  j’ai vraiment du mal à cerner les avantages que cette procédure amènera aux journaux.

Le premier effet de cette action en justice aura été la désindexation des sites des journaux dans Google. C’est sans doute aussi celui qui risque d’être le plus dommageable à long terme, n’en déplaise à M. Nothomb qui lors d’une conférence de presse ce mardi a déclaré que ceux-ci n’avaient jusqu’ici pas souffert de ce retrait. Le graphique ci-dessous (thanx denis) ne semble pas franchement du même avis si on compare avec un service non linéaire, pur player 2.0, axé sur l’utilisateur, comme Scoopeo. (ca reste du Alexa, c’est pas la bible hein !)

Il ressort surtout Copiepresse et la SAJ pourront danser sur leurs têtes, crier au coup bas et supplier Google pour inclure une réindexation  de leurs titres dans une éventuelle négociation … aucune loi ne pourra obliger Google à le faire, et pire, le moteur n’aurait à présent qu’à verser 3 millions d’euros d’aumône pour clôre le dossier. (Google a réalisé 3 milliards $ de bénéf l’an passé …)

Il ferait alors une croix sur le référencement du contenu des journaux belges francophones et sur son ambition « d’organiser l’info mondiale ». Une sorte de village gaulois, en quelque sorte … je vois déjà Sergei et Larry écrirent dans leurs mémoires « de tous les peuples, les belges étaient les plus brââves 🙂

De leur coté, nos journaux pourraient quant à eux faire une croix tout aussi définitive sur le formidable potentiel que représente le web en terme de diversification de leurs sources de revenus et seraient condamnés à courir derrière une audience qui jamais au grand jamais n’achetera demain plus de papier qu’hier. Sans compter sur l’interactivité, la diversification des formats (podcasts, etc.), les conversations, les apports « citoyens », etc… basta, terminé gozette tintin rastacouette ! Comment en effet pourraient-ils encore exister sur la toile alors qu’ils sont tout simplement absents du principal outil que leurs cibles utilisent pour trouver les infos qui LES intéressent ?

Qui, à l’heure actuelle, se dit encore « Je me demande ce que La DH/La Libre/LeSoir racontent aujourd’hui à propos de tel ou tel sujet » ? hu ?
Si je m’intéresse vraiment à une actu, je cherche à recevoir le plus de sources possibles afin de me forger mon opinion, j’agrège les flux RSS des rubriques, des blogs, des forums qui parlent précisément de ce sujet, ici et ailleurs de ce monde devenu plat. Je ne perds plus mon temps à passer tout un site à la loupe pour voir si un nouvel article à été publié. Même si je suis un fan de la plume de tel ou de tel journaliste, rien ne m’oblige plus à me farcir la prose de ses collègues. Croire qu’obliger les internautes à passer systématiquement par la page d’accueil d’un journal en ligne sans les faire fuir irrémédiablement est une abbération, à fortiori quand cette page est une pub full screen…

Certes il faut pouvoir payer les journalistes suffisamment pour assurer leur indépendance face aux marchés/aux politiques, évidemment ! Certes il faut que la hiérarchie « qui ne produit pas mais assume les risques » le soit aussi ! Le « tout gratuit » n’est évidemment pas une solution à long terme pour assurer du travail de qualité et la multiplication des outils de micropaiements offrent d’ailleurs de belles opportunités, encore faut-il les essayer. Et surtout, il est grand temps de réaliser que si les « clients » de l’info ne sont pas remis au centre des stratégies, alors la raison même d’un organe de presse disparaît. On peut vitupérer contre le monopole de Google, son rôle est incontournable et il faut « faire avec ». Quand on pense qu’ils y a dix ans, et pour des raisons quasi similaires, le fameux « Central Station » capotait, avec dans le role de Google les éditeurs eux-mêmes face aux journalistes … l’histoire à une drôle de manière de repasser les plats.

Je continue donc à croire que cette action en justice est un combat d’arrière garde, désespérément accrochée à un mode de transmission/d’enrichissement de
l’info ainsi qu’à une législation obsolètes, à défaut d’être complètement révolus. Et je maintiens aussi que Copiepresse a dû faire ce procès parce que
justement, nos canards n’en sont qu’à leurs balbutiements sur le web.
S’ils avaient initié plus tôt leur
convergence print/online et osé la carte de la créativité journalistique multimedia, jamais les éditeurs n’auraient eu besoin de ce procès pour se donner de l’air.

Mais ça ne reste que mon avis 🙂

Vidéopodcastons gaiement !

Après Le Soir, c’est au tour de La Libre de balancer de la vidéo sur son site. Du contenu propre, réalisé par la rédaction à l’occasion de la venue de Guy Verhofstadt. Même constat que pour le quotidien vespéral: l’idée est bonne (excellente même), avec un petit plus car les bloggueurs ont la possibilité de republier la vidéo puisqu’elle est hébergée chez Vpod.tv, du Sieur Rodrigo. Ce dont je ne vais pas me priver.

Plus largement, et comme le dit bien Fabrice, on sent que la course est lancée entre les journaux pour défricher ces zones « pluri-média » et investir le web à la recherche des lecteurs papiers perdus. Reste à voir quel ton ils vont utiliser pour s’adresser à la communauté des internautes et si ils seront capables de la transparence nécessaire pour ne pas faire de cette diversification un simple gadget 2.0. L’ouverture de commentaires étant à priori la première chose à autoriser à la suite de ces vidéos. Sur la forme, moins ça ressemblera à de la télé, mieux ce sera et plus on sentira qu’il s’agit d’une discussion, moins l’internaute aura l’impression d’être spectateur. Ca ouvre la porte à pas mal de fantaisies, même si je me doute que la question « combien ça rapporte ? » ne sera jamais loin. Perso, je pense que ces initiatives n’ont pas de prix. La fédération d’une communauté en ligne ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot et la valeur de celle-ci ne se comptera sans doute pas en ratio clic/page vue. Sauf à long terme, grâce au volume global. Il ne reste « plus qu’à » faire bloguer les journalistes qui le souhaitent … et à expliquer aux syndicats l’utilité d’une telle démarche.

Force est quand même de constater que les efforts pour faire connaître et rendre accessibles ces nouveaux contenus seront bien plus conséquents que pour les autres journaux francophones sur la toile. Désindexation de Google oblige …

Rendez-vous dans 5 ans pour compter les survivants.