Dommage mais, non, la moitié des journalistes européens ne bloguent pas

Dire que j’ai été intrigué par les résultats de l’enquête « European Digtial Journalism » menée par le réseau d’agences de communication Oriella est un euphémisme.

Mardi après-midi, je vois passer une dépêche qui annonce que « près de la moitié des journalistes européens tiennent un blog ». La moitié ! Bigre, me réjouis-je ! Serions-nous passés du Quaternaire à Matrix aussi facilement et sans nous en rendre compte ?

Par l’odeur alleché, je poursuis donc. J’apprends ainsi (je cite la dépêche, reprise aussi op het net ) que 347 journalistes de 9 pays européens ont ainsi été sondés sur l’influence du « Digital Age » sur leurs pratiques professionnelles, « que 44 pc d’entre-eux blogguent, que 18 pc ont un podcast et que 22 pc citent régulièrement un bloggeur. »

Oufti ! Je suis d’un naturel optimiste mais là, s’il n’y a pas une couille dans le potage, je veux bien repasser sous XP ! 44 pc des journalistes européens auraient leur propre blog et 18 pc leur propre podcast ? Ca je veux voir !

Je suis donc remonté à la source, c’est à dire à ce document .pdf en anglais, intitulé « How the Digial Age has affected journalism – and the impact of PR »

Voici le paragraphe en question:
(…) « Multi-channel reporting formats are being widely adopted troughout European media. 44pc of outlets offer journalist-authored blogs, almost a fifth (18pc) now produce audio podcasts and almost one infour (24 pc) offer vidéo podcast. »(…)

Reprenez-moi si je me trompe, mais entre dire que « 44 pc des journalistes européens bloguent, 18 pc ont un podcast » et traduire que  » parmi les 347 journalistes européens interrogés, 44 pc d’entre-eux ont répondu que leur média offrait des blogs rédigés par des journalistes et 18 pc que leur média offrait des podcasts audio« , il y a une certaine marge, si pas une marge certaine dans l’interprétation qui a été faite du texte original tel que diffusé par l’agence LVT auprès des médias (ce qu’elle m’a confirmé ce jeudi)

Le plus truculent dans cet épisode, c’est que l’étude pointe également du doigt le fait que les journalistes doivent désormais produire plus de contenus qu’avant et ont donc encore moins de temps pour chercher des infos et recouper leurs sources. D’un point de vue strictement PR, et c’est exactement ce que cette étude démontre, c’est qu’il s’agit d’une formidable opportunité.

En effet, si les agences arrivent à diversifier leurs méthodes d’approches des journalistes en leur proposant encore plus de contenus multimédias prémâchés, ceux-ci seront encore plus enclins à les utiliser et balanceront encore plus de communiqués sans les avoir vérifiés.

CQFD