Le « journalisme en réseau » pour sauver le monde !

Un bouquin au titre éloquent que celui publié la semaine dernière par Charlie Beckett, le directeur de POLIS (« a joint initiative from LSE and the London College of Communication ») « SuperMedia: Saving Journalism So It Can Save The World« .

Supermedia: Saving Journalism So It Can Save the World

Si j’en crois le pitch du bouquin, l’auteur se base sur des débats, des sondages et un étude en profondeur du paysage des nouveaux médias pour proposer une vision optimiste du métier de journaliste. Une sorte de manifeste en faveur du « Journalisme en réseau », qui réinvente la relation entre les médias et le public.

Inutile de vous dire que vu le paquet de tirages de plan sur la comète dont j’ai pu vous abreuver depuis que je blogue (ça fera pile-poil 3 ans la semaine prochaine), ce genre de concept me plaît énormément !

Voici une traduction libre du synopsis.

« Peu de sujets sont aussi brûlants que le sort du journalisme et des nouveaux médias dans notre monde en rapide mutation. Vif et sujet à contreverse, ce livre explore le potentiel d’un tout nouveau type de journalisme qui provoque ces changements, discute de l’impact des réseaux sociaux et des blogs sur le journalisme traditionnel et prend comme postulat que le journalisme pourrait être le catalyseur des changements nécessaires pour résoudre bon nombre des problèmes du monde. En se basant sur son expérience, Beckett propose une feuille de route pour identifier les problèmes et les solutions pour offrir aux générations futures des médias ouverts et fiables. Vivant et engagé, « SuperMedia » propose une discussion éclairée sur l’importance et l’avenir d’un journalisme « libéral » comme part prépondérante d’une société florissante ».

L’introduction et les deux premiers chapitres sont disponibles au format PDF.

Introduction: « TheDailyPlanet.com »: Why We Must Save Journalism So that Journalism Can Save the World.
1. « Help! Help! Who Will Save Us? »: The New Media Landscape.
2. « Is It a Bird? Is It a Plane? No! It’s SuperMedia! »: Networked Journalism.

3. « Will Nobody Do Anything to Help? »: Networked Journalism and Politics.
4. Fighting Evil: Terror, Community, and Networked Journalism.
5. We Can All be Super Heroes: Networked Journalism in Action: Editorial Diversity and Media Literacy.

Supermedia: Saving Journalism So It Can Save the World (15£, sur Amazon)

Andrew Keen: « Le Web 2.0 encourage le désordre moral « 

Maintenant que la traduction française de son bouquin est disponible, la vieille garde d’ici va pouvoir prendre le relais de celle de là-bas, qui en avait fait ses choux gras l’été dernier.

Si je ne nie pas que le gaillard puisse poser de bonnes questions, le costard que Francis Pisani a taillé à son argumentaire (2,3,4) ne m’incite pas à acheter son bouquin et encore moins à lui accorder plus de crédit qu’aux profiteurs béats du crowdsourcing. L’excès nuisant en tout, paraît-il …

Je luis reconnais deux vertus. La première ne sert que l’auteur. En attaquant la participation de tous, en prenant la défense des médias de masse, il s’assure d’être bien traité par eux. L’astuce constitue un excellent business model.

La seconde est que la discussion ainsi lancée nous lance un vrai défi qui vaut la peine et c’est pour cela que j’ai choisi d’en parler longuement. Pour tordue qu’elle soit, sa critique nous pousse à en trouver de plus fines pour éviter que le débat ne se centre sur le rejet du web au lieu de s’en prendre aux problèmes qu’il pose, aux domaines qu’il faut améliorer, aux tendances qu’il faut combattre, aux luttes qu’il faut mener.

J’en conclus, pour ma part, que nous avons sans doute intérêt à profiter du bruit que fait Keen pour mieux écouter les critiques sérieuses… et pour agir en conséquence.

A lire également, pour votre gouverne, le billet de Narvic, qui n’est pas tout-à-fait d’accord avec Francis Pisani et qui décortique à son tour les arguments avancés par ce Cassandre.

Oh Désespoir, y’a plus rien n’a boire dans l’mini-bar !

Jean-Louis survivra-t-il au parcours du combattant que néo-feu son oncle lui impose ? 120 jours, c’est court et long à la fois, surtout si Svetlana s’en mèle … la garce. Maître Bechtligen est-il aussi loyal qu’il le prétend ? Et puis surtout, qu’est-ce que Ségo vient foutre là-dedans ?

Vous le saurez en vous abonnant à LA saga de ce printemps blogobulesque: « Grand Darjeling Hotel »

« La direction et le personnel des établissements somebaudy.com sont heureux de vous annoncer l’ouverture de leur première filiale de littérature hôtelière. Grand Darjeeling Hotel c’est un feuilleton littéraire en temps réel et à flux tendu. Tous les 10 jours un nouvel épisode (…) un PDF tout frais qui arrive par magie dans votre boîte à e-mails. »

aphorismes & crayonnés hors système

Un petit billet fissa pour vous signaler ce bouquin, baptisé « Mine de Rien« , que l’on doit à Fred Lambin (qui signait déjà « Gueules d’amour« , un livre et une expo sur Bruxelles).

Pourquoi est-ce que je vous en parle ? Simplement parce que Fred a décidé de ne pas passer par les circuits traditionnels de distribution et a préféré jouer la carte du web pour assurer la promo et la vente de son livre. Une démarche qui n’est pas sans risque financier mais qui a le mérite de garder le contrôle de toute la chaîne de production dans les mains de l’auteur, ce qui est  assez rare pour être souligné.

« Mine de Rien » est un recueil  de phrases drôles, poétiques, cyniques ou coquines qui invitent à réfléchir. Elles sont toutes issues de la même plume (NDLR:celle de Fred). En réponse à chaque phrase, une illustration au crayon. En tout, 40 illustrateurs proposent autant d’univers graphiques

Parmi les illustrateurs, on retrouve notamment duBus, Vince, RIF, PaliX, Pad’R, Kanar et une bordée de graphistes, de directeurs artistiques, et de dessinateurs dont le nom ne me dit absolument rien mais qui ne doivent pas s’être retrouvés là par hasard 🙂

Voici aussi ce qu’en dit Jacques Mercier, qui en signe la préface:

Au fond, ce que j’ai d’abord préféré dans l’écriture c’est la beauté des signes. Je tiens ça de ma famille, qui regorge d’architectes, à commencer par mon grand-père et mon fils aîné ! C’est dire quel est mon plaisir de découvrir dans ce livre de Fred Lambin (et des autres) à la fois des phrases – des  » traits d’esprit  » on disait dans d’autres siècles – et les dessins qui s’en inspirent. Comme à l’école primaire, le jambage me faisait rêver avant de savoir comment on prononçait la lettre elle-même : c’était déjà suggéré dans la forme ! Un proverbe japonais dit :  » Celui qui a une bonne écriture dessine bien  » ! Arthur Rimbaud a traité les voyelles et les couleurs en poète qu’il est ! Ce livre est de la même veine. Il propose de regarder et de penser.

Raymond Devos, qui partageait notre amour des mots, des jeux, de l’humour, m’a un jour suggéré de lire son philosophe préféré Gaston Bachelard, surtout dans son étude de l’imaginaire poétique. Nous y sommes avec  » Mine de rien  » et cette phrase que j’adore est une bonne incitation à entrer dans cet univers de mots et de signes, d’encre et de crayon :  » Le langage est aux postes de commande de l’imagination « .

Jacques Mercier

Editions As Propos

Vu que les intermédiaires sont ici joyeusement skippés, le prix de vente du bouquin n’est que de 10 euros (pour 160 pages), via virement ou paypal. Fred me signale que jusqu’ici, les commandes étaient honorées dans les 48h après traitement du paiement sur le site … ce qui vous laisse pile-poil le temps si vous voulez en déposer un pied du sapin dimanche prochain 🙂
Pour les rétifs de la CB sur le web, plusieurs libraires sympas ont également accepté quelques exemplaires en dépôt.

Hop, Bloggingzeniouzzés !

Alors que Somebaudy s’interroge sur la capacité d’un traducteur à nouer correctement une cravate, que Kooolman fait la Une à cause des chaussettes blanches de son bourgmestre, que Ludovic se demande s’il va voter pour le PS rouge, le PS bleu, le PS orange ou le PS vert, que Jonathan voudrait en créer un 5ème, que Gaetano Think Different, qu’Alex Product Placement, que Jérémy « soutient l’idée que la GI pourrait être
considérée comme un concept générique,
utile à la description et la compréhension de
l’ensemble des démarches visant à
appréhender l’information, indépendamment des
moyens ou des objectifs mobilisés par chacune
« , que Florence envisage de se mettre au Zorbing, que Thomas-Pierre a une idée d’enfer pour clôturer en bénéfice le prochain budget de l’Etat, que Anne-Claire podcaste en silence, que Denis s’éclate avec Dolly Panther, que Prom’ comme d’hab’ attac, que Jérôme a un coup de mou, que The Mole fonde une association de résistance au pigeonnage, que Sam podcaste son trip en Californie et que François me souffle l’excellent titre de ce billet …

moi, je m’arrache les cheveux pour savoir si je dois vendre mon âme au diable en mettant de la pub sur mon blog … et si oui, où et à quelle dose.

c’est con, hein ?!

De la libre circulation de la Culture

Quand un jeune auteur arrive à publier un roman, on se dit qu’il a déjà réussi quelque chose de pas évident à la base. Mais quand, 8 mois après sa sortie papier, son éditeur l’autorise à le publier en pdf gratuitement sur son blog, là on peut tout doucement parler de petite révolution (même si les premières pages se trouvaient déjà sur Google Books)

https://i0.wp.com/blogsimages.skynet.be/images/002/996/107_2b1b9706b8bba0bc744e40039e9513e6.jpg?w=640

« Les pluies ne durent jamais en Ecosse » a été écrit par Cédric Godart (animateur et cheville ouvrière de PureBlog). Je ne sais pas combien d’exemplaires papier ont été tirés ni combien il s’en est vendus mais pour Cédric, l’important n’était pas tant de faire peter le compteur que de partager ses lignes avec ses lecteurs, et particulièrement avec ceux de son blog, là où le roman avait fait ses premiers pas. (Brice Depasse avait podcasté Cédric lors de la sortie du livre. Une autre chronique se trouve sur Asteline)

A lire son billet hier matin annonçant la mise à disposition de l’intégralité de son bouquin au format .pdf et sous Licence Creative Commons (Paternité / Pas d’utilisation commerciale / Pas de modification), sa joie, et je dirais presque son soulagement, étaient plus que perceptibles.

Sa seule crainte était de voir les acheteurs de la version papier venir crier au scandale sous ses fenêtres. Après une petite news, propulsée en deux heures en homepage de Scoopeo, et quelques commentaires enthousiastes sur son blog, le conclusion était pourtant limpide …

Hasard du calendrier (ou pas), j’apprends le même jour (pas encore de lien, sorry) que le site Studentensupport.nl a enregistré en moins d’une semaine plus de 30.000 téléchargements de résumés et de livres d’exercices de la part de plus de 20.000 étudiants néerlandais. Ces bouquins sont des oeuvres complémentaires à celles obligatoires dans les cursus universitaires et des Hautes Ecoles bataves.

Cela représente plus de 20 pc du nombre total de téléchargements qu’espérait engranger l’éditeur danois Ventus Pubishing sur toute l’année académique 2006-2007…. Au Danemark, plus de 160.000 téléchargements d’oeuvres similaires ont eu lieu l’an passé.

Conséquence: Ventus est submergé de demandes de la part des étudiants néerlandais qui veulent pouvoir télécharger d’autres ouvrages.. et d’auteurs qui le supplient de bien vouloir mettre leurs oeuvres à disposition des internautes.

L’éditeur, qui fournit aussi des livres gratuits en Suisse et en Allemagne, souligne enfin que des profs d’unifs eux-mêmes ont commencé à travailler avec ce matériel gratuit et que donc les résumés se rajoutent tout seuls à la liste des ouvrages désormais obligatoires (auxquels Ventus compte d’ailleurs bien s’attaquer dans les années qui viennent)

Oui mais, me direz-vous, cela à un coût ! Effectivement. Trois à quatre pages de pubs contextuelles par livre. Punt.

La boucle est bouclée et la Culture circule enfin librement !

Bon d’accord, le plaisir de feuilleter un « vrai » bouquin est irremplaçable et certains types d’ouvrages très spécialisés ne pourront sans doute jamais être diffusés autrement qu’en version papier.

Mais avouez qu’il s’agit quand même là d’une sacrée mandale dans la tronche des éditeurs gavés aux petits fours prout-prout ma chère. Lesquels ont désormais intérêt à bien  s’accrocher à leurs falsars, car ce ne seront plus eux qui décideront à l’avenir de ce qui vaudra la peine d’être lu ou pas.

« Skip The Intermediaries » (allez relire le Cluetrain, ça fait un bien fou)

Après le Pullitzer pour les journalistes online du Times Picayune en 2005, pourquoi pas le Goncourt à une oeuvre en .pdf sous Creative Commons en 2010  !

(Si vous connaissez d’autres exemples de « produits » culturels diffusés sous CC, retrouvez vite un lien ou l’autre et balancez-les en commentaire, ou encore mieux, sur le wiki)

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